‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme] (volume 2)Chapitre 48 sur 82 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Remarques de M. Anderson sur les Districts de la Nouvelle-Zélande, voisin du Canal de la Reine Charlotte, sur le sod , le climat, le temps, les vents, les arbres ,

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les plantes, les oiseaux, les poissons et les autres animaux. Description des Habitans, de leur figure, de leurs vétemens , de leur parure, de leurs maisons,

de leurs pirogues , des alimens dont ils se nourrissent

et de la manière de les appréter, des arts qu’ils connoissent, de leurs armes, de leurs cruautés envers les

captifs. Observations sur plusieurs de leurs usages. a Vocabulaire de leur langue. .

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«Tous les environs du Canal de la Reine Charlotte sont à wes « »

» extrêmement montueux; de grosses collines à sommets : 5 »

» emousses y commencent au bord de la mer. L'œil aper- . . . . . »

» çoit sur les flancs des collines jusqu’à une distance con- »

» sidérable, des vallées, ou plutôt des empreintes des » vagues qui n'ont point de profondeur, et qui, du côté » du rivage, aboutissent à une petite anse, dont la grève de » est de sable ou de caillou. On trouve derrière cette grève | » un terrain plat de peu détendue ; c’est là que les Naturels » batissent ordinairement leurs cabanes; la position en est » d'autant plus commode, que chacune des anses offre un

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DE COOK. (1777) 159 » joli ruisseau poissonneux (1), qui a son embouchure dans » l'Océan.

» Les bases des montagnes, du-moins dans la partie » qui regarde la côte, sont d’un grès cassant et jaunâtre, » qui prend une teinte de bleu aux endroits où il est battu » par les flots : il se prolonge en couches horizontales ou » obliques; on y remarque de légères veines de quartz » grossier, qui sont peu éloignées les anes des autres, et » qui suivent communément là direction dugrès. Le terrain » ou le sol qui couvre le grès et le quartz est aussi d'une » couleur jaunâtre ; il ressemble à de la marne, et en gé- » néral, il a d'un à deux pieds de profondeur.

» L’abondance des productions indique assez la fertilité » du sol. Excepté un petit nombre de collines qui sont voi- » sines de la mer, et revétues d’arbrisseaux, toutes les » autres présentent une seule forêt de grands arbres, qui » s'élèvent avec une vigueur qu’on ne peut imaginer sans » les avoir vus, et qui offrent une majestueuse perspective » à ceux dont l'esprit fait admirer les grands ouvrages de » la nature.

» La température agréable du climat contribuesürement » beaucoup à cette force peu commune de la végétation. » Quoique l’époque de notre relâche répondit au mois » d'Août des contrées d'Europe, l'air ne fut jamais trop » Chaud, et le thermomètre ne monta qu’à 66 degrés (2). » Le froid de l'hiver est aussi modéré; car au mois de Juin

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(1) On y trouve de petites truites.

(2) Ii faut observer que les Anglois emploient dans leur ther= mométre la division de Fahrenheit, et non pas celle de Réaumur.

( Vote du Traducieur. )

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160 TROISIÈME VOYACE

» 1973, qui correspondoit 4 notre mois de décembre, le » mercure ne tomba pasau-dessous de 48 degrés; les arbres » conservoient alors leur verdure comme en été, et jecrois » qu'ils gardent leur feuillage jusqu'a ce que la sève du » printemps en pousse un nouveau.

» En général, on y jonit d’un beau temps; on y souffre » quelquefois du vent et de la pluie; mais les orages et les » pluies ne durent pas plus d’un jour, et il ne paroît pas » qu'ils soient jamais excessifs. On n'y trouve point, comme » dans les autres pays, de vestiges des torrens qui se pré- » cipitent des collines, et les ruisseaux s’enflent peu, si » Von en juge par leurs lits. J’ai relâché quatre fois dans » le Canal de la Reÿne Charlotte, et j'ai observé que les » vents du Sud vers la partie de l'Est, sont ordinairement » modérés et accompagnés d’un ciel nébuleux ou de pluie; » ceux du Sud-Ouest soufflent avec force, et ils sont aussi » accompagnés de pluie, maisil est rare qu'ils aient de la » durée. Les vents du Nord-Ouest sont les plus communs, » et quoique souvent assez forts, un ciel pur les accom- » pagne presque toujours; en un mot, si cette partie de la » Nouvelle-Zélande n’étoit pas trop montueuse, ce seroit » une des plus belles contrées du globe : on couperoit » en vain les bois; les districts défrichés seroient moins » propres aux pâturagés qu'un terrain plat, et la culture y » seroit toujours difficile, car on-ne pourroit y employer » la charrue. ,

» Les grands arbres qui couvrent les collines sqnt de » deux espèces : les uns, du diamètre de nos sapins les plus » gros, croissent a-peu-prés de la même manière, mais » les feuilles et les petites baies qu'ils portent sur leurs » pointes, ressemblent davantage à celles de lif: c'est de

DE COOK. (1777) 161 » ceux-laquenoustirions dela bière. Nous donnions d’abord » une forte décoction aux feuilles, et nous Îles laissions » ensuite fermenter avec de la thériaque ow du sucre : les ‘» hommes de l'équipage, qui avoient bu de la bière du pin » d'Amérique, ne la trouvoient guères meilleure. L'autre » espèce diffère peu de l’érable; elle est souvent d’une » grosseur considérable, mais elle ne nous procura que » du bois de chauffage , car elle est, ainsiquela première, » trop pesante pour des mâts, des vergues, etc. » Les arbres offrent des espèces plus variées sur les » petites plaines qui sont derrière les grèves. Nous en » distinguâmes deux qui portent un fruit de la grosseur » des pommes; l’un de ces fruits est jaune et appelé £ar- » raca pat les Naturels, et l’autre est noir, et les Insulaires » le nomment maitao ; quoique les Zélandois les mangent, » quoique nos matelots les aient imités, leur saveur n’est » pas agréable. Le premier fruit croît sur de petits arbres, » qui sont toujours en face de la mer, le second se cueille » sur des arbres plus gros, qu’ontrouve dans l'intérieur de » la forêt, et dont nous coupâmes un grand nombre, afin » d'avoir du bois de chauffage. » Il y a une espèce de philadelphus sur les hauteurs » qui s’avancent dans la mer : on y aperçoit aussi un arbre » qui porte des fleurs ressemblantes à celles du myfthe; » ses feuilles, tachetées et de forme ronde, ont.une odeur » désagréable. La décoction des feuilles du philadelphus » nous tint lieu de thé; nous le trouvâmes d’un goût et » d’une odeur agréables, et off pourroit le substituer au » thé qui nous vient de la Chine et du Japan (*).

- (*) La Planche 22 du second Voyage de Cook représente les feuilles du philadelphus. À

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