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de chaque côté, et ils dessinérent un triple demi-cercle dont la formation prit assez de temps; car ils s’approchèrent en inclinantle corps sur une jambe et enavançant un peu l’autre. Leur marche fut accompagnée d’un air pareil à celui qu'ils avoient chanté à leur première entrée sur le théâtre ; mais ils changèrent bientôt de ton pour déclamer des phrases avec des sons plus rudes. Sur ces entrefaites , leur danse s’anima, et ils finirent par des acclamations et des battemens de mains universels. Cette partie du spectacle fut répétée plusieurs fois; ils formérent encore deux cercles concentriques ; ils dansérent et ils chantèrent des couplets sur un mouvement trèsvif, et ils finirent par des transpositions très-adroites des deux cercles.
» Les derniers amusemens de cett> nuit mémorable, furent une danse exécutée par les principaux personnages de l'Isle. Elle ressembla, à quelques égards, à celle qui venoit de finir; il y avoit le même nombre d'acteurs, et elle commença à-peu-près de la même maniére ; mais elle se termina à chaque pause d’une façon différente , car les danseurs mirent une vivacité prodigieuse dans leurs mouveinens : ils balançoient leurs tétes d'une épaule à l'autre, avec tant de force, que nous craignions de les voir se rompre le col. Durant cette farce grotesque, il se frappèrent les mains par un coup trés-sec , et ils pousserent des cris pergans, à-peu-près semblables à ceux qu'on entend quelquefois dans les » danses bouffonnes de nos théâtres d'Angleterre. Ils » dessinèrent le triple demi-cercle , ainsi que les acteurs » qui avoient paru avant eux : un homme , qui $'avança à » la tête des acteurs qui formoient l'un des côtés du
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DE COOK. (1977) 275 » demi-cercle , débita quelques paroles sur un vrai réci- » tatif, et avoit des gestes si expressifs et si justes, qu'il » parut supérieur à nos acteurs les plus applaudis. Le » premier des acteurs de l’autre côté du demi-cercle lui # répondoit de la même manière. Hl y eut plusieurs de ces » scènes de récitatif; ensuite le demi-cercle s’avança sur le » théâtre, les hommes qui se trouvoient à l’un des côtés » repondant en chœur à ceux de l’autre côté; et ils finirent » par chanter et danser comme aleur entrée sur la scène.
» Ces deux dernières danses furent si animées et si » justes , qu’elles obtinrent des éloges universels. Les » Naturels qui assistèrent au spectacle, et qui étoient » sûrement de bons juges, ne pouvoient contenir leurs » applaudissemens ; et nous éprouvâmes nous-mêmes une
» aussi grande satisfaction. Nous fimes d’abord frappés
» de l’ensemble qui régnoit parmi tous les acteurs, et de » l'exactitude de leurs pas et de leur chant, qui ne man- » quoient jamais desuivre la mesure de la musique ; quel- » ques-uns de leurs gestes étoient si expressifs , que nous » croyions entendre les paroles qui les accompagnoient. » Quoique l'orchestre et la voix des danseurs fussent par- » faitement d'accord, la longue habitude de ces ballets en- » tremélés d’airs,.semble contribuer beaucoup ala mesure » exacte qu'ils observent; nous remarquâmes, en effet, que » ceuxquisetrouvoient distraits ou dérangés de quelque ma- » nière, reprenoient la note et lé pas sans aucune peine. » Ils passoient brusquement, et avec une extrême adresse,
» des contorsions rudes et des cris aigus à des mouve-
» mens doux et à des chants mélodieux (*), et il nous fut
(*) Ona vu, dans la note de la page 205, que les chants et les
276 TROISIEME VOYAGE » démontré clairement que ces exercices leur sont tréss familiers,
» Ces danses furent exécutées sous des arbres, au bord » de la mer. Le lieu de la scène étoit éclairé par des flam- » beaux placés de distance en distance. Il s’y trouvoit un » grand nombre de spectateurs, quoique l’assemblée fût » moins nombreuse qu’elle nel’avoit été le matin, lorsque
.» nos soldats de marine firent l'exercice. Quelques-uns de q
» nos Messieurs conjecturèrent qu'environ cinq mille per- » sonnes assistérent à ce spectacle de nuit; d’autres ju- » gérent cette estimation trop foible: il me sembla qu'il y » en avoit un peu moins, et je crois approcher davan- » tage de la vérité ».
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danses des habitans dés Isles Carolines, situées dans la Mer Pacifique du Nord,'ressemblent beaucoup à ceux des Insulaires de Wateeoo ; ils ressembient aussi à ceux des Naturels des /sles des Amis ; et afin que le lecteur puisse en juger, voici un passage tiré de la description du père Cantova. « Pendant la nuit, au clair 2 de latnne, ils s’assemblent de temps-en-temps pour chanter et » danser devant la maison de leur Zamole. Leurs danses se font » au son de la voix; car ils n’ont point d’instrument de musique. » La beauté de la danse consiste dans l’exacte uniformité des » mouvemens du corps. Les hommes séparés des femmes se pore » tent vis-à-vis les uns des autres ; après quoi ils remuent la tête, » les btas, les mains et les pieds en cadence; leur tête est cou- » verte de plumes et de fleurs , et l’on voit attachées à leurs oreilles » des feuilles de palmicr tissues avec assez d'art. Les femmes, de » leur côté, se regardent les unes les autres, commencent un » chant pathétique et langoureux, accompagnant le son de leur » voix du mouvement cadencé de la tête et des.bras ». Lettres édifiantes et curieuses, Tom. XV, pages 314et 315,
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