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fo INTRODUCTION
la pointe méridionale de la grande terre, où l'on ese péroit également trouver un passage, ont été très-bien reconnues ces années dernières. C'est là qu'est situee la baie Pistol, dont l’auteur qui a écrit le dernier sur a probabilité d'un passage ord-Ouest (*), parle comme du seul point de la baie de Hudson, où cette cominunication occidentale peut encore exister. Mais ce point a été examiné aussi; et je ne craindrai pas d'assurer le lecteur, d’après l’autorité du Capitaine Christophe, qu'il n’y a point d'entrée un peu considérable dans toute cette partie de la côte. Le Capitaine Christophe a même fait sur un bateau ov vert le tour du fond de ce de appelle la baie Pistol, et au-lieu d’un passage
ans la Mer Occidentale, il a reconnu qu’elle ne se prolonge pas a plus de trois ou quatre milles vers l’intérieur du pays. |
Outre ces expéditions par mer, qui démontrent qu'il ne falloit pas chercher un passage au Sud de soixantesept degres de latitude, nous devons à la Compagnie de la baie de Hudson un Voyage par terre, qui a jeté beaucoup de jour sur cette matière, en donnant des
reuves, qu’il est permis d'appeler démonstratives, sur a hauteur Nord à laquelle devoient s'élever les vaisseaux, du-moins en quelque partie de leur route, avant de pouvoir passer d’un côté de l’Æmérique à l’autre. Les Sauvages établis dans les parties septentrionales du Nouveau-Monde, qui viennent commercer aux Forts de la Compagnie, nous avoient fait connoîtreune rivière appelée Riviere de Cuivre, à cause de la quantité de ce métal dont elle est remplie. M. Doobs parle beaucoup de cette rivière dans ses Mémoires, et il inter prèle en faveur de son systéme tout ce qu’en Cisvient es Sauvages. La Compagnie, voulant la reconnoitre d’une manière précise, ordonna au Gouverneur du Fort du Prince de Galles de faire partir parterreun homme
- intelligent et digne de confiance , sous l'escorie de quel-
ues Sauvages, habitans des districts sepientrionaux e l'Amérique; de lui enjoiudre de remonter la Riviere
(*) Imprimé à Londres, chez JefFervs, en 1568. « Il reste lone Al LA . a .
à examiner l'ouverture appelée Pistol-Buy , qui se trouve dang la baic de Hudson », p. 122,
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GENERALE. 4x de Cuivre, de relever exactement sa direction, et de la suivre jusqu'à la mer, où elle a son embouchure. M. Hearne, jeune homme qui se trouvoit au service de la Compagnie, et qui avoit été Officier de Marine, très: propre d’ailleurs à faire des observations pour déterminer la longitude et la latitude, età marquer sur une carte les terrains et les rivières qu'il traverseroit, fut chargé de ce service.
Il partit en effet le 7 Décembre 1770, du Fort dz Prince de Galles, situé sur la rivière Churchill, par cinquante-huit degrés cinquante minutes de latitude, et il a raconté fidèlement, dans son journal, chacune de ses opératioas. Le public accueilleroit ce journal avec intérêt, puisqu'on y trouve un tableau naif et sans art de la manière de vivre des Sauvages, du peu de moyens de subsistance dont ils sont pourvus, et de la misère extraordinaire, à tous égards, des diverses tribus qui n'ont point de demeures fixes, et qui passent leur triste vie à parcourir les affreux déserts et les lacs glacés de l'immense espace qu'a traversé M. Hearne, et qu'on peut dire avoir été ajouté par lui à la-Géographie du Globe. En général, il fit route au Nord-Ouest. Se trouvant, au mois de Juin 1771, à un endroit appelé Conge~ Catha-Wha-Chaga, il fit deux bonnes observations sur la hauteur du soleil à midi, dont le résultaé moyen indique soixante-huit degrés quarante-six minutes Nord pour la latitude de cette place : sa longitude estimée est de vingt-quatre degrés deux minutes a l'Ouest de la rivière Churchill. 11 partit de Conge-Catha Wha-Chaga le 2 Juillet, et marchant toujours à l'Ouest vers le Nord, il atteignit la Rivière da Cuivre le 33, et il fut bien étonné de la trouver si différente de la description des Sauvages ; car, loin de pouvoir porter un vaisseau, elle est à peine accessible à un canot Indien: trois cascades encombrées par des bas-fonds et des dos d’ânes de pierres se montrerent à lui toutes-a-la-fois.
M. Hearne commença ici à reconnoitre la rivière. Il continua son travail jusqu’à l'embouchure, près de laquelle les Sauvages dont il étoit accompagné massacrerent vingt-un Eskimaux, qu’ils surprirent dans leurs tentes. M. Hearne décrit ainsi son arrivée au bord de
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42 INTRODUCTION l'Océan. « Lorsque mes Sauvages eurent pillé tout le
cuivre, etc., qu’ils trouvèrent dans les tentes des Eskimaux, ils se montrérent, disposés de nouveau à me onner des secours, pour achever la reconnoissance de la rivière ; je voyois alors la mer qui se prolongeoit du Nord-Ouest-quart-Ouest au Nord-Est, à la dis tance d'environ huit milles. Ce fut sur les cinq heures du matin du 17, que je repris mon travail : je ne tardai pas à arriver à l'embouchure de la rivière; je pti M LE de plus en plus qu'elle n’étoit pas navigable et qu’il étoit impossible de la rendre telle; car je la crois partout remplie de bas-fonds et de cascades, et, à son entrée. dans la mer, elle débouche sur une portion applatie ou à sec de la-côte. Le flot venoit de finir; la marque laissée sur les bords de la glace me fit juger qu'il s'élève de 12 à 14 pieds, et qu'il pénètre à peine dans la rivière. En eltet, l'eau de Ja rivière n’étoit point du tout saumâtre; mais d'après la quantité considérable d'os de baleine et de peaux de veaux marins, que les Eskimaux avoient dans leurs tentes, d’après la multitude de veaux marins que j’apercus sur la glace, je suis sûr que c’étoit l'Océan ou un bras de l'Océan. La mer, à l’embouchure de la rivière, me parutremplie d’Isles et de bas-fonds aussi loin que je pus voir avec une lunette de poche : la glace n’étoit. pas encore rompue; elle commençoit seulement à fondre, à environ trois
uarts de mille de la cole, et à peu de distance autour
es Isles et des bas-fonds.
» La reconnoissance de la rivière fut achevée vers une heure du matin du 18; mais, à ces haules latitudes et à cette époque de l’année le soleil est toujours assez élevé sur l'horizon. J’eus alors une petite pluie et une brume épaisse; et jugeant que la riviére
et la mer ne pouvoient, à aucun égard , être de quel- :
qu'utilité, je ne crus pas devoir attendre le beau temps pour observer exactement la latitude. Mais je pris des soins extraordinaires pour marquer Ja roule et les distances que j'avois parcourues depuis Conge- Catha-Wha-Chaga, où je fis deux bonnes observations, et on peut compter que je ne me trompe pas de vingt milles sur la latitude ».
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La carte qu'a dressée M. Hearne durant son intéressant Voyage, et qu'on nous a permis de copier sur notre carte générale, indique l'embouchure de la Riviere de Cuivre, à 72 degrés de latitude, et plus de 25 degrés de longitude à l'Ouest du fort d'où il partit (1).
On sent tout le prix des découvertes de ce Voyage. Il en résulte que le Continent de l'Amérique Septen-= trionale se prolonge beaucoup au Nord-Ouest de la baie de Hudson, puisque M. Hearne fit pres de 1300 milles avant d’arriver à la mer. Il se porta à près de 600 milles à l'Ouest de la côte de la baie de Hudson (2); et plusieurs faits, rapportés dans son Journal, indiquent que les Sauvages qui lui servoient de guides savoient que l'Amérique s'étend bien plus loin de ce côté. L’un
e ces faits nous offrant d'ailleurs une peinture frappante de la vie sauvage, je l’ai transcrit dans la note. (3).
(1) M. Hearne ne fut de retour au Fort du Prince de Galles, que le 30 Juin 17992. Son Voyage avoit été de dix-neuf mois. Les fatigues et les peines extraordinaires qu’il souffrit, et le service distingué qu’il rendit à la Compagnie, furent dignement récompensés ; il est aujourd’hui Gouv¢gneur du Fort du Prince de Galles, où il a été faic prisonnier par les Francois, en 1782, et ob il est retourné l’#ié dernier,
(2) La Compagnie de la baie de Hudson a un Comptoir appelé Hudson’s House, à plus de 500 milles dansl’intérieur du pays, par 53 degrés 32 secondes de latitude, et 106 degrés 27 minutes 30 HA de longitude.
(3) Le 11 Janvier 1772, mes Sauvages chassérent; quelquesuns d’entre eux apercurent des traces sur la neige; et, les ayant suivies long-temps , ils arrivèrent à une petite cabaue où ils trouvérent une jeune femme : ils l'amenérent à nos tentes ; et, après lavoir interrogée, ils surent qu’elle étoit de la race des Indiens de l'Ouest, surnommés Dog Ribbed (Côte de Chien); qu'elle avoit été faite prisonnière par les Aratha-Pescow, durant l'été de 1970 ; que, lorsque ses vainqueurs arrivèrent près de cet cndroit pendant l'été de 1771, elle se sauva avec le projet de retor:rer dans sa patrie; mais, comme elle en étoit fort éloignée, et q. ‘un l’avoit amenée ici en pirogues, sur des rivières et des lacs dune direction tortueuse , elle avoit oublié le chemin, et elle avoit vécu dans sa petite cabane depuis'le commencement des neiges. D'après son compte des lunes qui s’étoient écoulées , il paroît qu’elle avoit quitté les tratha-Pescow vers le milicu du mois de Juillet, et qu’elle n'avoit pas vu une figure humaine depuis ce temps-là. Elle avoit pourvu à sa subsistance, en prenant dans des filets des lapins, des perdrix et des écurenils ; elle se portoit alors fort bien ; ele n'étoit pas maigre, etje ne crois pas avoir vu de plus belle
Ce que je publie ici pour la première fois, d’une manière authentique, touchant les découvertes faites par la Compagnie de la baie de Hudson, étoit trèsconnu en 1776, du premier Lord de l’Amirauté; et la liaison intime de ces découvertes avec le plan du troisième Voyage de Cook, dirigea les instructions qui furent données à ce Navigateur.
N’est-il pas clair maintenant que l’article des in structions données à M. Cook, par lequel on lui enjoignoit de ne pas perdre son temps à reconnoitre des
Indienne dans aucune partie de Y Amérique Septentrionale. File avoit été réduite à convertir en filets les nerfs des jambes et des pieds des lapins, ct la fourrure de ces quadrupédes lui avoit
rocuré des vétemens très -chauds pour l'hiver. Quand elle prit a fuite, elle n’emporta autre chose, qu'environ cinq ponces d’un cercle de fer, dont elle vouloit faire un couteau, une pierre à aiguiser, qneliues pierres à fusil , des substances propres à allumer du feu , telles qu’une espèce d’amadou, etc. ; environ un pouce et demi de la pointe d’un dard en fer, dont elle forma une aléne, Elle fut à peine dans nos tentes, qu’une dixaine de mes sauvages se battirent à coups de poings, pour savoir qui l’ohtiendroit pour femme, Elle raconta que les rgtha-Pescow s’étoient glissés, <.urant la nuit, dans les terres de && Tribu, au moment où chacun de ses compatriotes se trouvoiténdormi, et qu'ils avoient massacré tout le monde, excepté elle et trois autres jennes femmes. Son pire » Sa mère et son mari, qui étoient dans la même tente qu’elle, urent tués. Elle enveloppa son enfant dans un paquet d’ctoffe; la nuit, et sans étreaperçue, elle l’emporta avec elle ; mais lorsqu’elle fut arrivée à l'endroit où les Aratha-Pescow avoient laisse leurs femmes, endroit qui ne se trouva pas éloigné, le jour commengoit à luire, et les femmes de ses vainqueurs ayant examiné tout de suite son paquet, elles découvrirent l'enfant, qu’elles lui enlevérent, et qu'elles mirent à mort. La relation de cet événement affreux ne produisit, sur mes Sauvages, d'autre impressian que celle du rire. Sa patrie étoit si loin à l'Ouest, qu’elle disoit n’avoir jamais vu de fer, ou aucune espèce de méta!, avant qu’on Petit faite prisonnière : les Indiens desa Tribu fabriquent leurs haches et leurs ciseaux avec des cornes de cerfs ; lenrs couteaux avec de la pierre ou des os; leurs traits sont armés d’une sorte d’ardoise, d’os et de corne de cerf; et les instrumens a\ ec lesquels ils travaillent le bois ne sont autre chose que des dents de castor. Ils ont souvent oui parler des matitres utiles que les peuplades établies à PFst tirent des Anglois ; mais , au-lieu de chercher à se rapprocher de nos forts, pour se procurer des outils de fer,'etc. , ils sont obligés de se retirer davantage sur les derrières , pour éviter les Aratha- Pescow, qui, à chaque hiver, en massacreat une quantité coos sidérable, Sournat manuscrit de M. Hearne.
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riviéres on des entrées, ou pour quelque cause que ce fit, avant d’étre arrivé à 65 degrés de latitude étoit très-judicieuse, puisqu'on avoit des preuves indubitables qu'il n’existoit point de passage à la hauteur de la baie de Hudson, et que, s’il étoit possible d'effectuer un passage en tout ou en partie, les vaisseaux seroient obligés de s’elever au Nord jusqu’au 72.° parallèle, point où M. Hearne rencontra la mer ?
Pour montrer encore mieux la justesse de cet article des instructions, je puis ajouter que Behring ayant, en 1728, suivi le Continent d'Asie, jusqu’à 67 degrés de latitude, il étoit à désirer que M. Cook, s’approchant de ce parallèle, se miten état de nous rapporter des informations plus authentiques que celles qui circuloient alors en £urope sur la position relative et la proximité des deux Continens : il étoit mème absolument nécessaire de connoitre la position relative et la proximité des deux Continens, avant que la possibilité de-la navigation dans une direction quelconque au Nord, entre,la Mer Pacifique et l'Océan Atlantique, fût déterminée.
Ce n’est pas tout; les recherches dans une latitude inférieure, qu’indiquent les partisans des prétendues découvertes de l'Amiral de Fonte ( si toutefois il y a encore de ces partisans ), ont été faites d'une manière satisfaisante. Les Espagnols, que nos derniers Voyages ont excités, et auxquels nos visites multipliées dans l'Océan Pacifique ont donné un foible goût pour les entreprises de celte espèce , ont suivi plus d’une fois nos vaisseaux au milieu des Isles situées sousle Tropique Austral : ils ont aussi ordonné des expéditions pour reconnoitre le Continent d'Amérique jusqu'au Nord de la Cali fornie. On regrette que des raisons quelconques aient empéché le Cabinet de Madrid de révéler complètement les opérations de ses Navigateurs, et d’imiter la noble franchise qu'ont adoptée les autres Nations. Par
bonheur M. Daines Barrington est venu à bout de se L'ART un Journal authentique du dernier voyage
es Espagnols à la côte d'Æmerique, fait en 1775. Co Journal, aujourd’hui imprimé , donne des détails d’une véritable importance pour la Géographie, et on y a renvoyé plus d’une fois dans les notes de celui-ci; il est surtout précieux, en ce qu'on y trouve la reconnoissance
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de quelques parties de la côte dont M. Cook, arrété par des vents défavorables, n’a pu approcher. L'extrait suivant, tiré de ce Journal, fermera la bouche à ceux qui voudront représenter comme une imperfection dans le Voyage de M. Cook, l'occasion qui lui a manqué d'examiner la côte d'Amérique sous la latitude assignée aux prétendues découvertes de l'Amiral de Fonte. «Nous » entreprimes alors de trouver le détroit de 2’dmiral » de Fonte, quoique nous n’eussions pas encore dé- » couvert Archipel de Saint-Lazare, à travers lequel » on disoit que ce Navigateur avoit passé. Dans cette » intention, nous examinames toutes les baies et toutes » le sinuosités de la côte, et nous doublames tous les % Caps que nous pümes apercevoir : nous mellions en
» panne la nuit, afin de ne point dépasser cette entrée’
» sans la voir: d’aprés ces précautions et d'après un » vent de Nord-Ouest, qui nous étoit si favorable, » on peutassurer qu'il n'y a point de détroit (1) ». Les Espagnols se vantent, dans ce Journal, de s'être » élevés jusqu'à cinquante-huit degrés de latitude, bien » au-delà du point où les autres Navigateurs avoient pu » arriver dans ces mers (2). » Sans vouloir diminuer le mérite de leurs opérations , on nous permettra de dire que, comparées à celles de M. Cook, dont on publie ici l'Histoire, elles paroitront bien peri ronsidéral” Outre le relèvement de la terre située dans l'Océan dien austral, que M. de Kerguelen avoit reconnue, ex deux voyages, d'une manière imparfaite; omtre des découvertes importantes dans l’Archipel des Isles des Amis; outre la découverte du groupe des Isles Sandwich, situées dans la partie septentrionale de l'Océan Pacifique, et dont les relations des premiers Navigateurs n'offrent pas la plus légère trace, la lecture de cet Ouvrage montrera que, dans un seul été, M. Cook a
(1) Journal d’un Voyage fait, en 1775, par Don Francisco-
ANUS Maurelle, dans les Miscellanies de M. Barrington, . 508,
(2) Ibid. page 507. Le Journal de Maurelle nous apprend que les Espagnols avoient fait, quelque temps auparavant , un autre voyage à la côte d’ Amérique ; mais que, lors de cette première expédition, ils ne s’éleyérent pas au Nord au-delà de 55 degrés de latitude.
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découvert une portion beaucoup plus grande de la côte Nord-Ouest d'Amérique, que les Espagnols n'ont pu le faire en deux cents ans, quoiqu'ils soient établis aux environs. M. Cook a aussi prouvé que Behring et Tschirikoff découvrirent réellement le Continent d’4mérique, en 17413 il a déterminé de plus la prolongation de ce Continent à l'Ouest, en face du Âamstchatha ; vérité qué des faiseurs de Géographie, voués à des systèmes favoris, ne vouloient point du tout croire (1), et qu'on regardait comme détruite par les découvertes plus récentes des Russes, quoique Muller l'eût admise (2). ,
, Si l'on en excepte quelques portions peu considérables, il a d’ailleurs determiné la véritable position des côtes occidentales de l’Æmérique, depuis le quarante-quatrième jusqu’au atixantecdlinibnne degré de latitude; il a déterminé de plus la position de l'extrémité Nord-Est de l'Asie, en confirmant les découvertes faites par Behring, en 1728, et en y ajoutant de nouvelles découvertes très-étendues : il nous a rapporté des détails plus authentiques sur les Isles situées entre les deux Continens, que ceux qui nous venoient des négocians du Kamtchastka, à qui Behring avoit inspiré le courage de s’exposer sur cette mer (3). La position relative de
(1) Le Docteur Campbell dit, en parlant du voyage fait par Behring en 1741: « Lest évident que la découverte de Behring » mautorise pas à croire que la côte à laquelle il a touché, soit » le Continent de l’ Amérique Septentrionale ».
(a) Voyezles Nouvelles Découvertes des Russes ,.par M. Coxe, pages 26, 27, etc., de l'original. Les faiseurs de Géographie ont imaginé un Continent dans l'hémisphère austral, et des mers dans VPhémisphére Nord. 11 faut observer que si M. Cook a anéanti, dans ses premiers voyages, les terres australes imaginaires, il a compensé cette perte, en anéantissant , dans sa troisième expédition des mers du Nord imaginaires, et en remplissant le vaste espace où on'les supposoit, des côtes de l'Æmérique Sep, tentrionale, découverte par lui à l'Ouest et au Nord.
(3) Les Russes doivent, en ce point, beaucoup à l'Angleterre, Il est assez singulier qu’an de nos Compatriotes, le Docteur Campbell (Voyez son Edition des Voyages de claris, vol. Il, page 1021), ait conservé plusieurs détails précieux du premier Voyage de Behring, dont M. Maller luimêmene parle pas ; qu’une Histoire deleurs dernières découvertes ait été publiée, pour la premitre fois, par un autre de nos Compatriotes (M. Coxe), et que
48 INTRODUCTION l'Asie et de l'Amérique qu'il a fixée, et la réconnois+ sance faite par lui des bornes étroites qui séparent l’ancien du nouveau Monde, ont jeté du jour sur cetta partie importante de laGéographie, et résolu le problème embarrassant de la population de l'Amérique, par des tribus dénuées de moyens nécessaires pour entreprendre de longues navigations : enfin, quoique le principal objet de son voyage ait manqué, ce défaut de succès spa lui-même un grand avantage à toutes les
ations de la terre, puisqu'il nous indique les obstacles me doivent attendre les Navigateurs qui essayeront
ésormais d’aller aux Indes Orientales par le détroit de Behring.
J'ai lieu de croire qu’on ne regardera pas comme inutile ou trop longue la récapitulation de nos Voyages antérieurs au dernier de M. Cook, et qu'on pensera de même du Précis de ce dernier Voyage. Ces observations donneront une juste idée du vaste plan de découvertes exécuté par ordre de Sa Majesté ; et puisqu'on avoit un grand but, et que ce but a été à-peu-près rempli, il ne sera pas nécessaire de prouver d'une autre manière aux esprits élevés , que ces recherches ont dû procurer une infinité d'avantages. Il y en a d’autres sans doute qui, trop défians de leurs propres lumières, ou trop indolens pour s’en servir, voudroient qu'on fit naître aus reflexions et qu'on indiquât ces avantages : c'est pour ceux-ci que jentrerai dans les détails suivans. S'il se trouve des hommes qui ne mettent pas un grand prix au plan ou à l'exécution de nos derniers Voyages, ce que je vais dire pourra les convaincre de leur méprise, ou du-moins arrêter les effets de leur jugement défavorable.
PSI les vaisseanx du Roi de la Grande-Bretagne sient traversé le Globeen 1758, pour confirmer à l’Empire de Ru:sie la possession de près de 30 degrés, c'est-à-dire de plus de six cent milles du Continent d’.'sie, que M. Engel, égaré par son enthousiasme our la découverte d’un passage au Nord-Est, retranchoit sur la ongueur de ce Continent à l'Est. Voyez ses Mémoires Géograpiques » elc., imprimés à Lausanne en 1:65. Au reste, ces émoires de M. Engel contiennentdes faitsin: tructifs, et plusieurs de ses assertions se trouvent -onfirmées par les découvertes de M. Cook sur la câte d’{mérique.
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raversé le la possesent milles housiasme oit sur la Géograeste, ces tplusieurs hvertes de
r.° C’est un grand avantage pour le monde entier que la reconnoissance des parties du Globe les moins connues, faite en dernier lieu par nos vaisseaux , ait détruit ces théories imaginaires qui pouvoitnt donner lieu à des expéditions infructueuses.
A près les infatigables et inutiles croisières de M. Cook, dans tous les coins de l'hémisphère austral, qui s’avisera désormais de faire attention aux réveries ingéwieuses de Campbell, du Président de Brosses, et de M. de Buffon? Qui espérera établir avec le Continent austral ce commerce que l'imagination de Moupertuis nous a peint? Pourra-t-on s'empêcher de rire lorsqu'on lira dans ces ouvrages que ce Continent égale au-moins en étendue tous les Pays civilisés de l'hémisphère sep tentrional connu; qu’on peut y trouver des hommes, des animaux, et toutes sortes de productions d’une nouvelle espéce, et y fairedes découvertes qui ouvriront au commerce des sources inépuisables de richesses (*). On peut hardiment aujourd’hui déconseiller toutes les expéditions dans cette partie du Globe où l’intrépide Cook , au-lieu de cette terre de fées qu'on promettait aux Navigateurs, a trouvé seulement des rochers stériles qui offrent à peine une retraite aux pinguens et aux veaux fnarins, des mers effrayantes et des montagnes de glace, qui occupent l’espate immense où l’on plaçoit ce paradis imaginaire : voilà en effet les seuls trésors qu'on rencontrera à la suite des fatigues et des dangers d’une pareille expédition. |
Quant à l'hémisphère septentrional, M. Dobbs seroit-il venu à bout de faire un seul prosélyte ? seroit-il parvenu à faire entreprendre deux expéditions différentes ? auroit-il été encouragé par l'Administration à l'égard de sou passage favori par la baie de Hudson, si la reconnoissance des côtes de cette baie par le ‘Capitaine Christophe, et le Voyage de M. Hearne, qui a traversé toute la portion du Continent d’Æ#mérique située
(*) Voyez la lettre de Maupertuis an Roi de Prusse. L’Auteur du Discours qui précède le Voyage de M. de Bougainville aux Isles Malouines , calcule quele Continent austral, dont il avoue ' toutefois que l'existence cst plus fondée sur les conjectures des Philosophes que sur le témoignage des Voyageurs, renferme huit ou dix millions de lieues carrées,