‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme] (volume 2)Chapitre 29 sur 82 · DEAN UT CE ITI · texte numérisé non relu

DEAN UT CE ITI

Le Lieutenant-Gouverneur voulut réparer la perte que je venois de faire : il eut la bonté de m'offrir un des béliers d'Espagne qu'il avoit tiré de Lisbonne; je le refusai , convaincu que les béliers du Cap rempliroient également bien mon objet; je reconnus ma méprise par la suite. M. Hemmy s'est donné beaucoup de peine pour transplanter au Caples moutons d'Europe; mais il n’a puréussir :il attribuoit ce mauvais succès à l'opiniâtreté des habitans de la campagne, qui préférent les moutons du pays à cause de leurs grosses queues , dont la graisse rapporte quelquefois plus d'argent que n’en produit le corps entier d’un mouton d’une autre espèce (*). Ils croient que la laine de nos moutons d'Europe ne compenseroit point ce désavantage. Des hommes éclairés m'ont fait la même observation, gt elle paroit fondée : car, en supposant que nos moutons donnassent au Cap une laine de la même qualité qu’en Europe

(l'expérience a prouvé le contraire ), la Colonie manaue de

bras pour la manufacturer. Il est sûr qus si l'on n'y" tn toit chaque jour des esclaves, la population de was blissement seroit moindre que celle d’aucune autre partie habitée de l'Europe. |

Tandis que les vaisseaux se disposoient à reprendre la

(*) « Ce qu’il y a de plus remarquable dans les moutons da » Cap, c’est la longueur et l'épaisseur des queues, qui pèsent » quinze on vingt livres », dit Kolben. L’Abbé de La Caille, qui ne trouve que des faussetés ou des inexactitudes dans l'ouvrage de Kolben , assure que la queue des moutons du Cap ne pèse pas plus de cinq ou six livres. Voyage de La Caille, p.343. Si Pon peut compter sur la véracité de l’homme qui a donné ces détails au Capitaine Cook , il faut en conclure que du-moins, en ce cas-ci, Kolben est accusé d’exagération mal-à-propos.

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