‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme] (volume 2)Chapitre 33 sur 82 · Tome Ir · texte numérisé non relu

Tome Ir

— ae

goise de l'Hémisphère austral, étoit terminée parun rocher perpendiculaire, d’une hauteur considérable; et l’extrémité à droite ( près de laquelle est un rocher seul ) formoit une pointe dentelée (1). De cette pointe, la côte me parut tourner brusquement au Sud; car, excepté les Isles que nous avions aperçues le matin, nous ne découvrions point de terre à l'Ouest de la direction, où elle nous restoit alors. La plus méridionale (2) des Isles dont je viens de parler, git à-peu-près à l'Ouest de la pointe, à deux ou trois lieues de distance.

Il sembloit y avoir un golfe vers le milieu de la terre, et nous essayames de l’atteindre; mais en nous approchant, nous trouvâmes seulement que la côte faisoit un pli: J’ar-

premier Voyage, en 1972. La Carte de l'hémisphère austral que lui avoit donnée M. Crozat, étant son seul guide, luiindiquoit le Cap Saint-Louis, ou le Cap Louis, comme le Premontoire le plus septentrional vu alors par les Francois ; ses observations particulières lui annonçoient que la grande Terre ne se prolongeoit point au Nord, au-delà de l'extrémité gauche qu'il avoit sous ses yeux, et il jugea que le Rocher perpendiculaire dont il est parlé dans $on Journal , devoit être le Cap Louis de M. de Kerguelen. Mais en rapprochant les Cartes de M. Cook avec celles de M. de Kerguelen, on trouvera que le Cap Louis est sur une autre partie de la céte, et que la pointe septentrionale dontil est ici question, a été appelée Cap Francois par M. de Kerguelen.

(1) Cette extrémité à droite paroït être le Cap Aubert de la Carte de M. de Kerguelen. Il faut observer que les François virent, en 1772, une très-petite partie de la côte située entre le Cap Louis et le Cap François, laquelle peut être nommée la bande Nord-Ouest de cette Terre ; mais qu’ils en examinérent la position dans leur second Voyage, et que quelques-unes de ces baies, rivières et promontoires ont des noms sur leurs Cartes.

(2) C'est l'Isle de Clugny de M. de Kerguelen.

eters hae Me

DE COOK. (1776) 67 rivai vent arrière, pour doubler le Cap Saint-Louis(1); bientôt après, la terre s’ouvrit dans la direction du Sud 530 Est, et elle sembloit former une pointe très-éloignée. Depuis le Cap , le prolongement de la côte étoit plus méridional : nous apercûmes aussi plusieurs Isles ou rochers à l'Est de ces directions; le plus éloigné étoit à environ sept lieues du Cap, et il nous restoit au Sud 88 Est (a).

Dès que nous edmes doublé le Cap, nous observâmes que la côte étoit hachée au Sud ‘par un grand nombre de pointes et de baies; et je me crus sûr de trouver un bon havre. En effet, nous etimes à peine fait un mille, que nous en découvrimes un derrière le Cap: nous allames à la bouline, afin d'y arriver; mais quand nous eûmes couru une bordée, il survint un calme, et nous mouillâmes à l'entrée du havre par quarante-cinq brasses, fond de sable noir. La Découverte nous joigait bientôt après. Je chargeai tout de suite M. Bligh, Master de la Résolution, d'aller prendre des sondes ; il me dit à son retour, que le havre étoit sur et commode; qu'il offroit un bon mouillage partout, qu’on trouvoit sur la côte de l’eau douce en abondance, et une quantité considérable de veaux marins, de penguins(3), et d’autres oiseaux, mais qu’il n’y avoit aucune espèce de bois. RE EE

(1) Crest le Cap François , ainsi qu’on l’a déjà observe. (2) Les observations faites par M. Kerguelen aux environs du

Cap Francois, s'accordent parfaitement avec celles qu’on vient delire : on trouve sur sa Carte les Rochers et les Isles dont parle M. Cook. * © *

(3) M. de Buffon, Tome IX de l'Histoire des* Oiseaux, a donné le nom de Manchots aux Penguins qu’on trouve dans les parties méridionales du Globe; mais cette dénomination n'étant pas encore assez répandue , nous les appellerons quelquefois Penguins , selon l’usage. (Note du Traducteur.) .

Tandis que nous étions à l'ancre, nous observémes que le flux venoit du Sud-Est avec une vitesse d'au-moins deux milles par heure.

Le 25, à la pointe du jour, nous JevAmes l'ancre à Faide d’une jolie brise de l'Ouest; et après avoir pénétré dans le havre jusqu'à un quart de mille de la gréve-sablonneuse qu'on voit au fond, nous mouillâmes de nouveau par huit brasses, fond de joli sable brun. La Découverte

* …-warriva qu'à deux heures de l'après-midi. Le Capitaine

Clerke me dit que son'ancre ayant dérapé avant qu'il pit faire rentrer le cable, il avoit couru le plus grand risque d'échouer sur la pointe du Sud. Il fat obligé de mettre brusquement à la voile, et de trainer l'ancre dans les flots, jasqu'à ce qu'il edt assez de place pour le relever. L’ancre avoit perdu une de ses pattes.

Dès que nous fimes mouillés, je fis mettre tous les ca nots à la mer, et jordonnai d’amarrer avec une petite ancre de toue. Sur ces entrefaites, on préparoit les futailles que je voulois envoyer à terre; je descendis dens l'Isle, afin d'examiner en quel endroit on pourroit les remplir plus commodément, et voir d’ailleurs ce qu’offroit l'intérieur du pays.

Je trouvai le rivage presque entièrement couvert de manchots ou d'autres oiseaux , et ‘de veaux marins. Ces derniers étoient peu nombreux, mais si peu sauvages, que nous en tuâmes autant que nous le voulûmes ; leur grais nous donna de l’huile, qu’on brula dansles lampes , etqu’on employa à divers usages. Nous ne fames pas embarrassés pour remplir nos.futailles; car on rencontroit partout des ruisseaux d’eau douce. Il n'y a pas un seul arbre, et pas un seul arbrisseau, et on y voit très-peu de gramens. Lors-

Page 1