CHAPITRE V
Arrivée des vaisseaux dHappaee. On nbus y reçoit d’une manière amicale. Cérémonial et présens. Les Naturels nous donnent le spectacle de plusieurs combats. Combats de massues, luttes, pugilat. Les femmes prennent aussi part à ces combats. On exerce les Soldats de Marine devant les Insulaires. Danses exécutées par des hommes. Feux d'artifice. Description particulière des amusemens nocturnes des hahitans, de deurs chants et de leurs danses.
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Di: que nous fâmes mouillés, les vais##aux se trouvèrent remplis de Naturels, et environnés d’une multitude de pirogues. Les Insulaires nous apportèrent des cochons, des,volailles, des fruits et des racines, qu'ils échangèrent contre des haches, des clous, des grains de verre , et des étoffes. Feenou et Omaï arrivèrent à bord au lever du Soleil, afin de me présenter aux habitans de l'Isle; et je descendis bientôt sur la côte avec eux : nous débarquâmes dans la partie Nord de Lefooga, un peu à droite de notre mouillage.
Le Chef me conduisit à une maison, ou plutôt à une cabane qui étoit située près de la grève, et que J'avois vue apporter, quelques minutes auparavant. Nous nous y assimes, Feenou, Omaïet moi, Les autres Chefs et la multitude formoient un cercle en-dchors, vis-à-vis de nous,
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et ils s’assirent également. On me demanda combien de temps je voulois demeurer dans l'Isle: je répondis que je me proposois d’y rester cinq jours. Alors on ordonna à Taipa de venir s'asseoir près de moi, et d’annoncer cette nouvelle. Il harangua en effet le peuple, et Feenou lui souffla la plus grande partie de son discours. Selon le rapport d'Omai, l’orateur essaya de prouver qu'ils devoient tous, jeunes et vieux , me regarder comme un ami qui vouloit passer quelque temps avec eux; et que, durant mon séjour, ils devoieat s'abstenir de me voler et de m'inquieter ; il exhorta ensuite ses auditeurs à apporter aux vaisseaux des cochons , des volailles, des fruits, etc., et il leur fit la description des diverses choses qu'ils recevroient en échange. Taipa euba peine achevé sa harangue, que Feenou nous quitta. Taipa profita de son absence pour m'avertir que j'étois obligé de faire un présent au Chef de l'Isle, appelé Earoupa. Comme je m/attendois à eet avis, je lui fis un présent plus riche qu'il ne Pespéroit. Voyant que j'étois si généreux, deux Chefs d'une autre Isle, qui se trouvoient à l'assemblée, et Taipa lui-même, me demandèrent quelque chose pour eux. J’eus soin de les contenter. Feenou revint au moment où j'achevois mes largesses ; il parut fâché contre Taipa, qui m’avoit laissé donner tant de choses; mais j'étois persuadé qu'il agissoit de concertavec eux, et je ne fus pas la dupe de sa finesse. Il reprit sa place auprès de moi; il ordonna à Earoupa de s'asseoir à ses côtés, et de haranguer le peuple à exemple de Taipa : il indus à à l'orateur, comme ia première fois, ‘les principaux points du discours , gui roula encore suv notre arrivée, et sur la manière amicale dont il falloit nous accueillir,
Lorsque ces cérémonies furent achevées, le Chef me mena à trois mares, qui, d’après ce qu'on m’avoit dit, contenoient de l’eau douce: l'une des trois offroit en effet une eau assez bonne, et il n’étoit pas difficile d'y remplir nos futailles. Après avoir examiné l’aiguade , nous retournames à notre première station , où j'aperçus un cochon cuit au four , et des ignames fumantes, que les Naturels se disposoient à porter à bord, pour mon diner. J’invitai Feenou et ses amis à venir manger le cochonetles ignames, et nous primes la route du vaisseau ; mais Feenou seul s'assit à ma table. Après diner, je les conduisis au rivage, et au moment où je me rembarquai , le Chef me donna une grosse tortue très-belle, et une quantité considérable dignames. Nous avions des rafraichissemens en abondance ; car dans le cours de cette journée, Z Résolution acheta vingt petits cochons, outre des fruits et des racines. On m’apprit qu'au moment où j'étois descendu à terre le matin, un des Naturels vint à bord, et ordonna à tous ses compatriotes de retourner sur la côte. II vouloit vraisemblablement que tous les Insulaires assistassent à la cérémonie de ma réception ; car, dès qu’elle fut terminée , une foule d’entre eux revinrent au vaisseau.
Le lendemain, Feenou et Omaï , qui ne se quittérent guéres, et qui avoient passé Ja nuit sur la côte, arriverent à bord de très-bonne heure. Ils me dirent l'un et l'autre qu’on m'attendoit dans l'Isle. Je m’y rendis bientôt avec eux, et on me conduisit à l’endroit où je m'étois assis la veille : j'y trouvai un concours nombreux d'habitans déjà rassemblés, et je jugeai qu'on préparoit quelque chose d’extraordinaire ; mais je ne devinois pas ce que ° étoit, et Omaï ne ponvoit me l'apprendre.
le Chef me m’avoit dit, roit en effet d'y remplir nous retour- ; un cochon les Naturels ner. J’invitai les ignames, Feenou seul is au rivage, Le donna une considérable ns en abon- , Résolution s et des radescendu à et ordonna te. Jl vouloit assistassent ‘elle fut terisseau.
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Je fus à peine assis, que je vis paroitre environ cent Tnsulaires, qui s'avantèrent sur notre gauche, chargés d’ignames, de fruits à pain , de bananes , de noix de coco et de cannes de sucre. lls déposèrent leurs charges , et ils en formèrent deux tas ou pyramides. Bientôt aprés ; d'autres Naturels arrivèrent sur notre droite et apportérent les mêmes choses , dont ils firent également deux pyramides de ce côté. Ils attachèrent sur la pyramide de notre droite deux cochons et six volailles ; et sur celle de «otre gauche six cochons et deux tortues. Earoupa sassit devant la pyramide de la gauche, et un autre Chef devant la pyramide de la droite. Je pensai qu’ils avoient rassemblé cette contribution par ordre dg Feenou , auquel on paroissoit obéir ici avec autant de soumission qu'à Annamaoka, et qu'il avoit beaucoup d'autorité sur les Chefs de Hapaee.
Les hommes qui avoient apporté ces provisions, eurent soin de les étaler de la manière la plus pittoresque, et ils allèrent ensuite se joindre à la multitude rangée en cercle autour des deux pyramides. Des guerriers , armés de massues de cocotiers, pénétrèrent ensuite dans l'enceinte et défilèrent devant nous. Après avoir fait des évolutions durant quelques minutes, ils se retirérent, la moitié d’un côté , et le reste de l’autre , et.ils s’assirent. Ils entrèrent bientôt en lice, et ils nous donnèrent le spectacle de plusieurs combats singuliers. Un champion se levoit, il s’avangoit fièrement , et, par des gestes expressifs , plutôt qu'avec des paroles, il proposoit un défi à la troupe opposée. Si l'on acceptoit le cartel, ce qui arrivoit ordinairement , les deux champions se mettoient en attitude de combattre, et ils se chargeoient mutuellement, jusqu'à ce que l'un ou l'autre avouat sa défaite, ou jusqu'a ce que leurs armes
fussent brisées. A la fin de ces combats , le vainqueur ve- Roit' s'accroupir devant le Chef; il se relevoit ensuite et s'éloignoit. Sur ces entrefaites, quelques vieillards, qui paroissoient les juges du camp, lui donnoient des éloges en peu de mots; et les spectateurs, surtout ceux qui étoient du côté du vainqueur , célébroient sa victoire par deux ou trois cris de joie.
Il y eut , de tempsen-temps, quelques minutes diintervalle d’un duel à l’autre. Ces entr’actes furent remplis par des combats de lutte et de pugilat. Les premiers ressembioient exactement à ceux d’ O-Taitz , et les seconds différoient peu de ceux de la populace d’ Angleterre. Ce qui nous étonna le plus, fut de woir deux grosses femmes arriver au milieu de la lice, et se charger à coups de poing, sans aucune cérémonie et avec autant d'adresse que les hommes. Leur combat ne dura pas plus d’une demi-minute , et l’une d’elle s’avoua vaincue. L’héroine victorieuse recut de l'assemblée les applandissemens qu'on donnoit aux hommes, dont la force ou la souplesse avoient triomphé de leur rival. Nous témoignâmes du dégoût pour cette partie de la fête ; mais notre improbation n’empécha pas deux jeunes filles de se présenter encore sur l’arêne : elles paraissoient avoir du courage, et elles se seroient sûrement porté des coups vigoureux, si deux vieilles femmes n’étoient venues les séparer. Ces divers combats eurent lieu en présence d’au-moins trois mille personnes, et les champions montrèrent beaucoup de bonne humeur : cependant les hommes et les femmes recurent des coups dont ils durent se ressentir assez long-temps après.
A la fin de ces jeux, le Chef me dit que le tas de provisions qui se trouvoit à notre droite étoit destiné a Omai;
DE COOK. (1777) 267 et que la pyramide de notre gauche, qui comprenoit a-peuprés les deux tiers du tout, étoit pour moi. Il ajouta que
iqueur ve- | ensuite et
| H * es lards, qui | je pouvois les conduire à bord, quand je le voudrois; qu'il des éloges | seroit inutile de les environner d’une garde, et que les Na- i t ceux qui | turels n’en ôteroient pas une seule noix de coco. Il ne se En ictoire par | trompoit pas , car je l’emmenai diner au vaisseau; et lors- | h | | qu'on embarqua les provisions dans l'après-midi, nous re- if ates d'inter- | connimes qu’on n'y avoit pas touché. Il y en eut assez a a remplis par : pour charger quatre canots , et je fus trés-surpris de la li- 4 ers ressem- béralité de Feenou : aucun des Chefs des Isles de la Mer du : i conds diffé- Sud ne m’avoit fait un présent si magnifique. Je m’em- ji erre. Ce qui pressai de prouver à mon ami que je n’étois pas insensible 1 emmes arri- i à sa générosité, et je lui donnai toutes les choses auxquelles f | s de poing , : je crus qu’il mettoit du prix. Il fut si satisfait de mes dons, | esse que les | qu'immédiatement après son arrivée sur la côte, il m’envoya ie ne demi-mi- i encore deux cochons, une quantité considérable d’étoffes , Lt e victorieuse {l et des ignames. il ’on donnoit i Feenou avoit désiré voir nos soldats de marine faire a 1 oient triom- il l'exercice. Afin de lui procurer cette satisfaction , j'ordon- il At pour cette nai aux soldats des deux vaisseaux de se rendre à terre (hi pmpecha pas dans la matinée du 20. Après différentes évolutions , ils \ arène : elles tirèrent chacun plusieurs coups; l'assemblée , qui étoit at roient sûre- trés-sombreuse, parut enchantée. Le Chef nous offrit à ‘Li illes femmes son tour un spectacle où les Naturels déployérent une fl bats eurent adresse et une précision extrêmes , et nous le trouvames nn |} pnnes, et les bien supérieur à nos manœuvres militaires. C’étoit une i humeur : Ce- espèce de danse, si différente de celles que j'avois vues jus- fi | bs coups dont qualors , que je crains de ne pouvoir la décrire à mes lec- À | . teurs. Elle fut exécutée par des hommes, et nous y comp- | b tas de pro- tâmes cent cinq acteurs. Chacun d'eux tenoit à la main un
ting à Omai; joli instrument , à-peu-près de la forme d'une pagaie , de
deux pieds et demi de longueur, qui avoit un petit manche et une palme de peu d’épaisseur, et qui étoit trés-léger. Ils l’agitérent d'un nombre infini de manières; toutes ces positions furent accompagnées de diverses attitudes on de divers mouvemens du corps. Les acteurs se rangérent d'abord sur trois lignes; et, au moyen de différentes évolutions, ils changérent de place , de manière que ceux qui s'étoient trouvés sur le derrière se trouvèrent au front. Ils ne gardoient pas long-temps la même position ; et chaque fois qu'ils en changeoient, c'étoit toujours par des mouve-
mens trës-vifs. Ils s’étendirent sur une seule ligne, ils se formérent en demi-cercle et en deux colennes. Tandis qu'ils achevoient cette dernière évolution , l’un d’eux s'avança, et exécuta devant moi une danse grotesque qui termina le spectacle.
Il n’y avoit d’autres instrumens que deux tambours, ou plutôt deux troncs d’arbres creusés, qu'ils frappoient avee un morceau de bois, et d’où ils tiroient quelques notes. Il ‘me parut néanmoins que les danseurs n’étoient pas dirigés par ces sons, mais par un chœur de musique vocale auquel se joignoit leur voix. Leur chant avoit une sorte de mélodie; et les évolutions , ou les pas qui en éioient la suite, s’exécutoient avec tant de justesse et de vivacité, que la troupe nombreuse des acteurs sembloit ne former qu'une grande machine. Nous pensâmes tous qu'un pareil spectacle sgroit universellement applaudi sur un théâtre d'Europe; il surpassa , comme je l'ai déjà dit, tout ce que nous avions imaginé pour les divertir , et ils eurent l'air de sentir leur supériorité sur nous. Excepté le‘tambour , ils ne faisoient aucun cas de nos instrumens de musique , encore le jugeoient-ils inférieur au leur. Nos cors de chasse
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en particulier excitérent beaucoup de mépris ; car les Naturels de cette Isle et de toutes celles de la Mer du Sud ne daignérent pas les examiner.
Afin de leur donner une opinion plus favorable de nos amusemens, et de leur inspirer un sentiment profond de notre force et de notre adresse, je fis préparer des feux dartilice, qui furent tirés le soir en présence de Feenou, des autres Chefs et d’une multitude d’habitans. Des piéces qui se trouvèrent gâtées manquérent; mais celles qui étoient en bon état réussirent parfaitement, et remplirent trés-bien les vues que je me proposois. Les fusées volantes et plongéantes leur causèrent surtout un plaisir et un étonnement qu'on ne peut concevoir ; et ils jugèrent alors, qu’en fait de spec.acle , nous en savions plus qu’eux.
Cette supériorité de notre part les excita à nous donner de‘nouvelles preuves de leur dextérité ; et , dès que notre feu d'artifice fut terminé, nous vimes commencer une suite de danses que Feenou avoit ordonnées pour nous divertir. « Une bande (*) de dix-huit Musiciens vint d’abord s’as- » seoir devant nous, au milieu d’un cercle qui étoit com- » posé d’une multitude de spectateurs, et qui devoit servir » de théâtre. Quatre ou cing d’entre eux avoient des mor: » ceaux d'un gros bambou , de trois à cinq ou six pieds » de longueur, qu'ils tenoient à-peu-près dans une position » verticale , l'extrémité supérieure ouverte, et l'extrézité » inférieure fermée par un des-nœuds. Ils frappoient la » terre avec cette extrémité inférieure, constamment,
(*) La description des danses de nuit, faite par M. Anderson,
étant beaucoup plus détaillée que celle du Capitaine Cook, nous l'avons adoptée.
mais lentement. IIs produisoient ainsi divers tons, suivant la longueur des bambous , mais chacun de ces tons étoit grave; afin d'établir des contrastes, un autre homme frappoit très-vite, avec deux bâtons, un morceau de la même substance, fendu et couché sur le sol, » et il en tiroit des tons aussi aigus que les premiers étoient graves. Le reste des Musiciens , ainsi que ceux qui jouoient du bambou, chantoient un air doux et lent, qui tempéroit si bien l’âpreté des sons des instrumens dont je viens de parler , qu’un auditoire habitué aux modulations les plus parfaites et les plus variées des sons mélodieux, auroit admiré la forte impression et l'effet agréable qui résultoient de cette harmonie simple. *» Après ce concert, qui dura environ un quart-d’heure, vingt femmes entrérent sur la scène. La tête de la plu- » part d’entre elles étoit ornée de guirlandes de roses de la Chine, ou d’autres fleurs cramoisies. Plusieurs avoient sur le corps d’autres guirlandes de feuilles d'arbres ; découpées sur les bords avec beaucoup de délicatesse. Elles formèrent un cercle autour des Musiciens, qu’elles » regardoient en face, et elles commencèrent par chanter : » des airs tendres, auxquels le chœur répondit par le même chant. Elles accompagnèrent leux voix de mouvemens de leurs mains qui se portoient avec grâce vers leur visage et sur la poitrine. Dans le même temps, elles jettoient un de leurs pieds en avant, qu’elles retiroient mollement , tandis que le second demeuroit immobile. Elles se tournérent ensuite du côte des spectateurs ; et , lorsqu'elles eurent un peu chauté , elles marchèrent à pas comptés, dans la partie du cercle qui se trouvoit vis-à-vis de ia cabanne où nous étions assis
tons, sui de ces tons un autre s, un morsur le sol, s premiers i que ceux ux et lent, instrumens vabitué aux ées des sons on et l'effet imple.
art-d’heure, e de la plude roses de eurs avoient s d'arbres ; délicatesse.
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DE COOK. (1777) 271 au milieu des Chefs. Deux de ces femmes firent à cette époque le tour du cegele, chacune d’un côté différent, de façon qu’elles se rencontrèrent à l'extrémité du diamètre d'où elles étoient parties, et qu’elles revinrent à leur place. Deux nouveaux couples s’avancèrent de la même manière; l'un de ces couples revint aussi à sa place; mais le second demenra en scène, et les femmes qui n’avoient pas encore parcoutu l'eñiceinte, s’approchérent de celles-ci deux à deux, jusqu'à ce qu'elles eussent toutes décrit un cetle autour des Musiciens.
» Leurs danses devinrent plus anidiées ; elles firent deux tours sur elles-métes , éf- sautant, en frappant leurs mains l'une contre l’autre, oa én faisant claquer leurs doigts, et répétant quelqüés mots avec le chœur. Vers la fin, le mouvement de la musique augmetita , et
» elles déployérent dans leurs gestes et leurs attitudes, » utie force et une dextérité merveilleuse; quelques-
unes de ces attitudes: si nous le jugeons d’après les ) J5E P
idées reçues en Earope , furent indécentes. Il est vrai-
» semblable toutefois que cette partie du spectacle n'a-
voit point de but malhonnéte, et qu'on vouloit seulement nous montrer la souplesse extraordinaire des femmes du pays.
» Ce grand ballet de femmes fut suivi d'un second, exé-
cuté par quinze hommes. H ÿ en avoit quelques-uns de
vieux; mais l’âge ne paroissoit pas diminuer leur agilité ét leur ardeur pour la danse : ils formérent une espèce
‘de cercle ouvert au front; ils ne regardoient ni l’as- ; 5
» semblée ni les Musiciens, mais une moitié regardoit en » avant, à mesure qu'elle marchoit, et autre moitié dans
une direction contraire. Ils chantérent quelquefois en
» chœur avec les Musiciens, sur un mouvement grave ;
en agitant les mains d'une nänière agréable, mais différente de celle des femmes; ils penchoient en mémetemps le corps, tantôt d'un côté, tantôt d’un autre; ils élevoient une jambe qu'ils. jetoient en-dehors, et ils étendoient les bras du même côté; d'autres fois ils chantoient dés phrases auxquelles répondoit le chœur, et ils pressoient par intervalles la mesure de la danse en frappant leurs mains, et en remuant avec plus de vivacité leurs pieds sans varier leurs pas ; enfin la rapidité
» dela gusique et, de la danse augmenta si fort, qu’il fut à » peine possible de distinguer leurs divers mouvemens :
nous avons pourtant liewde croire que les acteurs étoient un peu fatigués, car. ils die depuis environ üne demi-heure. ‘,,, #4, 0%
» 11 y eut ici um entre-acte asset long, et on recommença les. jeux : douze Insulaires s'avancèrent ;:ils se placèrent sur deux lignes et sur les côtés opposés du cercle, en face les:uns des autres; Nous vimesarriver un homme qui sembla remplir les fonctions de.nos souffleurs, et qui répéta plusieurs phrases auxquelles lesnouveaux acteurs etle chœur répondirent : ils chantérent sur un mouvement grave, et ensuite ils chantèrent et dansérent environ un quart-d'heure d'une manière plus animée, comme les danseurs qu'ils remplacoient.
» Dès qu'ils eurent fini, neuf femmes virirent s’asseoir en face de la cabane où étoit le chef: un homme se leva et alla frapper de ses deux poings réunis, ,la première de ces femmes; il passa à la seconde et à:la troisième, qu'il frappa de laméme manière : mais lorsqu'il fut à la quatrième , il la frappa sur la poitrine, et j'ignore
nt grave ; le, mais en même- | autre; ils ors, et ils is ils chanrceur, et ils \ danse en plus de vi- 1 la rapidité t, qu'il fut à ouvemens :
eurs étoient nviron une
ton recome rent ; ils se opposes: du imes.arriver de.nos soufelles lesnoubantèrent sur rent et danière plus anient.
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