Tome Zer ai
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et ils commirent leurs vols d'une manière trés-audacieuse et trés-insolente. Ils entreprirent de dérober tout ce que nous avions; mais la foule étoit toujours nombreuse, et, de peur que les innocens ne fussent punis pour les coupables, je ne permis pas aux sentinelles de tirer. Ils essayérent, en plein midi, d'enlever une ancre qui pendoit au bossoir de /4 Découverte; et ils en seroient venus à bout, si la patte ne se fut accrochée à une des chaines de fer qui se trouvoient à la hanche du vaisseau. Ils ne purent dégager l'ancre avec la main, et ils ne connoissoient point l'usage des palans. Ils cassèrent l’os de l'épaule d’une de nos chèvres; et l'animal en mourut peu de temps après : c'est la seule violence que nous eûmes à leur reprocher. La perte retomba sur eux; car c’étoit une des chèvres que je me proposois de laisser dans l'Isle : au reste, le Naturel coupable du délit ne le savoit pas.
Ce qui se passa dans la matinée du 18 nous éclaira sur une de leurscoutumes. Un des Insulaires, ayant amené sa pirogue près de Za Résolution , entra par le haut des écoutilles , et vola un plat d’étain. Il fut découvert; on le poursuivit , et on Je ramena à la hanche du vaisseau. Trois vieilles femmes , qui étoient dans la pirogue, poussérent des lamentations lorsqu'elles nous virent maîtres du voleur; elles se donnèrent des coups de poing terribles sur le sein et sur le visage, sans néanmoins verser une larme. Nous découvrimes la cause dés tumeurs et des cicatrices que nous apercevions aux os des joues de la plupart d’entre eux. Les coups multipliés qu'ils se portent aux joues meurtrissent la peau, et en font même sortir le sang à gros bouillon ; lorsque les blessures sont récentes, on croiroit qu'on y a produit un cercle par le
audacieuse
out ce que preuse, et, yur les courer. Ils esqui pendoit ent venus à ; chaînes de Is ne purent ssoient point ule d’une de amps apres :
r reprocher.
chèvres que e, le Naturel
nous éclaira ayant amené r le haut des ouvert; on le du vaisseau.
rogue, pousirent maîtres p poing terrimoins verser meurs et des s joues de la qu'ils se porn font même lessures sont cercle par Île
ail es COOK. (1777) 323 yen du fer. Ils se découpent, avec des instrumens cette partie du visage, en beaucoup d’autres occasions, de la même manière que les O-Taitiens se découpent le haut de la tête. J'envoyai des présens à Matenegre sii de lui témoigner combien j'étois sensible à ceux tjoc'favel regus de lui la veille. ‘La fête qu'il nous avoit He je exigeoit de moi quelque chose de pareil : je fis faire l’e ah sie à ua détachement des soldats de marine, à l'endroit où deen tr, evan ROME deren oe ge eal , devant les principaux efs et une assemblée nombreuse. Les spectateurs eurent beaucoup de plaisir eu voyant les soldats tirer par lo tons; mais nos fusées d’eau leur causèrent un ne à extraordinaire ; les fifres et le tambour, ou les oe chasse qui jouérent sur ces entrefaites, attirèrent tés leur attention. Comme il n’est permis à personne de s’a seoir derrière le Roi, il se trouvoit au fond de l'an hi théâtre ; et, pour que rien ne l'empéchat de voir pis ‘ des Naturels n'étoit placé directement devant lui Les eee rangèrent de manière à former un wie qui laissoit un espace li i id ew or depuis le siège de Poulaho Nous avions annoncé cette fête pour le soir ; les N | turels l’attendirent avec impatience , et ils em lo èr tle plus grande partie de laprés-diner à des alu &: lutte et ae ‘pugilat. Ils donnent le nom de Fangatooa an premier de ces exercices , et celui de Fookoo-au second Lorsque l’un d’eux veut lutter contre un autre, il ditte sa place à pas mesurés, en appliquant un coup éco iin la jointure du coude de l'un de ses bras, qui est plié, d’où
il résulte u :
n son creux, qu'on regarde comme le signal 1 *
324 TROISIÈME VOYACE
du défit, Sil ne se présente aucun adversaire, il retourne, de la mème manière, au point d'où il est parti, et il se rassied ; mais il se tient quelquefois assez long-temps debout sur l'aréne, et il continue alors à frapper son coude, et à provoquer un rival. Sil s’en présente un, les deux athlètes s’approchent, et montrent de la gaieté et de la bonne humeur; ils sourient ordinairement, et ils arrangeut la pièce d’étoffe qui est attachée autour de leurs reins: ils se prennent enfin par la ceinture : celui des deux qui vient à bout d’entrainer l’autre, s'efforce tout de suite de le soulever de terre, et de le jeter sur le dos; et s'il parvient, avant de le terrasser, à faire deux ou trois tours en le balangant dans les airs, son adresse ne mauque jamais d’exciter les applaudissemens des spectateurs. Quand leurs forces sont égales, ils se serrent de plus prés, et«ils entrelacent leurs jambes, ou ils se lèvent sur la pointe des pieds, afin de se renverser. Ils déploient une force prodigieuse dans ces assauts ; leurs muscles sont si tendus, qu’on les croit prêts à se rompre. Le champion quiest terrassé se retire tout de suite; mais le vainqueur s'assied durent quelques minutes , et il retourne à sa place, où les Naturels qui sont de sa bande proclament son triomphe par quelques phrases de chant d’une mesure peu animée. Après s'être tenu assis un moment, il se lève de nouveau, et il recommence ses défis : plusieurs champions se présentent auelquefois à lui; mais il a le privilège de choisir celui qu’il veut; et, quand ila terrassé son adversaire, il a aussi le droit exclusif de proposer d’autres cartels, jusqu’à ce qu’il soit vaincu ; s’il est enfin renversé, la bande opposée chante la victoire. Cinq ou six hommes se lévent souvent a-la-f is, et proposent des défis;
, il retourne, arti, et il se ig-temps de- * son coude, un, les deux ieté et. de la et ils arranyur de leurs re : celui des orce tout de ar le dos; et eux ou trois esse ne mauspectateurs.
de plus près, èvent sur la léploient une uscles sont si Le champiou le vainqueur tourne à Sa > proclament nt d’une memoment, il fis : plusieurs mais il a le ila terrassé de proposer s’il est enfin . Cinq ou six sent des défis;
dans ce cas, il est commun de voir trois ou quatre couples qui se battent en méme-temps. On est surpris de la modération qu'ils conservent dans ces exercices. Nous n’en aperçümes pas un seul qui parût mécontent ou affligé en quittant l'arène. Lorsqu'ils trouvent leurs forces si égales qu'ils désespèrent de triompher , ils cessent le combat d’un commun accord. Si l'un est renversé d'une meniére qui n’est point loyale, ou s'il reste des doutes sur celui qui a l'avantage, les deux côtés chantent la victoire, et les champions se livrent un second assaut. Le vaincu ne peut se mesurer une seconde fois contre l’homme qui Fa terrassé. |
* Ceux qui s’exercent au pugilat s’avancent de côté ; ils changent de position à chaque pas; un de leurs bras est étendu en avant, et l’autre par derrière. Ils tiennent d’une main une corde, dont ils se serrent fortement le poignet lorsqu'il se présenté un adversaire : ils arrivent quelquefoissur la scène le poignet tout garni. J'imagine qu'ils emploient ce moyen pour ne pas se disloquer la main ou les doigts. Ils visent ordinairement à la tête; ils se portent aussi des coups sur les flancs, et ils s’attaquent avec beaucoup dardeur. Ils changent de côté, et ils se battent également des deux mains. Ils tournent sur le talon, au moment qu'ils ont frappé leur antagoniste, et ils lui donnent wn coup très-sec de l’autre main par-derrière; c’est celui de leurs coups qu'ils aiment le mieux, et qui paroit le plus adroit.
I] est rare que les combats du pugilat durent lony-temps , les champions quittent l'arène , ou l’un se reconnoit vaincu. L'assemblée ne chante jamais la victoire, à moins que l’un des deux ne renverse son rival sur la poussière ;
d’où Yon peut conclure que les Insulaires préfèrent les combats de lutte. Les petits garçons pratiquent ces deux exercices; et on voit souvent de petites filles se battre osiuiâtrément de la même manière. Ils ne semblent point du tout honteux d’être vaincus; le champion malheureux se rassied avec autant d'indifférence que sil n’étoit pas entré en lice. Quelques-uns de nos gens voulurent mesurer leurs forces dans ces deux sortes de combats; mais ils firent toujours battus, si j'en excepte un petit nombre de cas, où les champions du pays n’usérent pas de leurs avantages, de peur de nous offenser.
En réfléchissant sur le penchant au vol de la’ plupart des Insulaires, et sur leur adresse à dérober ce qu'ils n’espéroient pas obtenir loyalement, je sentis que notre bétail, qui se trouvoit alors à terre, courroit des risques, malgré toutes nos précautions. Je crus devoir déclarer que je me proposois de leur laisser quelques-uns de nos quadrupèdes, et même en faire la distribution avant notre départ.
Le 19, dans la soirée, j'assemblai tous les Chefs ut Ja maison que nous occupions : je donnai au Roi un jeune taureau d'Angleterre et une vache; à Mareewagee, un bélier du Cap et deux brebis; et à Feenou, un cheval ct une jument. Comme j'avois annoncé cette distribution la veille, la plupart des Insulaires , qui étoient aux environs de notre petit camp, y assistérent. Je recommandai à Omai de dire que leur Isle étoit éloignée de plusieurs mois de navigation, des pays où l’on trouve de pareils animaux; que je les avois amenés de si loin pour leur usage , et que cette transplantation m’avoit occasionné beaucoup de peines et de dépenses ; qu'ils feroieut mal s'ils en tuoient
n'étoit pas ent mesurer ts; mais ils nombre de as de leurs
la‘ plupart à qu’ils n’esotre bétail, es, malgré que je me os quadrut notre dé-
hefs st oi un jeune wagee, un n cheval ct ribution la x environs
mmandai a sieurs mois ; animaux ; ge, et que up de peien tuoient
comme il montroit tant d’indifférence, je les ajoutai à la
DE COOK. (1777) 327 | un seul avant que la race en fit trés-multipliée ; et enfin qu'il devoient, eux et leurs enfans, se souvenir qu'ils les avoient reçus des Navigateurs de Britane, Omai leur expliqua d'ailleurs le parti qu'on en pouvoit tirer, et la manière dont il falloit en prendre soin; au reste, il s'expli- | qua sans doute fort mal sur ce dernier article, car il étoit peu instruit des détails de l'économie rurale. Voutant laisser avec le reste de notre bétail , jusqu’à ce que nous fussions au moment de notre départ, les quadrupèdes dont , je venois de faire présent aux Insulaires, j'engageai les Chefs à envoyer à notre bergerie un homme ou deux qui s'habitueroient à ces animaux, et qui acquerroient des instructions sur.la façon de les soigner: Poulaho et Feenon suivirent mon conseil; mais ni Mareewagee, ni personne de sa suite, ne s'occupa des moutons qu’il avoit eus en partage, et le vieux Toobou ne vint point à cette assemblée, quoique je l'y eusse invité, et qu’il fut dans les ant environs. Je me proposois.de donner en outre des chèvres, un mâle et deux femelles à Mareewagee; mais,
portion du Roi.
Je ne tardai pas à connoitre que le partage avoit mécontenté bien du monde; car on m’avertit le lendemain qu’il nous manquoit un chevreau et deux cogs d'Inde. Je- | |
ne pouvois imaginer qu’ils se fussent perdus par hazard ,. et je résolus de ne pas les laisser entre les mains des voleurs. Pour cela, je commençai par saisir trois. pirogues. qui se trouvoient à la hanche des vaisseaux. Je descendis ensuite à terre, et ayant rencontré le Roi, son frère, | Feenou, et quelques autres Chefs, dans la maison que nons. | occupions , je leur donnai une garde; et je leur fis com- 1
prendre que je les tiendrois aux arrêts jusqu'à ce qu'en m’eût rendu, non-seulement le chevreauet les coqs d'Inde, mais tout ce qu'on nous avoit derobé à différentes époques. Lorsqu'ils se virent prisonniers, ils dissimulèrent Jear chagrin autant qu'ils purent; et après m'avoir assuré qu'ou me rendroit tout, ainsi que je le désirois, ils s’assirent, et burent la Kava d’une manière enjouée et tranquille : on me rapporta bientôt une hache et un coin de fer. Sur ces éntrefaites, quelques Naturels en armes se rassemblèrent derrière notre maison ; mais ils se dispersérent dès le moment où nus soldats de marine marchèrent contre eux. Je recommandai aux Chefs de défendre ces attroupemens; ils donnèrent en effet des ordres. auxquels Jes habitans du pays obéirent. Je les engageai à venir diner avec moi à bord, et ils y consentirent de bon cœur. Plusieurs Insulaires ayant ensuite représenté que le Roi ne devoit pas quitter la côte, le Prince se leva à l'instant , et déclara qu'il étoit prêt à partir. Nous nous rendimes donc sur Z Résolution ; le Prince et sa suite y demeurèrent jusqu’à quatre heures , et je les reconduisis dans l'lsle: biens tôt après on me ramena le chevreau et un des cogs. Ils promirent de nous livrer l’autre le lendemain ; comptant sur leur parole, je relächai les pirogues , et je rendis la liberté aux Chefs. °
Quand Irs Chefs nous eurent quittés, nous fimes une promenade, Omai et moi, afin d'observer un des repas des Naturels; car c’étoit un des momens de !4 journée où ils inangent. Je trouvai qu'ils avoient en général de bien petites rations. Il ne faut pas s'en étonner, puisqu'ils nous avoient vendu la plupart des ignames et des autres provisions qu'ils avoient apportées; et qu'ils ne pensoient jamais à
à ce qu'on qs d'Inde, entes éposimulérent roir assuré , ils s’assie et tranin coin de armes se se dispersarchèrent endre ces , auxquels enir diner cœur. Plule Roi ne instant , et imes donc neurérent Isle: biene 5 cogs. Ils ptant sur la liberté
imes une repas des se où ils n petites s avoient ovisions jawais à
DE COOK. (1777) 329 retourner dans leurs bourgades , tant qu’ils rencontroient quelque esnéce de subsistance autour de notre camp. Nous étions établis sur une pointe de terre en friche; et, à proprement parler, aucun des Insulaires ne résidoit à un mille de nous : il se trouvoit une foule si nombreuse d'étrangers sur les districts où commencent les cultures, que nous nous attendions à y voir les maisons remplies de monde. Nous nous trompions : les familles qui y résidoient p’avoient pas un seul Lôte. Tous les étrangers vivoient sous des angars mal construits, ou sous des arbres et des buissons. Nous remarquâmes qu'on avoit coupé lés branches des cagotiers, afin de bâtir des huttes pour les Chefs,
Nousrencontrâmes, durant cette promenade, une demidouzaine de femmes qui soupoient au même endroit. On mettoit les morceaux-dans la bouche de deux d’entre elles, et lorsque nous en demandâmes la raison, on nous dit qu'elles étoient Taboo-Mattee. Nous apprimes, en fai-
sant des recherches ultérieures, que l’une avoit lavé le
cadavre d’un Chef deux mois auparavant , et qu’elle ne devoit toucher aucun aliment pendant cinq mois : l’autre avoit aussi lavé le cadavre d'une personne d’un rang inférieur , et elle étoit soumise à la même abstinence, qui devoit finir plus tôt, Nous aperçümes, à peu dedistance dela, une iroisième femme à qui on mettoit également les morceaux dans-la bouche: on nous avertit qu’elle avoit aidé à laverle corps du Chef dont je parlois tout-àl’heure.
Le Roi arriva à bord le a1, dès le grand matin; il venoit m'inviter à un spectacle qu'il vouloit donner le même jour. Sa toilette étoit déjà faite ; le barbier lui avoit barbouillé toute la tête d'un fard rouge, afin de rougir ses
cheveux , qui éloient naturellement d'un brun foncé. Je Yaccompagnai à terre après le déjeûner, et je trouvai ses gens occupés à planter, au front de notre maison, quatre longs poteaux, a deux pieds de distance l’un de l’autre, et de cette manière (0°) : L’espace entre les poteaux fut ensuite rempli d’ignames; et à mesure que les Naturels le remplirent, ils eurent soin d'assujétir les poteaux avec des bâtons placés à environ quatre pieds d'intervalle, afin d'empêcher que la pression des ignames ne les séparat. Lorsque les ignames eureut atteint le sommet des premiers poteaux, ils en superposèrent de nouveaux, et les deux pyramides s’élevèrent à plus de trentépieds. Ils placèrent au sommet de la première, deux cochons cuits au four ; ils mirent un cochon vivant au haut de la seconde, et ils attachèrent au milieu un secoud cochon par les pieds. Nous fames étonnés de la facilité et de la promptitude avec laquelle ils formèrent ces pyramides. Si j'avois ordonné aux matelots d'exécuter un pareil ouvrage, ils auroient juré qu’on ne pouvoit le faire sans charpentiers ; les charpentiersauroient employé douze instrumensdivers, et au-moins cent livres de clous, et avec tous leurs moyens, ils auroient mis à cette opération autant de journées que les Insulaires y mirent d'heures. Mais les matelots , comme la plupart des animaux amphibies , sont de peu de secours à tcrre. Quand les Naturels eurent garni de provisions ces deux pyramides , ilg rassemblérent plusieurs autres tas d'ignames et de fruits à pain, de chaque côté de la scène; et ils apportérent ensuite une tortue , une quantité considérable d’excellent poisson, une pièce d'étoffe, une natte, et quelques plumes rouges : le Roi vouloit me faire présent de toutes ces choses; il sembloit désirer que son présent
n foncé. Je trouvai ses son, quatre de l'autre, poteaux fut Naturels le 1x avec des rvalle , afin les séparat.
les premiers et les deux 3. Ils placens Cults au la seconde, non par les > la prompes. Si j'avois ouvrage , ils arpentiers ;
ensdivers, rs moyens, nées que les , comme la e secours à visions ces
autres tas le la scène; ntité consi- , une natte, ire présent son présent
DE COOK. (1777) 331 surpassat celui que j'avois reçu de Feenou à Hapace, et il y réussit.
Ils commencèrent à une heure le Maz ou les danses. La première fut presque une répétition de celle que nous avions vue à la fête de Mareewagee. La seconde eut pour premier danseur Toobou, l’ami du Capitaine Furneaux ; quatre ou cinq femmes y parurent, et elles exécutèrent les évolutions et les pas avec autant d’exactitude que les hommes. Les acteurs se divisèrent en deux bandes, et abandonnérent la scène à deux champions, qui se livrérent un de ces-combats simulés de massues, dont j'ai déjà fait la description, A la fin de la troisième danse, qui fut la dernière, deux autres guerriers arrivèrent avec. leurs massues, et montrérent beaucoup de dextérité. Des combats de lutte et de pugilat remplacérent ces danses; lun des Insulaires entra dans la lice avec une espèce de massue composée de la tige d’une feuille de cocotier, qui est dure et pesante ; une arme aussi redoutable effraya sans doute les rivaux, et il ne s’en présenta point (*). Qn répéta le Bomaï pendant la nuit; Poulaho lui-même y dansa, vêtu d'étoffes d Angleterre : mais les danses exécutées durant ce‘te nuit, ou durant cette journée, ne furent ni aussi belles, ni aussi animées que celles de Feenou , ou de Mareewagee; et il n’est pas besoin d’en parler davantage.
Je dinai à terre, afin de ne perdre aucune partie du spectacle. Le Roi s’assit à ma table; mais il ne voulut ni boire ni manger. Je reconnus que la présence d’une
(*) Je ne me suis point trompé sur le sens de l’original, et s’il n’y a pas de faute d'impression, il faut entendre la phrase dans un sens ironique, ( Note du Traducteur.)
femme, que j'avois invitée à ce repas, d’après ses sollicitations, Parrétoit : nous découvrimes ensuite qu’elle étoit d'un rerg supérieur au sien. Dés que cette femme si imposante eut dîné, elle s’avanca vers le Roi, qui mit ses mains sous les pieds de sa Souveraine, et elle se retira. Au même instant , Poulaho plongea ses doigts dans un verre de vin, et il reçut les hommages de tous les gens de sa suite. C’est la seule fois que nous l’ayioné vu donner à quelqu'un des marques de respect. I! me demanda des feux d'artifice, et j'en fis tirer le soir; malheureusement les pièces se trouvèrent gâtées, et elles ne remplirent pas l'attente des spectateurs.
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