TROISIEME’VOYAGE
étendre, et leurs observations ou leurs recherches annoncent un esprit peu curieux. Les objets nouveaux ne leur inspirent pas ce degré de surprise qu'il seroit naturel d'imaginer, et leur attention n’est jamais fixée un moment. Ils formoient quelquefois, il est vrai, un cercle autour d'Omaï, qu'ils aimoient beaucoup; mais il écoutoient ses discours comme des gens qui ne comprennent point et qui ne se soucient point dé comprendre ce qu'on leur dit. * Je demandai un jour à Taweiharooa combien de vaisseaux pareils aux nôtres avoient abordé au Canal de la Reine Charlotte ou aux environs; il commença par nous en indiquer un dont nous n’avions jamais entendu parler , qui relacha dans un Port de la côte Nord-Ouest de Teeravitte, peu d'années avant ma premicre-relache, e’esi-adire, peu d' années avant l'arrivée del’ Exdeavour, que les Zélandois appellent le Vaisseau de Tupia. Je crus d’abord qu'il se trompoit sur l’époque et le lieu du mouillage; que le bâtiment dont il faisoit mention étoit celui de M. de Surville, qui toucha, dit-on, à la côte Nord-Est d'Eafeinomauwe, la même annéé que l'Endeavour, ou celui de
M. Marion du Fresne, qui relacha dans la baie des Isles,
peu d'années après ; mais il nous assura qu’il ne se méprenoit ni sur l’époque ni sur le lieu du mouillage, et quele fait étoit connu de tous les habitans desgenvirons du Canal
de la Reine Charlotte et de Teeravitte. I] ajouta que le .
Capitaine eut des liaisons avec une femme du pays; que cette femme en eut un fils qui vivoit encore, et qui étoit a-peu-prés de l’âge de Kokoa. Quoique Kokoa ne fat pas encore au monde au temps dont il est ici question , il pa-
roissoit savoir toute l'histoire. Taweiharooa nous apprit
de plus , que ce premier vaisseau apporta la maladie vénérienne à la Nouvelle-Zélande. Je souhaite que les Navi- ‘gateurs Européens qui y ont abordé depuis, n'aient pas à se reprocher également d’avoir laissé un monument si affreux de leur séjour: cette maladie n’y est aujourd'hui que trop connue; ils ne semblent pas néanmoins s’en o¢cuper beaucoup, etils disent que ses effets ne sont pas actuellement aussi terribles à beaucoup près qu'ils le furent “d’abord : ils font prendre aux malades Zesbains d’une espèce de vapeur produite par la fumée de quelques plantes qu'ils posent sur des pierres chaudes. Je n’ai pu découvrir s'ils emploient d’autres remèdes.
Je regrettai de n'avoir pas oui parler de ce vaisseau, tandis que je mouillois dans le Canal; Omai nous auroit: procuré des informations plus détaillées et plus exactes, et il auroit interrogé des témoins oculaires. Taweiharooame savoit que par oui-dire ce qu'il nous raconta, et biendes méprises pouvoient s'être glissées dans son histoire. Jesuis persuadé néanmoins que d’après son témoignage, on peut croire qu'un vaisseau avoit abordé à Tceravitte avant mon arrivée sur l'Exdeavour; car on me l'avoit déjà assuré autrefois. Sur la fin de l’année 1773, lors-de la seconde rcliche que je fis à la Nouvelle-Zélande, durantmon second Voyage, quelques-uns des Naturels à qui je demandai des nouvelles de I’ Avencure, qui s'étoit séparé denous, m'avertirent qu'un bâtiment avoit relâché dans'le Port de la côte Teeravitte : je crus que je les comprenois mal, et je ne songeai pas même à vérifier celte assertion.
La maladie vénérienne n’est pas le seul monument qui rappelle aux Zélandois le séjour de ce vaisseau; Tawei-
harooa nous dit que l'équipage leur avoit laissé un quadrupéde; mais comme il ne l’avoit point vu, nous ne pûmes en conuoître l'espèce d'après sa description. |
‘Il nous instruisit d’un autre fait, qui nous laissa moins de doute; ilnous assuraqu’on trouve à la Nouvelk-Zélande, des serpens et des lézards d’une grandeur énorme; d’après ce qu'il nous dit des lézards, ils doivent être de huit pieds de longueur, et aussi gros que le corps d'un homme: il | ajouta qu’ils saisissent et dévorent quelquefois les Naturels; : quit se tapissent dans des trous creusés sous terre, et qu'on les y tue en faisant du feu à l'ouverture des terriers. ‘Nous ne pümes nous méprendre sur l'espèce de l'animal, | car ille dessina assez exactement sur le papier : il traça aussi la figure des serpens, afin de nous expliquer sa pensée,
Quoique la relation de mes deux premiers Voyages offre un grand-nombre de détails sur ce pays et sur ses habitans, on sera sûrement bien aise de lire les remarques de M. An- | derson , qui confirment ou qui corrigent ce que j'ai dit ailleurs. 11 m’avoit accompagné trois fois dans le Canal de la Reine Charlotte, durant ma seconde expédition ; ainsi, le Chapitre suivant est le résultat des observations des quatre relâches.
Avant de quitter la Nouvelle-Zélande, je n'ai rien à ajouter, sinon les observations astronomiques et nautiques faites durant notre séjour.
i | Par un milieu de cent trois suites d'observations, dont | chacune comprenoit au-moins six distances observées, la longitude de l'observatoire dans l’anse du Vaisseau, étoit Oe hoc e dae Paelees coe ole Ob" ap” Eat
7 mana mp EE
Selon le garde-temps, d'après le mou-
vement journalier qu’il avoit à Green-
Wick, de... .ossesoesevoveess. 1950 25/ 30° Selon le même garde-temps, d'après
le mouvement journalier qu'il avoit au
Cap, de. .cisccvesececceervseseds 1749 S60 ra
- Déclinaison de l’aimant observée à =
bord du vaisseau, d'après un résultat
moyen de six aiguilles. ............ 1200 0” D'après les mêmes aiguilles à terre.. 13° 53/ 0" Inclinaison de l'extrémité septentrio-
nale observée àterre.............. 630 42’ o Est,
Par un milieu des résultats de onze jours d'observations, la montre marine retardoit sur le temps moyen, le 22 Fé-
veier à midi, de 11° 50’ 37" 396; nous trouvames qu’elle perdoit chaque jour sur le iemps moyen, 2” 913 : la lon- :
gitude sera calculée sur ce résultat , jusqu’à ce qu'il s'offre une occasion de déterminer de nouveau le mouvement journalier : l'horloge astronomique, avec un pendule de la
même longueur qu'à Greexwick, perdoit sur la révolution
des étoiles 40: 239 par jour.
Il est bon de dire que la longitude déterminée par des
observations de Lune, dont je parlois tont-à-l'heure, dif- :
fère seulement de 6” 45" de celle que M. Wales trouva durant mon second voyage. La sienne fut de cette quantité plus à l'Ouest, ou de 174° 18’ 30”.
Le même M. Wales a fixé la latitude de lanse du vaisseau à À 1° 6/ 0",
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