‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme] (volume 2)Chapitre 32 sur 82 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les deux Vaisseaux appareillent du Cap de Bonne-Espérance. Vue de deux Isles que j’ai nommées Isles du Prince Edouard. Leur aspect. Reconnoissance de la Terre de Kerguelen. Arrivée au Hâvre deNoël. Reldche. Descri iption du Havre.

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Anis l'accident arrivé à nos moutons, on imagine bien que je ne laissai pas à terre ceux qui nous restoient, Je les fis conduire promptement à bord, ainsi que nos aies ani-

maux. J’ajoutai à ceux que nous avions amenés d’ Angleterre, deux jeunes taureaux, deux génisses, deux chevaux entiers, deux jumens , deux béliers, plusieurs brebis, des chèvres, quelques lapins et des volailles. Je voulois les déposer à la Nouvelle - Zélande, à O-Taiti, dans les Isles voisines, et sur les différentes terres où je jugerois queleur transplantation seroit utile aux Navigateurs et aux naturels du pays.

Les calfats achevèrent leurs travaux à bord de la Découverte, vers la fin de Novembre : ce bâtiment avoit embarqué toutes ses provisions; il avoit des vivres pour plus de deux ans. Je'lui fournis d’ailleurs, ainsi qu’à 4a Résodution, les autres choses nécessaires pendant le voyage. Ignorant à ‘quelle époque ou en quel endroit nous pourrions trouver divers articles indispensables dans les vaisseaux, je crus devoir prendre au Cap tout ce.que fournit la Colonie. ~~ Ayant donné au Capitaine Clerke une copie de mes instructions, etun ordre particulier sur ce qu’il devoit faire, si les vaisseaux sé séparoïent, nous nous rendimes à bord Je 30 au matin. A cinq heures de l'après-midi, il s’éleva dans le Sud-Est une brise avec laquelle nous appareillâmes et sortimes de la baie. Le calme survint à neuf heures, et nous muuillames entrel’Isledes Pinguins, et la Côte Orientale, où nous fûmes à l'ancre jusqu’à trois beures du matin du jour suivant. À l’aide d'une brise légère du Sud, nous remimesala voile ; maisnous ne nous éloignâmes de la terre que dans la matinée du 3. Nous eames, à cette époque, un vent frais de l’Ouest- Nord-Ouest, et nous gouvernänies au Sud-Est, afin de nous jeter davautage sur la route de ces vents.

DE COOK, (1776) 57 Le 5, un grain subit emporta mon mât deshune aartimon. Comme j'en avois un de rechange, nous sentimes d'autant moins la perte de ‘celui-ci, qu'il étoit mauvais; et qu'il avoit souvent excité des plaintes. Le6, dans la soirée, par39° r4/ de latitude Sud, et 23° 56/ de longitude Orientale, les vaisseaux passèrent en ‘divers endroits où les flots étoient d’une couleur rougeâtre. On puisa quelques baquets de cette eau, et nous la trouvames remplie de petits animaux, qui avoient, au microscope, la forme des écrevisses, et qui étoient rouges.

. Nous! continuâmes notre route au Sud-Est, avec'un vent trés-fort de l'Ouest. Les vagues ressembloient à des montagnes, et produisoient un roulis et un tangage extraordinaires. Nous primes beaucoup de peine pour conserver notre bétail : malgré tous nos soins, plusieurs chèvres, et sur-tont les mâles, moururent; nous perdimes aussi quelques moutons. Nous: attribuâmes, : en grande partie, cet accident au froid qui commençoit à être bien rigoueux. te

Le 12, à midi, nous vimes une terre qui se prolongeoit du Sud-Est-quart-Sud au Sud-Est - quart-Est ; lorsque nous en fumes plus près, nous reconnûmes quelle formoit deux Isles. Celle qui est plus au Sud, et qui est aussi la plus grande, me parut avoir quinze lieues de circonférence ; je jugeai que sa latitude est de 46° 53” Sud, et sa longitude de 37° 46’ Est. La plus septentrionale a environ neuf lieues de tour; elle git par 46° 40” de latitude Sud, et 38° 8/ de longitude Est. La distance de l’une à l'uatre est d'environ cinq lieues.

Nous traversämes le canal qui les sépare; et nous pouvions découvrir, à l'aide de nos meilleures lunettes, les

LA

58 ‘TROISIENE VOYAGE

arbres, et méme les arbrisseaux de ces denx terres. Elles me parurent avoir une côte escar pée et remplie de rnchers, excepté dans les parties du Sud-Est, où le terrain s'abaisse et s'applatit : nous ne vimes que des montagnes stériles, qni s'élèvent à une hauteur considérable, et dont les sommets et les flancs étaient couverts de neige. Je jugeai que la neige avoit beaucoup de profondenr en plusieurs ene droits : les parties du Sud-Est en offroient nne quantité beaucoup plus grande que les autres. Cela vient, selon toute apparence, de ce que le Soleil sy mogine moins Jong, temps que sur les parties du Nord et du Nord-Ouest. Le Sol, dans les espaces où il n'était pas caché par la neige, présentoit des teintes diverses, et il me seanbla semé de mousse, qu de eette herbe grossière qu'un trouve en quel ques cantons des Malouines. I y a un rocher détaché ala bande Nord de chacune des Isles; celui qui est près de l'Isle Méridionale a Ja forme d’une tour, et il paroit être un peu éloigné du rivage. Nous aperçâmes beaucoup d'aigues sur notre route, et la couleur de l’eau indiquoit des sondes; rien n'anuançoit un golfe : peut-être cependant y en at-il un près du rocher dont je viens de parler; mais il doit être petit, et il ne promet pas un hou mouillage.

Ces deux Isles, ainsi que quatre avires, situées de neuf à douze degrés de lougitude plus à l'Est, et apeu-prés à la même datitude, furent découvertes au mois de Janvier 3772, comme je l'ai dit dans mon second voyage (*), par

(*) Voyez le second Voyage de Cook, Tome IV, p.,154 de la Traduction francoise, M. Crozat plagoit ces Isles à 48 degrés de latitude Sud, c’est-à-dire, à degrés au Sud par-delà leur véritable position.

Elles chers, baisse res, somsi que s ene antité selon Aongst. Le

eige , né de

DE COOK. (1776) 59 les Capitaines François Marion Dufresne et Crozat, qui alloient du Cap de Bonue- Espérance aux Philippines. Elles n’ont point de noms dans la Carte de Y'Hémisphère Austral que me donna M Crozat en 1775 (*); et j'appel- Jerai les deux que nous vimes, Isles du Priace Edouard, nom du quatrième Fils de Sa Majesté. J'ai laissé aux quatre autres celui d'isles de Marioz et d'isle de Crozat, afin de rappeler le souvenir des Navigateurs qui les opt découvertes.

Nous avions presque toujours alors des vents qui souffloient entre le Nord et l'Ouest ; mais le temps étoit assez mauvais : quoique nous fussions au milieu de l'été de cet hémisphére, le froid approchoit de celui qu'on éprouve ordinairement en Angleterre au milieu de l'hiver. Cependant la riguenr da climat ne me &écouragea point : et, après avoir dépassé le travers des Isles du Prinpe Edouard , je shangeai de route, afin d’aller.au Sud des autres Isles, et

d'atteindre la latitude de da terre découverte par M. de Kerguelen.

Durant notre relâche à Tén¢uffe, j'avois prié le Chevalier de Borda de me dire ce qu'il saveit sur la terre découverte par M. de Kerguelen , entre le Cap de Bonne- Espérance et la Nouvelle. Hollande. Au moment où nous allions sppareiller de la rade de Seinse-Croiz, il eut la bonté de m'écrire, « que le pilete de de Boussole, l'un des

(*) On trouve, dansdes Observations du Dorteur Forster, qui composent le cinquième Volume de la Traduction françoise du second Voyage de Cook, des details sur la Carte communiquée alors par M. “zagat. I ajoute que M. Robert de Vaugondy l'a donnée au punlic, et l'a dédiée au Duc de Croy. Le Capitaine Cook observe plus bas qu'elle fut publiée en 1773.

» vaisseaux de M. de Kerguelen, lui avoit donné la lati- » tude et la longitude d’une petite Isle que le Commandant » appela Isle du Rendez-vous, et qui n’est pas éloignée » de la grande terre : que la latitude de la petite Isle, me-

» surée par sept observations, fut trouvée de 48° 26’ Sud ;

» et la longitude, d'après sept observations de la distance » du Soleil et de la Lune, de 64° 57 à l'Est du Meridien » de Paris ». Je'fus trés-faché de n’avoir passu plus tôt que l’un des pilotes de M. de SN UE étoit à;bord de la Frégate du Chevalier de Borda, j'avrois pu obtenir'de lui ‘des détails sur cette terre, plusintéressans que sa position, dont j'avois déjà oui parler (*).

(*) Le Capitaine Cook se trouvant sur une côtt découverte par les François, les lecteurs s’attendent à trouver dans son Journal le détail précis de ce qu’on avoit fait avant lui; mais malgré son attention infatigable, malgré sa supériorité dans l’art de la navigation, il ne pouvoit indiquer la route de M. de Kerguelen, sans avoir une connoissance exacte des opérations de ce Navigateur. Il faut parcourir cette note avant de lire la fin de ce Chapitre et le

‘suivant; on y verra qu’il se trouvoit hors d'état de profiter des observations de son prédécesseur.

En 1776, lorsque le Capitaine Cook partit d’dngleterre, cn connoissoit bien imparfaitement les opérations de M. de Kerguelen. Cet article des instructions que lui donna lAmirauté, le prouve assez : « Vous chercherez d'abord quelques Isles, qu’on

» dit avoir été vues dernièrement par les François , à 48 degrés

» de latitude Sud, et au méridien de l'Isle Maurice ».

C'étoit là la sapitanee des details vagues que le Capitaine Cook avoit reçus lui-même au Cap’, du Baron de Plettemberg , au mois de Novembre 1972. (Voyez le second Voyage de Cook, Tome I

‘de la Traduction francoise. ) Le premier Voyage de M. de Kerguelen avoit eu lieu au commencement de cette année.

M. Cook relâcha de nouveau au Cap, au mois de Février:

1775; on lui parla éncore des Terres découvertes par les François ;

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On merecommandoit, dans mesinstructions, de la re- ‘connoitre, et d’y chercher un bon havre; je m’efforçai de

il rencontra M. Crozat, qui eut la bonté de lui donner une Carte de l'hémisphère auStral, où se trouvoient marquées ses découvertes et celles de M. de Kerguelen. (Voyez le Tome IV de la Traduction du second Voyage de Cook. )

Mais le peu d'instruction qu’offroit cette Carte, n’avoit rapport qu’aux opérations du premier Voyage de M. de Kerguelen; car elle avoit été publiée en France , en 1773, c’es'-à-dire avant qu’on pit connoftre le résultat du second Vuyage de M. de Kerguelen, qui eut lieu à la fin dela même année.

Le Capitaine Cook ne put donc rien savoir de ce second Voyage de M. de Kerguclen. M. Crozat:se contenta de lui dire que les François venoient de faire un autre Voyage, qui s’étoit terminé d'une manière peu honorable pour le Commandant. (Voyez le Tome IV de la Traduction françoise du second Voyage de Cook.)

Nous sommes sûrs que M. Crozat n’ajouta rien de plus,:et que M. Cook n’apprit aucun autre détail sur le second Voyage de M. de Kerguelen; il regrettoit, comme on l’a vu tout-à-l'heure, de n'avoir pas su plus tôt qu'un des Pilotes de M. de Kerguelen étoit à Ténériffe, à bord de la Frégate du Chevalier de-Borda ; il étoit persuadé qu’il auroit obtenu sur cette Terre des-détails plus intéressans que sa position. En effet, s’il avoit causé-avec le Pilote , il auroit appris que M. de Kerguelen étoit retourné une seconde fois sur cette Terte australe, et que la petite Isle dont le Chevalier de Borda lui donna le nom et legissement, étoit une découverte de ce second Voyage. Ces rapports imparfaits n’étoient accr:apagnés d’aucune date; rien n’en indiquoit l’époque; et M. Cook arriva à la Terre de Kerguelen, croyant que les Francois n’y avoient abordé qu’une fois; et, ce-qu'’il ne faut pas oublier, il n’avoit, sur les opérations de ce premier Voyage, qu’un petit nombre de matériaux fournis par le Baron de Plettemberg et M. Crozat. ‘

Des circonstances particulières ont retardé la publication des Voyages de M. de Kerguelen : le Capitaine Cook ¢toit mort quand on les a imprimés; et en 1780, lorsque la Résolution et la Découverte furent de retour en Europe, le Savant qui-voulut bicn nous

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62 TROISTÈME VOYAGE

remplit les vues de PAmiranté. Le 16, par 48° 45/ de la. titude, et 526 de longitudé Orientale, nous apereiimes des menchots, des plongeons et des algues de rocher (*), qui flottoient sur les vagues, A mesure que nous dvariganes à

aider à indiquer les découvertes antérieures des Francois, et à les placer sur une des Cartes de cet Ouvrage, à côté de celles de M. Cook, ne put, malgré son empressement à recueillir toutes les instructions qui intéressent la Géographie, se procurer que des détails sur le premier Voyage; et il ne les trouva même que dans une Carte manuscrite,

Nous sommes plus instruits : M. de Kerguelen vient de publier Te Journal des deux Voyages qu'il a faits en 1772 et 1773, et il y a joint une carte dés eétes qu'il a reconnues dans sés deux expéditions. L’un de ses Officiers, M. de Pagés, a imprimé également ane autre Relation du second Voyage. qui est, à bien des égards, plus détaillée et plus completie que celle de M. de Kerguelen.

Ces ouvrages authentiques nous mettent en état de corriger les petites erreurs de fait, et. de rectifier les détails que le Capitaine Cook a insérés dans cette partie de son Journal, sur des ouï-dires, Les détails que nous venons de donner nous ont paru nécessaires; ous les terminerons par une observation générale, qui montre bien l’embarras où se trouvoit M. Cook. II n’a jamais vu cette partie de la côte que les François avoient examinée en 2772; et il d'a jamais su qu'ils étoient allés, en 1773, dans l’autre partis, qui a été le théâtre de ses opératious. Ainsi, les instructions que lui offroit la Carte de M. Crozat, sur le premier Voyage, n’ont servi qu’à le jeter dans l'erreur; et comme il ignoroit absolument le second, il n’a jamais pu comparer ses opérations avec celles de M. de Kerguelen. Nous ferons cette comparaison dans les notes, ét l'on verra que ces deûx Navigatcurs sont d'accord sur tous les points.

(*) M. Cook parle de deux espèces d'algues dans son Journal ; il donne à Pune le nom ordinaire de sea weed , que nous rendrons par le terme d'algues , et à l’autre celui de rock weed, que nous traduirons par algues de rochers. If observe que celles-ci croissent sur des rochers. ~ ( Notes du Traducteur. )

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‘DE COOK. (1776) 63 J'Est, nous en trouvames plus ou moins tous les jours; et le at, par 48» 29’ de latitude Sud, et 65°de longitude Orientale, nous vimés un gros veau marin. Le ciel était trèsbrumeux, et comme je comptuis à chaque moment rencontrer la terre, notre navigation devint pénible et dangereuse.

Le 24, à six heures du matin, nous marchions à l'Est, la brume s’éclaircit un peu , et nous découvrimes une terre(1) dans le Sud-Sud-Est. Lorsque nous en fames plus prés, Rous réconnümes que c’étoit une Isle d’une hauteur consie dérable, et d’environ trois lieues de tour (2). Bientôt après, nous en découvrimes une seconde, de la mème grandeur à une lieue à l'Est de la première (3) , et d’autres plus petites (4) qui gissent entre les deux dans la direction Cu Sud-Est. Nous aperçûmes une troisième Isle hante (5),

(1) On avoit découvert, avant le Capitaine Cook, ees ‘petites Isles au milieu desquelles il se trouvoit alors. Il est sûr que M. de Kerguelen les vit, et leur donna des noms, au mois de Décembre 1973, durant son second Voyage. Si on examine sur la Carte cijointe leur pésition respeciive et leur gissement à l'égard des côtes voisines de la grande Terre on sera frappé de la ressemblance avec la Carte de M. de Kergue'en : chacun sait, à Londres, que nos Cartes étoient gravées lorsiiue le Journal de M. de Kerguelen a paru.

(a) M, de Kerguelen a appel celle-ci Croy où Crouy. Il l’a marquée sur sa Carte, et il en a c'onné de plus une vue particuligre, où son élévation est considcrable, ainsi que le dit le Capitaine Cook... “

(3) M. de Kerguelen l’a appelée Zsle Roland, du nom de som Vaisseau; elle est aussi représentée dans une vue particulière sur la Carte frangeise.

(6) Les observations des Frangois sur la position de ces petites Isles, sont exactement d'accord avec celles de M. Cook.

(5) D'après la position de l'Asle de Clugny, dans la Garte de

au Sud-quart-Sud-Est un demi-rumb Est de l'extrémité Méridionale de la première. Au milieu des éclaircies de la brume, il sembloit que nous pourrions débarquer sar les petites Isles; je fis quelques manœuvres pour cela, et je voulus pénétrer dans leur intervalle; mais, lorsque nous nous trouvâmes plus près des côtes, je sentis que cette entreprise seroit dangereuse par un ciel très-obscur : car, s'il n’y avoit point eu de passage, ou si nous étions tombés sur des écueils, il eût été impossible de regagner le large; le vent souffloit directement de l'arrière, la mer étoit d’une grosseur prodigieuse, et produisoit sur les côtes un ressac effrayant. Une autre Isle frappa nos regards dans le Nord-Est; et prévoyant que j'en découvrirois peut« être de nouvelles encore, l'épaisseur de la brume conti-

nuant, je craignis d’échouer : enfin je crus qu’il étoit plus -

prudent de m’éloigner et d'attendre un ciel plus serein. Nous venions de passer an vent de la dernière isle dont je parlois tout-à‘l’heure. C’est un roctier élevé et de forme ronde, que j'ai nommé Cap Bligh : c'est peut-être la terre que M. de Kerguelen a appelée Isle du Rendezvous {*). Mais il me semble quelle ne peut servir de ren-

M. de Kerguelen , on voit que c'est da troisième Isle élevés, vue par le Capitaine Cook.

(*) Cette isle, ou ce Rocher, étoit le seul point sur lequel le Capitaine Cook avoit reçu des informations à Ténériffe, et on peut remarquer avec quel soin ii rapprochoit de ses observations le peu qu’on lui‘avoit dit. Ce qu’il donne comme probable, se trouve certain lorsqu'on compare sa Carte avec celle de M. de Kerguelen; et s’il avoit lu ou copié les phrases de son prédécesseur , il n’auroit pas décrit d’une manière différente la forme de Y'Isle. M. de Kerguelen dit: « L'Isle de Réunion, qui n’est qu’une » roche, nous servoit de rendez-vous, ou de point de dcr » elle ressemble à un coin de mire ».

DE COOK. (1776) 65 dez-vous qu’aux oiseaux, et il: ne doit pas y avoir d'autre animal,

A onze heures, Pini hie commença à $e nettoyer; je revirai tout de suite, et je portai sur la terre. A midi, hous primes d'assez bonnes hauteurs; d’après nos observations, j'ai marqué à 486 29° Sud la latitude du Cap Bligh , la plus septentrionale des Isles , et sa longitude à 68° 4’ Est (1) : nous le dépassâmes à trois heures; nous farchions alors au Sud-Sud-Est, par un vent frais de l'Ouest.

Biéntôt âprès, nous revimes la terre que nous avions aperçue foiblement le matin; et, à quatre heures, elle se prolongeoitdu Sud-Est undemi-rumb Est, au Sud-Ouestquart-Sud, à la distance d'environ quatre milles. L’extrémité gauche, que je jugeai la pointe septentrionale de la terre appelée Cap Saint Louis (2), dans la Carte Fran-

(1) On imagine bien que les observations des Français et celles du Capitaine Cook , sur la latitude, doivent étre d'accord; mais ils marquent la lngitude dune manière trés-différente.

Le Pilote de M. de Kerguelen, qui étoit à Ténérife, sur la Frégate du Chevalier de Borda, Vindiqaoit à à 64° 54! Est du Méridien de sila c’est à-dire à environ 67° 16/ du Méridien de Londres, ou 1° aff plus à l'Est que le Capitaine Cook.

M. de Pagés la fixe à 66° 45/ Est du Méridien de Paris, c 'est-àdire, à Gge 6! Est de celui de Londres, ou 26 milles plus à l'Est que le Capitaine Cook.

M. de Kergi'en se contente de dire quelle git par 68° de longitude.

(a) Nous n'avons et occasion jusqu? ici que d'ajouter des détails dont le Capitaine Cook ne pouvoit faire mention, parce qu’il ignoroit le second Voyage de M de Kerguelen, en 1773; il faut

à-présent corriger de petites erreurs de fait qu'il a commises, -

parce qu’il connvissoit d'une manière trop vague les opérations du

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