‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme] (volume 2)Chapitre 57 sur 82 · Tome J · texte numérisé non relu

Tome J

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+ qui renfermoit assez de bananes cuites pour le diner de » douze personnes. On placa devant chacun de nous un # morceau du cochon cuit au four , dont j'ai parlé, et on » nous dit de manger. La fatigue de la journée nous avoit » Ôté l'appétit; nous avalames quelques bouchées, afin de # ne pas contrarier les Naturels; mais ce fut sans plaisir 9» pour nous. ;

» La nuit approchoit, et nous les avertimes que nous » devions retourner à bord de nos vaisseaux. Ils y con- » sentirent; ils voulurent que nous emportassions sur nos » canots le reste des vivres qui avoient été apprétés, » etils l’envoyèrent à la grève. Avant notre départ, on » régala Omai d’une boisson à laquelle il avoit été accou- » tumé dans sa patrie. Nous observames qu’on fait ici » cette liqueur comme sur les autres Isles de la Mer du » Sud , c’est-à-dire, qu'on mache la racine d’une sorte de » poivre, et qu'on la rejette ensuite dans un vase. Une pi- » rogue nous attendoit sur la grève, pour nous conduire à » nos Canots. Les Insulaires exécutèrent ce transport avec » la même adresse et les mêmes soins qu’à notre descente. » Ils nous donnèrent de nouvelles preuves de leur penchant » au vol: car un personnage de quelque importance, qui » nous accompagnoit, profita du moment où on lancoit » l'embarcation dans le ressac, pour voler un sac, que » j'avois eu bien de la peine à garder tout le jour : il ren- » fermoit un pistolet de poche que je craignois extrême- » ment de perdre. J'aperçus le voleur; je poussai descris, » et je témoignai autant de déplaisir que je le pus. Le vo- » leur crut devoirrapporter le sac à la nage ; maisil soutint » qu'il ne Pavoit pas dérobé, quoique je l’eusse surpris » en flagrant-délit. Ils nous mirent à bord de nos canots, où

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» ils déposérent des noix de coco, des bananes, et d'autres » provisions ; et nous primes la route des vaisseaux, bien » contens d’être sortis de leurs mains.

» Nous regrettames que l'espèce de captivité où l’on » venoit denous détenir, nous eit laissé si peu de moyens

» de faire des observations sur le pays. Durant toute la:

» journée, nous nous trouvames rarement à cent verges » de l'endroit où l’on nous avoit présentés aux Chefs , après » notre débarquement, ct nousne pames examiner que les » objets qui nous environnoient. La première chose qui » nous frappa, fut la multitude des Naturels; leur nombre » étoit au-moins de deux mille: ceux qui nous regurent sur » le rivage formoient une puits troupe , en comparaison

» de celles que nous apergimes parmi les arbres, en Pts

» trant dans l'intérieur de l'Isle.

» Nous remarquames aussi que la plupart de ceux que: » nousavions vus à bord des vaisseaux , étoient d’une classe » inférieure ; car un grand nombre de ceux que.nous aper- » cümes à terre, avoient lair plus noble et un teint plus » blanc. Leur chevelure longue, noire et touffue, étojt: » ordinairement nouée surle sommet de la téte. La plupart » des jeunes gens pouvoient servir de modèles aux Artistes: » du côté de la taille; ils étoient d’une complexion aussi » délicate que celle des femmes; et ils paroissoient d’un » Caractère aussi doux. D'autres, plus avancés en âge, » avoient de l'embonpoint ; la peau de tous; indistinctement, » nous sembla très-fine. Une pièce d’étoffe, ou une natte » qui étoit placée autour des reins, et qui touvroit les par- » ties que cache la pudeur, composoit en général leur » vêtement ; mais quelques-uns portoient de jolies nattes » entre-mélées de noir etde blanc, qui formoient'nne sorte

» de, jaquette sans manches, ‘et d’autres avoient des cha- » peaux de forme conique, debourre de coco, adroite- » ment tissue avec de petits grains de coquillage. Leurs » oreilles étoient percées, et ornées de morceaux de la » partie membraneuse d’une plante, ou d’une fleur odori- » férante, qui me parut être une espèce de Gardenia. » Nous distinguames des hommes de la classe supérieure » quiavoient, ainsi que les Chefs, deux petites balles, tirées » d’un os d'animal, suspendues à leur cou par une mul- » titude de cordelettes. Les Chefs déposèrent leurs plumes » rouges, après que la cérémonie de notre présentation » fut achayée : ces plumes sont sûrement à leurs yeux une » marque particulière de distinction ; car nous n’en vimes » qu'aux Chefs, et aux jeunes femmes qui dansérent.

» Quelques-uns des hommes étoient satoués ou piquetés » sur les. côtés'etsur le dos, d’une manière peu commune, » et les jambes de plusieurs femmes nous offrirent la même # parure. Mais cette espèce d'ornement nous parut réservé » aux Insulaires d’un rang supérieur; et les hommes ainsi # piquetés avoient d’ailleurs de la grosseur et de l’embon- » point, à moins qu'ils ne fussent trés-jeunes. Les femmes s d’un âge avancé portoient leurs cheveux courts; plusieurs » d’entre elles étoient convertes de cicatrices qui for- » moient des lignes obliques sur tuut le devant du corps; ss quelques-unes de ces blessures présentoient des figures » rhomboidalles, et elles étoient si récentes , qu’on y voyoit » encore le sang coagulé.

» La femme de l’un des Chefs vint se montrer avec son » enfant euveloppé dans un morceau d’étoffe rouge, dont » nous avions fait présent à son mari : elle sembloit avoir » beaucoup de teudresse pour son nourrisson; et, pour lui

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DE COOK. (1997) 213 » donner à tetter, elle prenoit la même attitude que les » Angloises. Un autre Chef amena sa fille qui étoit jeune et » belle, et qui avoit toute la timidité naturelle 4 son sexe. + Elle nous regarda avec intérêt; nous jugeâmes que le dé- » sir de nous examiner étoit plus fort que sa modestie, et

» qu’elle étoit bien surprise de rencontrer des hommes qui’

» ressembloient si peu à ceux de son pays. D'autres femmes » se présentérent d'une manière plus assurée : il nous parut » qu'elles manquoient de réserve ; mais elles ne passèrent » pas les bornes de la bienséance. Si l'on en excepte quel- » ques individus, dont le visage, et d’autres parties du » corps, présentoient de larges ulcères, suite des blessures # qu'ils s’étoient faites ou qu'ils avoient reçues, les deux » sexes fe nous offrirent aucune difformité personnelle. Le » nombre des vieux hommes et des vieilles femmes n’étoit # pas proportionné à la foule qui nous environnoit. Il est » aisé d'expliquer cette disproportion, en supposant que »les Naturels d'un âge avancé n’eurent ni le désir, ni la » force detraverser une grande partie de l'Isle , pour venir » auprès de nous. Il y avoit beaucoup d’enfans; et lorsque » nous étions cachés par la multitude qui nous entouroit, »9 ils montèrent sur des arbres , ainsi que les hommes, afin » de nous mieux voir.

» Le tiers à-peu-près des hommes avoit des massues et » des piques; ceux-là venoient vraisemblablement des par- » ties éloignées de l'Isle; car la plupart portoient de petits » paniers, des uattes, et d’autres choses suspendues a » l'extrémité de leurs armes. En général, les massues » étoient de six picds de longueur , d'un bois dur et no:r , » bien poli danstoutes les parties, en forme de lance à Pune 4 des extrémités, mais beaucoup plus larges; et ja tête se

-» trouvoit découpée proprement en languettes. Nous en » vimes de plus étroites , de plus courtes et de plus unies ; » et nous en aperciimes de si petites, qu'on pouvoit les ‘» manier d'une seule main. Les piques étoient du même » bois, ainsi que la pointe : elles avoient ordinairement plus » de douze pieds de long ; mais le peu de longueur de quel- » ques-unes nous fit juger que les Naturels lancent celles- » ci comme des dards. ,

» Le lieu où nous passâmes la journée étoit couvert de » différens arbres, à l'ombre desquels ils retirent leurs » pirogues , pour les garantir du Soleil. Nous y en trou- > vames huit ou dix de doubles : deux embarcations réunies + par une sorte de radeau, forment ici, comme dans toutes » les Isles de la Mer du Sud, ce que nous appelons des » doubles pirogues. Elles avoient environ vingt pieds de » long, quatre de profondeur ; leurs côtés étoient arrondis + par un bordage posé sur les premières planches, et for- » tement attaché avec des baguettes d’osier. Nous en vimes » deux quiétoient enduites de noir par-tout, et qui offroient » des quarrés, des triangles , etc. sans nombre. Je n’avois 3 pas encore rencontré des dessins aussi agréables sur les “terres de l'Océan Pacifique : ils annoncoient plus d’a- » dresse que les piguetures de leur peau. Les pagaies » avoient quatre pieds de long; elies étoient à-peu-près > elliptiques, mais plus larges à l'une des extrémités que » dans le milieu. Il y avoit près de la une hutte ou han- » gar, de trente pieds de long, et de neuf ou dix de hauyy teur, où peut-être ils construisent leurs embarcations ; » nous n’en trouvames cependant aucune sur le chantier.

» La plupart des arbres qui nous environnoient, étoient » des cocotiers, des Æybiseus ou des Euphorbia. Nous

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# rencontrames près de la mer un grand nombre de ces » arbres que nous avions vus à Mangeea Nooe Nainaiwa, » et ils sembloient border de la même manière les côtes de

"cette Isle. Ils sont grands et minces, et ils approchent

» beaucoup du cyprès ; mais ils ont des touffes de feuilles » longues, arrondies et articulées. Les Naturels les appel- » lent Etoa. Le sol produit quelques gramens, une espèce » de Convolvulus, et beaucoup de moutarde (*). L'Isle » produit sans doute d’autres arbres fruitiers , et d’autres » plantes utiles, que nous n'avions pas eu occasion de voir: » car, indépendamment de plusieurs espèces de bananes , » les Naturels nous apportérent , à diverses reprises, des » racines qu'ils nomment Taro, du fruit à pain et un panier » de noix grillées, de la forme d'un rognon, qui avoient »une.saveur approchante de celle de la châtaigne , mais # qui étoient plus grossières.

Je ne puis dire quelle est la nature du sol dans l'inté- » rieur du pays; mais prés de la mer, ce n’est qu’un rocher » de corail de dix ou douze pieds de hauteur, escarpé et » raboteux , si j'en excepte de petites grèves sablonneuses » qui remplissent les crevasses. Ce corail, qui est exposé » à l'air depuis un grand nombre de siècles, est devenu » noir à la surface; et, comme il est irrégulier , il ressem- »» ble beaucoup à de grosses masses d’une substance brülée: » il n’a pas subi d'autre altération. Nous en brisâmes quel- » ques morceaux, et nous reconnümes qu'à deux ou trois » pouces de profondeur il est aussi frais que les pièces

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(*) ey a dans Poriginal, treacle-mustard ; c'est aux Naturalistes à donner un nom à cette espéce de moutarde, ( Vois dis L'raducteur,)

» jetées depuis peu par les flots sur le rivage. La largeur » du récif qui borde toute la côte varie, mais par-tout il se » termine brusquement , et il oppose à la mer une muruille » haute et escarpée. Son sommet est brun ou de couleur » de brique; et il est à-peu-près au niveau des flots : quoi- » que la matière dont il est composé soit un peu pureuse, » il suffit pour rompre la force du ressac, dont l'action est 5 continuelle »,

Le débarquement de nos Messieurs a enrichi mon Journal des observations qu’on vient de lire; mais le principal objet que j'avois en vue ne se trouva point rempli; car ce qu'ils rapportèrent de cette Isle ne mérite pas d’être cité. Toutefvis , les Naturels jouirent d'un spectacle nouveau pour eux, et dont vraisemblablement ils ne jouiront plus. Il paroît que la curiosité seule les détermina à exercer une sorte de vivlence contre M. Gore, M. Burney, M. Anderson et Omai, et à employer tant d'artifices pour les retenir quelques heures de plus avec eux.

Indépendamment des services qu’Omai rendit à M. Gore en qualité d'interprète, il nous en rendit peut-être beaucoup d’autres. Les Naturels lui firent un grand nombre de questions sur nous, sur nos vaisseaux, sur notre pays, * et sur l'espèce d'armes que nous employons; et, d’après ce qu'il me raconta, il eut l'adresse de mettre du merveilleux dans ses réponses. Il leur dit, par exemple, qu'il y avoit dans notre patrie des vaisseaux aussi grands que leur Isle; que ces batimens portent des instrumens de guerre (il vouloit parler de nos ¢anons ) si gros, que plusieurs personnes peuvent s’y asscoir, et dont un seul suflit pour réduire en poudre une Isle enticre. D'après cette description imposante, ils voulurent savoir quelle sorte de canons nous

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avions à bord : Omai leur répondit qu’ils étoient petits en comparaison de ceux dont il venoit de les entgetenir; que néaumoins il ne tenoit qu’à nous, de la distance où se trouvoient les vaisseaux, de détruire l'Isle, et de tuer chacun de ses habitans. Ils linterrogérent ensuite sur les moyens qui produisoient des effets aussi terribles, et il essaya de les leur expliquer. Il avoit par bonheur quelques cartouches dans sa. poche; il fournit, à l'inspection des Insulaires, les balles et la poudre, et afin de leur donner une preuve plus frappante, il imagina de Ics rendre témoins d’une explosion. On a déjà remarqué qu’un des Chefs avoit ordonné à la multitude de se former en cercle. Ce cercle fournit à Omai un lieu propre à son expérience. Il disposa sur le terrain et au centre du cercle, la quantité peu considérable de poudre qu'il tira de ses cartouches, et il y mit le feu avec-un tison enflammé , qu'il alla prendre dans le four où l'on apprétoit à diner. La rapidité de l'effet, le bruit éclatant, la flamme et la famée, remplirent d'étonnement tous les spectateurs", ils ne doutèrent plus de la force irrésistible de nos armes, et ils ajoutèrent une foi entière à tout ce qu'Omai leur avoit raconté.

On crut à bord des vaisseaux, que sans l'effroi inspiré par cette expérience, les Naturels auroient tenu nos Messieurs aux arréts toute la nuit. Omaï les assura que s’il ne retournoit pas le soir à bord avec ses camarades, je tirerois mes canons sur l'Isle. Nous étions plus près de la terre au coucher du soleil, que nous ne l’avions été pendant la journée ; et comme les Naturels observèrent beaucoup notre position, ils pensérent vraisemblablement que je méditois-cette attaque formidable , et ils laissèrent partir leurs hôtes, Ils comptojent les revoir à terre le lendemain ;

mais j'étois trop frappé du danger que nous avions couru, pour y enwyer du monde une seconde fuis.

Cette journée donna beaucoup d'occupation à Omai : quoique l'Isle n'eût pas vu d’autres Européens que nous, on y trouvoit pourtant des étrangers ; et nous aurions ignoré ce fait curieux , si Omai n’eùt point accompagné M. Gore.

Il eut à peine débarqué sur la grève, qu’il aperçut dans la foule trois de ses compatriotes : les Isles de la Société étant éloignées. d’environ deux cents lieues, il faut parcourir une vaste mer inconnue pour arriver ici; et ces peuplades n’ayant que de misérables pirogues, propres à des traversées où l'on ne perd.pas la terre de vue, une telle rencontre sur une Isle que nous abordâmes par hasard, peut être regardée comme un deces événemens imprévus, qu'imaginent les auteurs des romans, afin de surprendre leur lecteur. Sa singularité mérite que j'en parle en détail.

Il est aisé de concevoir avec quel étonhement et quel plaisir Omai et “ses compatriotes causèrent ensemble. L'histoire de ces derniers est trés-intéressante. Ils s'étoient embarqués sur une pirogue à O-Tuiti, au nombre de vingt, hommes et femmes , afin de se rendre à Ulietea, une des Isles voisines. Un vent contraire, qui souffloit avec impétuosité, les empécha d'arriver à leur destination, ou de regagner le port d’où ils étoient partis. Leur passage devant être court, ils n’avoient guères embarqué de provision, et ils manquérent bientôt de vivres. On ne peut imaginer tout ce qu'ils souffrirent, tandis qu'ils furent chassés sur l'Océan, au gré de la tempête. Ils passèrent un grand nombre de jours sans avoir rien à manger ou à boire. La famine et la fatigue détruisirent pen-a-peu ce

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petit équipage. Il ne restoit que quatre hommes lorsque la pirogue chavira: la perte de ces quatre malheureu: sembloit inévitable : ils eurent cependant l'adresse et h force de saisir les bordages de l’embarcation, et de s* tenir suspendus pendant quelques jours. Ils furent enfir jetés aux environs de cette Isle; les Naturels du pays déta: chérent tout de suite des canots, qui les sauvérent et les conduisirent à terre. L'un des quatre étoit mort; mais les autres vivoient encore, et ils racontérent à Omai les détails miraculeux qu’on vient de lire. Ils vantérent beaucoup le traitement amical qu'ils avoient requ des Insulaires; et ils étoient si contens de leur sort, qu’ils refusérent l'offre de nos Messieurs, qui, à la sollicitation d’Omai , leur proposèrent de les remener dans leur patrie. La conformité des mœurs et du langage, les avoit plus que naturalisés sur cette terre ; et les liaisons quils-y avoient formées, et qu'ils auroient eu bien de la peine à rompre après une si longue habitude, expliquent assez pourquoi ils ne voulurent pas revenir au lieu de leur naissance. Ils se trouvoient ici depuis plus de douze ans ; car M. Anderson me dit, qu'ils ne savoient rien de la relâche du Capitaine Wallis à O- Taiti,en 1755, et qu'ils ignoroient d’autres événemens aussi mémorables , tels que la conquête d’Uetea , par les habitans de Bo/abola , antérieure à l'arrivée des Européens. M. Anderson m'apprit aussi qu'ils s’appeloient Orououte, Otirreroa et Tavee : le premier étoit né à Matavai, dans l'Isle d'O-Tuïti; le second à Ulietec., et le troisième à HZuaheine.

Le débarquement de nos Messicurs sur cette Isle, ne remplit pas mon objet, ainsi que je le disais tout-à-l'heure ; mais on doit le regarder d’ailleurs comme heureux, Ii

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nous a procuré la connoissance d’un fait trés-curieux et tés-instructif. En effet, l'histoire qu'on vient de lire explique, mieux que tuates les conjectures des Savans, comnent les hommes se sont répandus sur les contrées de la terre les plus éloignées , et en particulier sur les Isles de la Mer du Sud (*). |

Les Naturels du pays donnent à cette Isle le nom de # ateeoo : elle git par 20° 1” de latitude Sud, et 21° 45” de longitude orientale : elle a environ six lieues de circonierence : elle est d’un très-bel aspect; on y voit des collines ou des plaines , et elle est couverte d’une verdure

(*) Il est vraisemblabie que de pareils accidens sont communs dans la Mer du Sud. En 1696, deux pirogues , qui avoient à bord trente hommes ou fenimes, et qui nartirent d’Amorso, furent jetées, par les vents contraires et les orages , sur l’Îsle de Samal, Yane des Philippines, éloignée de trois cents lieues. Après avoir été promenés soixante et dix jours sur la mer, cing d’entre eux moururent durant cette pénible traversée. Le Tome XV, p. 196. jusqu’à la page 215 des Lettres édifiantes et curieuses, raconte le fait en détail, et donne la description des Isles dont je viens de parler. Le même Volume, p. 282 et suivantes, cite une aventure pareille , arr vée en 1721 : deux pirogues, dont l’une contenoit vingt-quatre et l’autre six personnes, hommes, femmes ou enfans, furent chassées d’une Isle apnelée Faroilep, à isle de Guam ou Guaham, l'une des Larrons ou des Marianes ; mais elles n’eurent pas à essayer autant de fatigue que les deux autres, car elles ne furent que vingt jours en mer. Il n’y a aucune raison de révoquer en doute l'authenticité de ces relations. Tous les écri= vains modernes ont adopté les détails que contiennent les Lettres des Jésuites sur ces Isles, nommées aujourd'hui Carolies, et dont les Espagnols durent la connoissance à l’arrivée des deux dernières pirogues À Samal et à Guam. Voyez les Voyages aux Terres australes , du président de Brosses, Tome II, p. 443 et suivantes. Voyez ausii l'Histoire universelle moderne,

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