TEST TARGET (MT
Le
montagne à pic, à laquelle j'ai donné le nom de mont Fair Weather ( de beau Temps ): j'ai appelé l’'Entrée, Sonde ou Canal de Croff( de la Croix), parce que le jour où nous la vimes est marqué par une croix dans notre calendrier : elle me parut se diviser en plusieurs bras, dont le plus grand tournoit au Nord. La pointe Sud- Est de ce canal est un promontoire élevé , auquel j'ai donné le nom de Cap de la Croix : il gît par 57° 57/ de latitude et 2230 21/ de longitude; à midi, il nous restoit au Sud-Est, et nous avions au Nord-quart-Nord-Ouest, un quart de rumb à l'Ouest, à treize lieues, la pointe située au-dessous de la montagne à pic, laquelle pointe j'ai appelée Cap de Beau-Temps. Notre latitude étoit de 58° 17’, notre longitude étoit de 222° 14", et nous nous trouvions à troïs ‘ou quatre lieues de la côte. Dans cette position , la déclinaison de l’aimant étoit de 24° 11° à 26° 1f! Est,
Le vent de Nord-Est nous abandonna ici; il fut suivi de brises légères du Nord-Ouest, qui durèrent plusieurs jours. Je portai le cap au Sud-Ouest et à l'Ouest-Sud- Ouest, jusqu’à huit heures du lendemain 4 :nous revirâmes à cette époque, et nous marchâmes vers la côte. À midi, notre latitude étoit de 58° 22’, et notre longitude de 220° 45”. Le mont Beau- Temps et la montagne à pic qui surmonte le Cap du même nom , nous restoient au Nord 630 Est, et la côte qui est au-dessous se trouvoit à douze lieues de distance. Cette montagne, située par 58° 52/ de latitude, par 222° de longittde, et à cinq lieues dans Pintérieur des terres , est la plus haute d'une chaine, ou plutôt d’une rangée de montagnes qui s’élèvent à l’Entrée Nord-Ouest de la Sonde de la Crois , et qui se prolongent
au Nord-Ouest, dans une direction parallèle à celle de la côte. Ces montagnes étoient entièrement couvertes de neige, depuis la partie la plus haute jusqu'à la côte de la mer ; il faut en excepter uu petit nombre d’endroits où nous voyions des arbres qui sembloient sortir du sein des flots: nous supposâmes, d’après cette apparence, qu'ils croissoient sur des terrains bas , ou sur des Isles qui bordent le rivage du Continent (*). À cinq heures du soir, notre latitude étoit de 58° 53’ , et notre longitude de 220° 52! ; le sommet d'une montagne élevée se imontroit audessus de l'horizon au Nord 260 Ouest, et ainsi que vous le reconnûmes ensuite à la distance de 4o lieues. Nous supposâmes que c'étoit le mont Saënt-Elie de Bebring, et il conserve ce nom dans ma carte.
* Durant le cours de cette journée, nous aperçümes des baleines, des veaux de mer et des marsouins ; nn grand nombre de goëlands, et plusieurs volées d'oiseaux qui avoient un cordon noir autour de la tête, ung bande noire à la pointe de la queue et à la partie supérieure des ailes, le dessus du corps bleuâtre et le dessous blanc- Nous aperçûmes aussi un canard de couleur brune, qui avoit la tête et le col noir ou d'un bleu foncé, et qui étoit posé sur l'eau.
N'ayant que des vents légers entre-mélés de calmes, DRE NU PR AETA (*) Selon Muller, Bchring’rencontra la côte de l'Amérique S'eptentrionale par 58 degrés 28 minutes de latitude : l'aspect du pays étoit effrayant, dit-il, par de hautes montagnes couvertes de neige. La chaîne ou la rangée Ce montagnes couvertes de neige, situées par la même latitude dont parle ici le Capitaine Cook,
répond parfaitement à celles que trouva Behring. Voyez Voyages et Découvertes des Husses', par Muller, pages 248—254.
nous fimes si peu de chemin, que le 6 à midi, nous étions seulépnent par 59° 8’ de latitude et 220° 19’ de longitude. Le mont Beau- Temps nous restait au Sud 63° Est, le mont Saint-Elie où Nord 30° Ouest , et la terre la plus voisine de: nous se trouvoit à huit lieues de distance. Il sembloit y avoir une bayÿe au Nord 47° Est de la place qu'occupoient les vaisseaux, et nous crûmes apercevoir une Isle couverte-de bois. en travers de la pointé méridionale de cette baie. Je présume que le commodore Bebring mouilla ici : la latitude de 59° 18/ est assez d'accord avec la carte de voyage de ce navigateur (*), et la longitude est de 221° Est. Derrière la.baie, que je désignerai par le nom de Baie de Behring, en l'honneur de celui qni l'a découverte , ou plutôt au Sud de cette baie, la chaîne des montagnes dont j'ai parlé plus haut est interrompue par une plaine de peu de: lieues. L’œil n’apercevoit rien de distinct par-delà, en sorte qu'il doit s’y trouver des terrains unis ou de l'eau. Nous eümes quelques heures de calme
l'après-midi ; j je profitai de cette occasion pour souder , et j'eus 70 brasses fond de vase. Le calme fut suivi d’une he légère du nord, à l’aide de laquelle nous marchâmes à l'Ouest. Le lendemain à midi, nous étions par 59° 27’ de latitude et 219° 7’ de longitude : dans cette position le mont Beau-Temps nous restoit au Sud 70° Est; le mont Saint-Elie au Nord-demi-rumb-Ouest, et la terre la plus occidentale qui füt en vue, au Nord 52° Ouest. Nous étions éloignés de la côte de quatre ou cinq lieues, et la sonde rapportoit quatre-vingt-deux brasses fond de vase. Nous
(*) Le Capitaine Cook veut sans doute parler de la carte de Muller, insérée dans l'Histoire des. Découvertes des Russes,
DE COOK. (1778) gt découvrions au-dessus de la haute terre une baie circulaire en apparence , et garnie de chaque côté de terrains bas, et revêtus de bois.
Nous reconnûmes que la côte portoit beaucoup à l'Ouest, et qu'elle inclinoit très-peu au Nord. Comme le vent souffloit de l'Ouest, et qu'il étoit très-foible, nous faisions peu de chemin. Le 9 à midi, nous nous trouvâmes par 59° 3v’ de latitude et 217° de longitude. Dans cette position, la terre la plus voisine de nous étoit à neuf lieues de distance, et le mont Saint-Elie nous restoit au Nord 30° Est, à dix-neuf lieues. Ce mont git à douze lieues dansl'intérieur des terres, par. 60° 27/ de latitude et 2199 de longitude : il appartient à une chaine de montagnes extrémement hautes, qui peuvent être réputées une suite des premières, puisqu'elles en sont séparées seulement par la plaine dont j'ai déjà parlé. Elles se prolongent à l'Ouest, jusqu'au 2197° degré de longitude ; quoiqu’elles. ne finissent pas à ce point, elles y perdent beaucoup de leur hauteur, et elles y deviennent plus rompues et plus divisées.
Le 10 à midi, notre latitude étoit de 59° 51! , et notre longitude de 215° 56/ ; nous ne nous.trouvions pas à plus de trois lieues de la côte d'Amérique, qui.se prolougeoit. de l’'Est-demi-rumb -Nord. au Nord-Ouest - demi -rumb- Ouest, aussi, loin que pouvoit s'étendre la vue. On.apercevoit à l'Ouest de cette dernière. direction , une Isle: qui s'étendoit du Nord 52° Ouest au Sud.85° Ouest, à six lieues de distance. Il sort du Continent, vers l'extrémité, Nord-Est de l'Isle, une pointe. qui: nous restoit alors au Nord 30° Ouest, à cinq ou six lieues. J'ai donné à cette pointe le nom de Cap Suckling. La pointe du Cap est, basse; mais il y a en-dedans une colline assez haute, qui est
séparée des montagnes par un terrain bas, en sorte que de loin, le Cap ressemble à une Isle, Le côté septentrional du Cap Suckling offre une baie qui paroissoit avoir quelque étendue et être à l'abri de la plupart des vents. Je songeois à gagner cette baie afin d'arrêter notre voie d’eau, que jusqu'ici nos efforts n’avoient encore pu arrêter. Dans ce dessein, je gouvernai sur le Cap; mais, comme nous n'avions que de légères brises variables, nous en approchâmes lentement : cependant, à l’entrée de la nuit nous en étions assez près pour apercevoir des terrains bas qui sortoient du Cap au Nord-Ouest, et qui formoient des pointes, de manière à garantir du vent de Sud la partie orientale de la baie. Nous aperçûmes aussi quelques petites Isles dans la baie et des rochers élevés entre le Cap et l'extrémité Nord-Est de l'Isle. Il sembloit toujours y avoir un passage des deux côtés de ces rochers, et je continuai à marcher toute la nuit vers cette partie de la côte, la sonde rapportant de 43 à 27 brasses fond de vase.
Le vent, qui s'étoit tenu principalement dans la partie du Nord-Est, sauta au Nord à quatre heures du matin du jour suivant. Comme il nous étoit défavorable, je ne songeai plus à conduire les vaisseaux en-dedans de l'Isle ou dans la baie; car je ne pouvois exécuter lun ou l’autre de ces projets sans perdre de temps. J'arrivai sur l'extrémité occidentale de l'Isle : le vent étoit très-foible, et à dix heures nous fûmes en calme. Me trouvant à peu de dis-
tance de Psle, je m'y rendis sur un canot, et je débarquai avec l'intention devoir ce qu'il y avoit de l'autre côté; mais les collines étant plus élevées que je ne l'imaginois, et le chemin pour y arriver étant escarpé et plein de bois, je fus obligé d'abandonner mon dessein. Je laissai au pied
d’un arbre, sur uye petite éminence auprès de la côte , une bouteille qui renferme un papier sur lequel j'ai écrit les noms de nos bâtimens et l’époque de notre découverte : j'y ai mis en outre deux pièces d’argent de deux sols, frappées en Angleterre en 1772. Je les avois reçues ainsi que beaucoup d'autres du Révérend Docteur Kaye (*), et pour lui donner une marque de mon estime et de ma reconnoissance, j'ai nommé l'Isle, Isle de Kaye. Elle a onze ou douze lieues de longueur, dans la direction du Nord-Est et du Sud-Ouest ; mais sa plus grande largeur n’est pas de plus d’une lieue ou d’une lieue et demie. La pointe Sud-Ouest, qui git par 59° 4g/ de latitude et 216° 58’ de longitude , est très-remarquable; car c'est un rocher nu, très-élevé au-dessus des terrains qui se montrent par-derrière. On distingue aussi, par le travers de cette pointe Sud-Ouest, un rocher élevé qui ressemble à un château ruiné lorsqu'on regarde de certains endroits. L'Isle présente, du côté.de la mer, des fochers nus en pente, environnés d’une grève qui a peu.d'étendue et qui est semée de gros cailloux entremélés en quelques endroits d’un sable argilleux brunâtre que la mer semble y déposer après les avoir roulés dans son sein, et les avoir reçus des parties plus élevées d’où ils sont entraînés par les ruisseaux ou les torrens. Ces rochers sont d’une pierre bleuâtre qui est par-tout dans un état de décomposition, si j'en excepte quelques endroits. Il y a des parties de la côte qu'interrompent de petites vallées ou des gorges. Chacune de celles-ci récèle un ruisseau ou un torrent qui se précipite
(*). IL étoit alors Sous-Aumônier et Chapelain de Sa Majesté, et i est aujourd'hui Doyen de Lincoln.
o4 TROISIÈME VOYAGE
avec une impétuosité considérable : on peut supposer qte les ruisseaux et les torrens dont je parle sont approvisionnés par la neige , et qu’ils tarissent après la fonte des neiges. Des pins qui commencent au bord de la mer, mais qui se prolongent seulement jusqu'à mi-chemin de la partie la plus haute ou du milieu de l'Isle, remplissent les valées. La partie boisée commence par-tout immédiatement au-dessus des rochers, et elle va aussi avant que la première bordure d'arbres que je viens de décrire, en sorté que l'Isle offre une large ceinture de bois, étendue sur celui de ses côtés qui est renfermé entre le sommet de la côte semée de rochers et les parties plus élevées qui se trouvent au centre. La grosseur des arbres n’a rien de remar quable ; il en est peu qu’on ne puisse environner avec ses bras; leur hauteur est de quarante à cinquante pieds ; ainsi, on n'en tireroit que des mâts de perroquet ou d’autres choses pareilles, 1} ést difficile de déterminer la grosseur de ceux ou croissent sur le Continent voisin ; mais parmi les bois qu'ont déposés les flots sur la grève de l'Isle, nous n’en aperçümes pas de plus gros. Tous les pins sembloient être de la mêmé espèce, ‘et nous n'y vimes ni pins du Canada, ni cyprès; mais il ÿ en a quelques-uns qui nous parurent des aunes ; ceux-ci étoient petits, et leurs feuilles n’avoient pas encore poussé. Je remarquai sur la bordure des rochers’ et sur quelques-uns des terrains en pente, une espèce de’ gazon d'environ un pied et demi d'épaisseur, lequel sembloit être de là mousse ordinaire : le sommet ou la partie supérieure de l'Isle avoit à-peu-près la même apparence de couleur; mais quelle qu'en fût la cause , nous y jugeâmes la verdure plus épaisse. J'observai parmi les arbres des groseilliers, dés aube-épines,
une petite violette à fleurs jaunes; les feuilles de quelques autres plantes qui n’étoient pas encore en fleur, et une en particulier que M. Anderson prit pour l'Heracleum de Linnœus, et l'herbe douce; Steller, qui accompagna Behring , imagine que les Américains apprètent celle-ci pour s'en nourrir, et qu'ils suivent la méthode des Naturels du Kamstchatka (1).
Nous aperçümes une corneille qui voltigeoit autour du bois, deux ou trois des aigles à tête blanche dont j'ai parlé en faisant la description de l'Entrée de Nootka ; une autre espèce à-peu- près de la même grosseur, qui paroissoit aussi de la même couleur ou plus noire, et qui n’avoit de blanc que la poitrine. En passant du vaisseau à la côte, pous vimes vue multitude d'oiseaux posés sur les flots, ou voltigeant près de hous en troupes ou en couples; les principaux étoient des quebrantahuessos en petit nombre, des plongeons, des canards , ou de gros peterels, des goëlands, des nigauds et des burres (2). Nous distinguâmes deux sortes de plongeons; lun très-gros qui étoit noir, et qui avoit le ventre et l’estomac blanc; l’autre plus petit, offroit un bec plus long et plus épointé, et nous jugeämes que c'est le guillemotordinaire. Nous aperçûmes également deux espèces. de canards: l’un brunâtre ; il avoit la tête et le cou noirs. ou d’un bleu foncé ,.et c’est peut-être lecanard
de pierre décrit pa Steller : les autres s’envolenten troupes
nombreuses ; ils.sont plus petits que ceux-ci, et d’un noir
(1) Voyez Muller, page 256.
(2) Je n’ai pu découvrir le nom que porte cet oiseau dans
l'Ornythologie françoise, et j'ai conservé le terme de l'original. (Vote du Traducteur.)
sale. Les goëlands étoient de l’espèce ordinaire , et ils s’en: voloient aussi en troupes. Les nigauds avoient une grande taille et la robe noire, et au moment où ils s’envoloient , on leur voyoit une tache blanche derrière les aîles; au reste, il est probable que c’étoient seulement des cormorans d’eau de l'espèce la plus grosse. Nous remarquâmes en outre un oiseau solitaire, qui nous sewbloit de l'espèce des goëlands; il étoit d’un blanc de neige, et il portoit du noir dans une partie du côté supérieur de ses aîles. Je dois toutes ces remarques à M. Anderson. Un renard sortit du fond du bois à l'endroit où nous débarquâmes ; il nous regarda avec peu d'inquiétude; car il se promena tranquillement, sans montrer aucun signe de crainte : il étoit d’un jaune rougeître, sa peau ressembloit à quelques-unes de celles que nous avions achetées à Vootka, mais elle avoit peu détendue. Nous vimes d’ailleurs deux ou trois petits ve marins en travers de la côte; mais les quadrupèdes er oiseaux dont je viens de parler, sont les seuls qui frappérent nos regards. Rien ne nous indiqua que des hommes eussent été sur cette Isle.
Je revins à bord à deux heures et demie du soir, et à l'aide d'une brise légère de l'Est, je gouvernai vers la partie Sud-Ouest de l'Isle, que nous doublâmes à huit heures. Je mis ensuite le cap sur la terre la plus occidentale qui fût alors en vue, laquelle à cette époque nousrestoit au Nord-Ouest un demi-rumb-Nord. On trouve au côté Nord-Ouest de l'extrémité Nord-Est de l'Isle de Kaye, une seconde Isle, qui se prolonge au Sud-Est et au Nord- Est, l'espace d'environ trois lieues, à trois lieuesaussi de l’extrémité Nord-Ouest dela baie que j'ai décrite plus haut, et à laquelle j'ai donné lenom de Baie du Consrdleur. L'Isle de
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DE COOK. (1778) 97 Kaye étoit encore en vue à quatre heures du matin du jour suivant : elle nous restoit à l'Est un quart-de-rumb- Sud; nous nous trouvions à quatre ou cinq lieues du Conti» nent, et la partie la plus occidentale qui fût à la partée de nos regards, se montroit au Nord - Ouest un demi -rumb- Nord. Nous avions uu vent frais de l’Est-Sud-Est , et à mesure que nous nous élevâmes au Nord-Ouest, nous découvrimes une plus grande étendue de terrain à l'Ouest, et enfin au Sud de l'Ouest; en sorte qu'à midi, par 61 degrés 11 minutes de latitude et 213 degrés 28 minutes de longitude, le côté le plus avancé nous restoit au Sud-Ouestquart-Ouest un demi-rumb-.Ouest ; la pointe orientale d’une large Entrée nous restoit en même-temps à l'Ouest-Nord- Ouest, à trois lieues.
De la baie du Contrôleur à cette pointe, que j'ai nommée le cap Hinchingbroke, le gissement de la côte est àpeu-près Est et Ouest. Par-delà la pointe dont je parle ici, elle sembloit s’incliner au Sud, direction si contraire aux cartes modernes fondées sur les dernières découvertes des Russes, que nous avions lieu d’espérerun passage au Nord, par l'Entrée qui se trouvoit devant nous; nous jugeâmes aussi que la terre à l'Ouest ei au Sud-Ouest n'étoit vraisemblablement qu'un groupe d'{sles, D'ailleurs le vent souffloit du Sud-Est, et nous étions menacés d’une brume et d’une tempête; il devenoit nécessaire de me réfugier dans un port, afin d'y arrêter notre voie d'eau avant d'affronter un autre orage. Ces raisons me déterminérent à porter le cap sur l’Entrée : nous l'eûmes à peine atteint, que le ciel se couvrit d’une brume très-épaisse; nous ne voyions pas à un mille devant nous, .et il falloit absolument mettre mes vaisseaux en sûreté, jusqu’à ce que l'atmosphère füt plus