‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme] (volume 2)Chapitre 49 sur 82 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

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» Parmi les plantes qui nous furent utiles, je dois comp- » ter le céleri sauvage, très-abondant dans presque toutes » les anses, sur-tout lorsque les Naturels ont habité. le » canton; et une autre que nous avions coutume d'appeler » cochléaria, quoiqu’elle diffère entièrement de celle qui » porte ce nom en Europe. Cette espèce de cochléaria est » bien préférable à la nôtre pour l'usage ordinaire , et on » peut la reconnoître à ses feuilles dentelées et aux petites » grappes de fleurs blanches qu’elle offre à son sommet; » tous les jours on en faisoit cuire, ainsi que du céleri sau- » vage, avec du froment broyé dans‘un moulin, et jointe » au bouillon des tablettes, elle servoit de déjedner aux » équipages ; on leur en donnoit encore avec de la soupe » aux pois pour leur diner. Nous mangions quelquefois » ces plantes en salade, ou apprêtées comme.des légumes : » elles étoient bonnes de toutes les manières, et le poisson » ne nous ayant jamais manqué, je puis dire que les rafrai- » chissemens furent peu inférieurs à ceux qu’on trouve » dans les relâches célèbres par les nourritures animales » et végétales qu’elles offrent aux Navigateurs.

» Les plantes connues que nous rencontrâmes, sont le » liseron ordinaire et grossier, la morelle, l'ortie (elles » ont l’une et l'autre la grosseur d’un petit arbre), une » véronique buissonneuse qu'on aperçoit près de toutes » les grèves, des chardons, le‘berceau de la vierge (1), le » vanelloé (2), le saule françois, l’euphorbia, le bec de

(t) Il ya dans l'original : Virgin’s Bower, et je n’ai pu découvrir le nom que les Botanistes François donnent à cette plante. IL me semble que ce n’est pas la Berce.

(2) J'ai conservé le nom qu’elle a dans l'original, J’ignore si c'est le vanilier.

DE COOK. (1777) 163 » grue, le cudweed (*), le jonc de taureau, le lin, la pana- » cée, la morelle ou belle - de-nuit d'Amérique, la sane » guinaire, des ronces, l’eufraise et le seneçon; mâis » elles différent toutes de celles que nous voyons en » Europe; il y a aussi des polypodes, des scolopendres, » et environ vingt autres espèces de fougères particulières » à la Nouvelle - Zélande, plusieurs sortes de mousses » rares et propres à ce pays, outre un grand nombre de » plantes , dont les usages ne sont pas encore connus, ct » dont on ne peut donner la description que dans un livre » de Botanique. 5 L’une de ces dernières mérite cependant que j'en fasse » ici mention; car les Naturels en tirent leurs vétemens , » et elle produit un lin soyeux, plus beau que celui d’4#- » gleterre, et vraisemblablement au-moins aussi fort: elle » croît par-tout aux environs de la mer et en quelques » endroits assez avant sur les collines; elle forme dés fais- » ceaux ou des touffes ; elle a des feuilles qui ressemblent » à des joncs ; elle porte sur une longue tige des fleurs » jaunâtres, qui sont remplacées par une longue cosse » ronde, remplie de graines noires, petites et lustrées, Il » ya, de plus, une espèce très-abondante de poivre-long, » qui possède foiblement cette saveur aromatique pour » laquelle on estime le poivre. On rencontre fréquemment, » dans les bois, un arbre qui de loin ressemble au palmier » mais dont on aperçoit la différence à mesure qu’on en » approche. La plupart des arbres et des plantes avoient =

(*) Les Naturalistes auront soin de compulser les Livres anglois de Botanique, et de chercher le nom latin et françois de cette plante. (Vote du Traducteur. )

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» perdu leurs fleurs à l'époque de notre relâche, et nous » reconnûmes qu’en général , ils portent des baies; j’en ai » recueilli des échantillons d’au-moins trente sortés : lun » des arbrisseaux en particulier, produit des baies rouges; » il approche beaucoup du liseron (*); il croît autour des » arbres, et s'étend de l’un à l’autre, de manière à rendre » les bois presque absolumcut impénétrables.

» Il y a beaucoup d'oiseaux, et ainsi que les productions » végétales , leurs espéces sont presque toujours particu- » lières à la Nouvelle-Zélande: quoiqu'il soit difficile de » les suivre, parce que la terre est couverte de sous-bois » et de plantes grimpantes qui rendent les promenades » trés-pénibles, cependant un homme qui se tient à la » même place, peut en tuer dansun jour la quantité néces- » saire à la nourriture de se! ou huit personnes. Voici » les noms des principaux : les gros perroquets bruns à » têtes blanches ou grisAtres , les perroquets verts au front » rouge ; les gros pigeons ramiers, bruns sur le dos, blancs » au ventre et verts dans le reste du corps, avec le bec et » les pieds rouges : on y trouve deux espèces de coucous; la » première aussi grosse que notre coucou ordinaire, est de » couleur brune, tachetée de noir; la seconde, aussi petite » qu'un moineau, est d'un vert éclatant au-dessus, et agréa- » blement ondoyé d’or, de vert, de brun et de blanc au- » dessous : l'une et l’autre sont rares. Les oiseaux dont je » vais parler sont plus abondans; l'un d’eux, qui est noir » avec des teintes verdâtres, se fait remarquer par une » touffe de plumes blanches et bouclées, qu’il porte sous

(*) ya dans l'original, supple jack. Ce n’est peut-être pas le lierre. (Vote du Traducteur. )

DE COOK. (1777) 165 » la gorge, et nous Pappelions le Poy (1); on en trouve » un second plus petit, noir, qui a le dos et les aîles bru- » nes, et deux ouies au-dessous de la racine du bec; nous » lui donnâmes le nom de Petit Wattle -bird (le petit » oiseau à cordon) (2), pour le distinguer d’une autre » espète de la grosseur du pigeon ordinaire, que nous » appelâmes le grand oiseau à cordon : celui -éi a deux » larges membranes jaunes et pourpres à la racine du » bec; il est noir ou plutôt bleu, et il ne ressemble point » au petit oiseau à cordon; il a la racine du bec épais, » court, crochu, et d’une forme peu commune. On voit » beaucoup de gros becs de la grandeur d’une grive, de » couleur brune avec une queue rougeâtre : il ne faut ‘pas » oublier un petit oiseau verdatre , qui est presque le seul » chantant, mais qui suffit pour produire des sons si mélo- » dieux et si variés, que nous nous croyions environnés » de cent espèces différentes d'oiseaux, lorsqu'il faisoit » entendre son ramage près de nous : d'après cette pro- » priété singulière, nous l'avons nommé Ze Moqueur. ll y » a d’ailleurs trois ou quatre oiseaux plus petits; l'un de » ceux-ci ressemble exactement à notre rouge-gorge, par » sa figure et ses mœurs peu sauvages ; mais il est noir dans » les parties où le notre est brun, et blanc aux endroits

(1) La Planche 52 du second Voyage de Cook offre la figure de cet oiseau ; on lui a donné ce nom à cause de sa touffe de plumes, qui ressemble aux fleurs blanches que les O-Taitiens portent à leurs oreilles , et qu’ils appellent poowa.

(a) M. Anderson ne donnant point la figure, et faisant une des. cription incomplette de cet oiseau, nous ignorons s’ilest de les pèce du Cordon bleu ou du Bengali de POrnithologie Françoise.

( ote du Traducteur.)

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