‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 82 · PT LE · texte numérisé non relu

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surde d'ordonner au Capitaine Cook d'employer une

artie de son temps à les vérifier que de lui enjoindre

e marquer la position de Zélliput ou de Brobdignac. Si ces dernières terres sont reconnues pour des Isles créées par Swift, les détroits de Fuca et de Fonte, dénués de tonte espèce de témoignages suffisans, offrent des absurdités si palpables, qu'on a tous les droits possibles de les mettre au rang des impostures. Les irstructions que reçut M. Cook étoient fondées sur une connoissance exacte de ce qu’on avoit déjà fait et de ce

ui restoit encore à faire: on sentit qu'il seroit inutile

e commencer la recherche cu passage avant d’être arrivé à cinquante-cinq degrés de latitude; et les lecteurs judicieux seront du même avis s’ils font attention aux remarques suivantes.

Middleton, qui fut chargé du Voyage à la buie de Hudson, entrepris en 1741 et 1742, s'éleva au Nord dans cette partie du Globe, plus loin qu'aucun de ses prédécesseurs ; mais , quoique d’après ses connoissances sur cette baie, où il aVoit navigué sovycut :: service de la Compagnie, il eût conçu l'espoir ‘y ‘ver une entrée dans l'Océan Pacifique, les observations de son dernier Voyage le déterminèrent à change d'opinion , et ce qu'il rapporta à l’Amirauté étoit défavorable au passage. M. Dobbs, dont le zèle avoit donné lieu à cette entreprise, ne fut pas du même avis; et le térroigras de EL un des Officiers de l'expédition ‘ayant confirmé dans ses premières idées sur la possibilité de ce passage, il en appela au public; il accusa Middleton d’avoir altéré les faits, et, de concert avec la Compagnie de la baie de Hudson, d’avoir, par des vues intéressées, soutenu l'impossibilité du passage, quoique les découvertes de son propre Voyage l'eussent mis à sa portée. |

*Middleton avoi: trouvé, entre le soixante-cinquiéms et le soixante-sixième degrés de latitude, une ent:': fort considérable dirigée vers l'Ouest, et dans laque: il pénétra avec ses vaisseaux; «« et, après avoir exams » les marées à diverses reprises. et s'être eiforcé durant » trois semaines de découvrir la nature et la direction » intérieure de l'ouverture, il reconnut que le flot vew noit toujours de l'Ouest, et que c'étoit une grande

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… rivière, à laquelle il donna le nom de rivière de Us Wager(*)».

# M. Dobbs contesta l'exactitude ou plutôt la fidélité de ces détails; il soutint que la rivière de Middleton ese un détroit, et non pas une rivière d’eau douce; que si Middleton l’avoit examinée convenab'ement, il y au- …roit trouvé un passage à l'Océan occidental d’ Amérique. Le peu de succès de l'expéditon ne servit donc qu’à . fournir à M. Dobbs de nouveaux argumens pour tenter ce passage encore une fois; et ayant fait accorder par un acte du Parlement les vingt mille livres sterlings * de récompense dont on a parlé plus haut, il parvint à déterminer une société d'amateurs et de négocians à équiper Ze Dobbs et la Californie : on di hu ue ces vaisseaux viendroient à bout de pénétrer dans l'Océan + Pacifique par l’ouverture que le Voyage de Middleton Havoit indiquée , et sur laquelle on supposoit que ce Navi- .gateur avoit trompé le public dans son rapport.

Cette nouvelle expédition n'eut pas plus de succès ‘que les autres; on sait que le Voyage du Dobbs et de da Californie confirmèrent au-lieu de détruire les as- \ sertions de Middleton. On apprit que le prétendu dé-

troit n’étoit qu'une rivière d’eau douce, et on détermina exactement jusqu’à quel point elle est navigable du côté de l'Ouest. Mais, quoique le détroit de Wager eût trompé nos espérances, ainsi que l'entrée de Rankin, qu'on reconnut alors pour une baie fermée; quoique | les autres argumens tirés de la direction qu'on supposoit aux marées, dans la baie de Hudson, parussent être sans fondement, tel est notre goût pour une opinion une fois adoptée, que même après l'expédition infructueuse du Dobbs et de la Californie, plusieurs persounes crurent à l’existence d’un passage par quelque ‘autre endroit de cette baie. L'entrée de Chesterfield (appelée auparavant de Boweden ) laquelle git ent: 2

le soixante-troisième et le soixante-quatrième degrés de

latitude, fut substituée au détroit de Wager, et ceux

. que les premières tentatives u’avoient pu détramper , ft tormèrent sur ce point les plus vives espérances. M. Ellis,

*; Voyez l'extrait de son Journal, publié par M, Dobhs..

qui fut du Voyage du Dobbs et de la Californie, et qui en a écrit l’histoire, l'indique comme un des en dde où l'on peut chercher le passage, d'aprés des motifs raisonnables, et avec de trés-bons effets (1); il indique aussi la baie Repulse, située aux environs du soixante-septième degré de latitude; mais il en parle avec moins de confiance; il se contente de dire qu'une tentative faite de ce côté doit approcher davantage de la découverte (2). Il avoit des raisons de mesurer ainsi ses termes, car le comité qui dirigeoit l'expédition, convaincu de l'impossibilité d’effectuer le passage à la baie Repulse, avoit refusé des vaisseaux pour cette baie, sur laquelle il ne lui restoit aucun doute (3).

En écartant donc la baie Repulse, où nous n’avons aucune raison de croire qu'il existe des entrées, les seules parties de la baie de Hudson où l’on put faire de

elles recherches, étoient l’eztrée de Chesterfield,

me pelite portion de côte entre le soixante-deuxième degré de latitude, et ce'qui est appelé la pointe méridionale de la grande terre, que /e Dobds et la Cali= fornie n’avoient pas reconnue.

Mais ce dernier rayon d'espoir ne tarda pas à s’évanouir. M. Dobbs avoit accusé hautement la Compagnie de la baie de Hudson de ne vouloir contribuer en rien à la découverte d’un passage au Nord-Ouest, et Je public sembloit croire l’accu*ation bien fondée. Il faut pourtant rendre justice à cette Compagnie; elle équipa, en 1721, un vaisseau pour tenter de nouveau le passage au Nord-Ouest; elle chargea MM. Knight et Barlow de la conduite du Voyage, et on n’a plus en teudu parler ni d’eux ni du monde qu’ils emmenerent. M. Scroggs, qui alla les chercher en 1722, rapporta seulement des preuves de leur naufrage, sans aucune information nouvelle sur l'existence du passage que ses instructions lui enjoignoient aussi de tenter. La même

(1) Ellis’s Voyage , p. 388.

(2) Lbid. p. 330.

(3) Voyez la relation du Voyage par le secrétaire de la Californie, Vol. Il, p. 273. M. Dobbs dit Ini-mime qué croyoit le passage impraticable, ou du-moins très-dificile, sion le trouvoit, «usdela de 65 degrés, (Account of Hudson, p.99.)

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Compagnie envoya un autre vaisseau et une chaloupe, en 1737, mais ce fut en vain. Si l’on suscita des difficultés à Middleton et aux commandans du Dobbs et de la Californie, on doit convenir que le Directeur et le Comité de la Compagnie de la baie de Hudson ont bien réparé les fauies de leurs prédécesseurs ; et il est aisé de prouver qu'ils ont fait tout ce qu’avoit droit d’exiger le public pour achever les recherches d’un passage au Nord-Ouest. ,

Le Capitaine Christophe appareilla , en 1661, du fort Churchill, sur le slope le Churchill, et son Voyage ne fut pas absolument infructueux; car il reconnut l'entrée de Chesterfield, où en général on espéroit un passage, d’après le Journal de M. Ellis. IL revint lorsqu'il trouva l'eau moins salée; il en conclut avec raison qu’il n’étoit pas dans un détroit, mais dans une rivière.

Toutefois, afin de ne laisser aucun doute, on lui ordonna de recommencer le Voyage sur le même bâtiment, et M. Norton fut chargé de le suivre dans une grande chaloupe. Le Directeur ct le Comité de la Compagnie de la baie de Hudson firent publier tout de suite les Journaux du Capitaine Christophe et de M. Norton, ainsi que la carte de l'entrée. 11 paroit, d’après ces documens authentiques, qu'il n’y avoit plus rien à reconnoitre dans lentrée de Chesterfield. On trouva qu'elle étoit terminée par un lac d’eau douce, à environ cent soixante-dix milles dela mer; on découvrit en outre que ce lac a environ vingt-une lieues de longueur, de cinq à dix de large, et qu'il est complettement fermé de chaque côté, excepté à l'Ouest, où l’on rencontre un petit ruisseau, M. Kfton et l'équipage de la grande chaloupe ayant débarqué pour examiner ce ruisseau, ils le remontèrent; ils virent qu'il aboutit bientôt à trois cascades, qui sont placées l’une au-dessus de l'autre, et qui n’ofirent pas l'eau nécessaire à un petit canot; ils y aperçurent d’ailleurs plus haut, dans un espace de cing ou six milles, des dos d’ânes presqu'à sec d’un bord à l’autre. ;

Ainsi se terminérent les disputes sur l'entrée de Chesterfield et sur le passage dans l'Océan occidental, que M. Ellis avoit fait espérer. L'autre partie de la côte, depuis le soixante-deuxième degré de latitude jusqu'à

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