‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme] (volume 2)Chapitre 30 sur 82 · STREETS METIS ONES ME APT · texte numérisé non relu

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DE COOK. (1776) 45 mer, quelques-uns de nos Officiers allérent voir les environs du Cap ; M. Anderson, qui étoit du nombre, m'a donné la relation suivante de leur petit voyage (*).

ee « Le 16, après midi, je partis dans un chariot, » avec cing de nos Messieurs ; nous étions curieux d’exa- » miner les environs du Cap. Nous traversâmes la grande » plaine qu'on trouve à l'Est de la Ville. C’est partont un » sable blanc, pareil à celui qu’on rencontre ordinaire- » ment sur les grèves. Elle ne produit que des bruyères, » et d’autres petites plantes de différentes espèces. À » cinq heures, nous dépassames une grosse Ferme, envi- » ronnée de champs de blé, et de vignobles assez consi- » dérables; elle est située au-delà de la plaine, presqu’au » pied de-quelques collines basses, où le sol commence à » mériter la culture. Entre six et sept heures, nous arri- » vamies à Stellenbosk , le meilleur des établissemens du » pays, après celui du Cap. À

» Le Village ne contient pas plus de trente maisons ; » il est situé au pied de la chaine des hautes montagnes » qu'on aperçoit à l'Est de la ville du Cap, et à plus de » vingt milles. Les habitations sont propres : un ruisseau

(*) On trouve dans les Transactions philosophiques , Vol. 66, p- 268, la Relation de trois Voyages faits en 1772, 1973 et 17974, de la vile du Cap, dans les parties méridionales de l’ Afrique, par M. Francois Masson, que le Roi d’ Angleterre avoit envoyé au Cap de Bonne-Espérance, pour y découvrir de nouvelles plantes, et augmenter à son retour les Jardins de Kew. Ce petit ouvrage de M. Masson renferme des détail: très-curieux. M. de Pagès, qui étoit au Cap en 1773, a publié aussi des Remarques sur l'état de la Colonie; il raconte, en outre , son Voyage de Falsebay à la ville du Cap. Voyage vers le Pole du Sud, p. 17 jusqu'à la p. 32.

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» coule à peu de distance; de gros chênes, plantés ¢-7 » les premiers Colons, y donnent de l'ombre, et l’en- » semble forme ::n joli paysage au milieu de ces déserts. » On voit, autour de la bourgade, des vignes et des ver- » gers, qui semblent annoncer un sol très-fertile. L’air » étant ici d’une sérénité extraordinaire, on doit peut-être » attribuer au climat cette belle apparence.

» Je passai la journée du lendemain à chercher des » plantes et des insectes dans le voisinage de SzeZ/enbosk : » mes soins furent mal récompensés. Peu de plantes se » trouvoient en fleurs à cette saison, et les insectes étoient » rares. J’examinai le sol en plusieurs endroit: : c’est un » argile jaunâtre, mêlé de beaucoup de sable. Les col- » lines inférieures paroissent brunes , et je jugeai qu'elles » sont composées d’une espèce de pierre de marne. Nous » partimes de Sted/enbosh le lendemain au matin , et nous » atteignimes bientôt la maison près de laquelle nous avions » passé le 16. M. Cloeder , à qui elle appartenoit, nous » avoit fait prier la veille de nous arréter chez lui. Il nous » accueillit avec beaucoup d’hospitalité et d'une manière » qui nous surprit agréablement. La musique commença » dès qu'on nous apercut, et nous dinames au son des » instrumers. Le repas fut très-élégant, vu la situation » du lieu où il se donnoit. M. Cloeder nous montra ses » caves, ses vergers et ses vignes. Tout celu, je l'avoue, » minspira le # sir de savoir comment l'industrieux Hol- » Jandois peut faire naître l'abondance dans un endroit où » je pense que les autres Nations de l''urope n’auroient » pas même songé à s'établir.

» Nous partimes l'après-midi; nons dépassämes un petit » nombre de plantations, dat l'une paroissoit très-consi-

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DE COOK. . (1776) 47 » dérable, et étoit disposée sur un plan nouveau. Le soir, » nous arrivames à la première Ferme qu’on trouve dans » le District cultivé, appelé le Canton de /a Perle. Nous » apercimes en méme-temps Drakenstein, le troisième » District de la Colonie du Cap; il occupe le pied des » hautes montagnes dont j'ai parlé, et il contient plusieurs » Fermes ou Plantations de peu d’étendue.

» Le matin du 19, je cherchai des plantes et des in- » sectes ; je les trouvai presqu’aussi rares qu’à Stel/enboshs » mais les vallées m'offrirent plus d’arbrisseaux et de » petits arbres que les autres Cantons ‘dont j'avois fait » l'examen. |

» L’après-midi nous allames voir une pierre d’une -

» grosseur remarquable, appelée par les habitans, Tour » de Babylone ou Diamant de la Perle (*). Elle git au

(*) Le Volume 68, partie première, p. 102 des Transactions philosophiques , contient une Lettre de M. Anderson au Chevalier Pringle, qui décrit cette pierre remarquable ; les détails envoyés du Cap, et lus à la Société Royale, s’accordent avec ce qu’on a dit ici, mais ils sont plus étendus. M. Anderson écrivoit à M. Pringle, qu'il étoit allé la voir, pour remplir les désirs de M. Masson, qui vraisemblablement n’avoit pas eu le loisir de lexaminer assez. M. Masson se contente en effet, dans ses Voyages, de dire, « qu’il y a deux rochers énormes sur le Perel- » Berg; que chacun d’eux lui semble avoir plus d’un. mille de cir- » conférence à sa base, et plus de deux cents pieds d’élévation ; » que leurs surfaces sont unies, sans crevasses ni ouvertures ; » qu'ils sont d’une espèce de granit différent de celui qui compose » les montagnes voisines ». |

Le Chevalie: Hamilton a examiné l'échantillon du rocher joint à la Lettre, et il pense que cet immense bloc de granit a vraisemblablement été soulevé par une explosion volcanique , ow par quelque autre cause de cette espèce. Voyez, dans les Transactions

» sommet de quelque colline basse, au pied de laquelle » notre Ferme étoit située; et quoique le chemin ne fut ie » ni escarpé, ni roide, il nous fallut plus d’uné heure et | » demie pour y arriver. Elle est de forme oblongue, ar-

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it | | » rondie vers le haut, et elle se prolonge au Sud et au bi | } » Nord. Les côtes Est et Ouest sont escarpées et presque | | » perpendiculaires. L’extrémité méridionale est escarpée Nt » aussi, et c’est le point de la plus grande hauteur. De là L | » elle s’abaisse doucement vers la côte du Nord, par où

» nous montames. Arrivés au sommet, nous vimes à dé- » couvert tout le pays.

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evant » Je crois que sa circonférence est au - moins d’un | | » demi-mille : car il nous fallut une demi-heure pour en Wl i » achever le tour; et, déduction faite pour le mauvais ij | i] » chemin, et pour nos poses, c’est le résultat auquel je i 4 » m’arrêtai. Si l’on veut que je compare à un objet connu,

| » sa partie la plus élevée, c’est-à-dire son extrémité méri-

ian {| » dionalé, je crois sa hauteur égale à celle du dôme de pt » Saint-Paul. Cette masse, ou bloc de rocher, woffre

» qu'un petit nombre de crevasses, ou plutôt de rainures

» qui n’ont pas plus de trois ou quatre pieds de profonee » deur, et une veine qui la coupe près de son extrémité » Nord. Elle est de l'espèce de pierre appelée par les

» Minéralogistes, sazum conglutinatum, et composée » surtout de morceaux de quartz grossier et de mica, liés » par un ciment argileux. L: veine qui la traverse est de » la même substance, mais beaucoup plus compacte ; elle

i) » n’a qu’un pied de largeur et d’épaisseur : sa surface ‘est

philosophiques, la Lettre du Chevalier Hamilton, après celle de | 1 M. Anderson,

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DE COOK. (1776) 49 ‘» divisée en petits carrés, ou parallélogrammes, disposés » obliquement: on diroit que c’est un ouvrage de l’homme; » mais je n’ai pas observé si elle pénètre bien avant dans » le blec, ou si elle en attaque seulement la superficie. » En descendant, nous trouvames au pied du rocher, un » terreau noir trés-fertile, et sur les flancs des collines, » quelques arbres indigènes de l'espèce de l’oléa (*), et » d'une grosseur considérable.

» Le 20 au matin, nous partimes de la Perle, et nous » suivimes un chemin différent de celui que nous avions » pris en allant. Nous traversämes un pays absolument » inculte; mais aux environs des collines du Tygre, quel- » ques champs de blé frappèrent nos regards. À midi, » nous nous arrêtâmes dans un creux, afin de prendre » quelques rafraichissemens; nous voulûmes nous pro- » mener autour du lieu de notre halte, et nous fimes » assaillis d'un grand nombre de mousquites, les pre- » mières que je vis dans cette Colonie. Nous nous remimes

(*) On est étonné de ne pas trouver des détails sur la Tour de Babylone, dans l'Ouvrage de Kolben, ou dans celui de l'Abbé de La Caille. Le premier observe seulem | que c’est une haute montagne ; etle secoud se contente de dire que c’est un très-bas monticule. La description de M. Anderson a donc le mérite de l'exactitude et de la nouveauté, ct elle s'accorde avec les remarques de M. Sonnerat, qui étoit au Cap en 158r. Voici le passage de cet Ecrivain : « La Montagne de la Perle mérite d’être observée; » c’est une des plus hautes des environs du Cap : elle n’est com'- » posée que d’un seul bloc. crevassé en plusieurs endroits ». Voyage aux Indes, Tom. II, p. gt.

M. Sonnerat nous apprend que M. Gordon , Commandant des Troupes au Cap, a fait dernièrement trois voyages dans l'intérieur du Pays : les Observations de ce Général sont sans doute intérebsantes, ct le public doit les désirer.

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