‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme]Chapitre 12 sur 68 · TETE · texte numérisé non relu

TETE

ne “©

Li TROISIÈME VOYAGE

qui par conséquent peuvent être réputés rares ou étran-

‘» gers à leur langue, sont ceux que représentent les Gram-

mairiens par les lettres 3, d,.f, g, retv; mais ils en ont un qhi est très- fréquent, etdont nous ne nous servons pas; on le tire d’une manière assez particulière , en frappant avec force une portion de la langue contre le palais , et je le comparerois à un grasseyement rude et grossier. Il est difficile de le peindre avec un arrangement quelconque des lettres de notre alphabet : la

» syllabe /sz47 en approche un peu; c’est une de leurs » terminaisons les plus ordinaires, et on la trouve quel- » quefois au commencement de leurs mots. La terminaison

la plus générale est composée du TL, et un grand nombre de mots finissent par Z et Ss. Voici quelques exemples :

Opulszthl, Le Soleil.

Onulszthl, La Lune.

Kahsheetl, Mort.

Teeshcheetl, Jeter une pierre.

Kooomitz, Le crâne de l’homme.

Quahmiss, Du roë de poisson ou dy kavsar.

» Les règles de leur idiôme sont si vagues , que j'ai observé quelquefois quatre ou cinq terminaisons différentes dans le même mot. Ceci est d’abord très-embarrassant pour un étranger, et suppose une grande imperfection de langage.

» Jai peu de chose à dire sur la théorie de cet idiôme; à peine ai-je pu distinguer les différentes parties d'oraison. On peut seulement présumer d'après leur manière de parler, qui est très-lente et très-distincte , qu’il a

éloi

DE COOK. (1778) 75 peu de prépositions ou de conjonctions, et autant que

» NOUS AVOIiS pu nous en assurer , qu’il h’a pas même une » seule interjection pour exprimer l'admiration ou la sur- » prise. Comme il a peu de conjonctions, il est aisé de » concevoir qu'on ne les a pas jugées nécessaires pour se » faire entendre, et que chaque mot particulier auquel on » les réunit, exprime beaucoup de choses, ou comprend » plusieurs idées simples, ce qui semble en effet avoir » lieu ; mais, par la même raison, la langue sera défec- » tueuse à d’autres égards, puisqu'elle n'a pas de mots » pour distinguer ou exprimer des différences qui existent » réellement, d’où il résulte qu’elle n’est pas assez riche. » Nous fimes cette remarque en bien des occasions, et en » particulier à l'égard des noms d'animaux. Je n’ai pas » été en état d'observer, d’une manière assez complète , » l'analogie ou l'affinité qu’elle peut avoir. avec les » autres langues du continent de l'Amérique ou de l'Asie, » car je n’avois pas de Vocabulaires auxquels je pusse la » comparer , si j'en excepte ceux des Esquimaux et des » Indiens des environs de la baie d'Hudson : elle ne res- » semble en aucune manière à ces deux idiômes. Si je la x rapproche d’ailleurs du petit nombre de termes mexi- » cains que je suis venu à bout de recueillir, on y » aperçoit la conformité la plus frappante ; les mots ce » l’une et de l'autre se terminent souvent par L TL, » ou Z (*).

(*) Ne peut-on pas faire observer , à l'appui de la remarque de

M. / lerson, que Opulszthl, terme qui, dans la langue de Noctka, désigne le Soleil, et Vitziputzli, nom d’une divinité du Mexique, ont entre eux une analogie de son qui n est pas très-

éloignée.

Et Te

RE

es NE

x EG ae mu ERA ER

Page 1