CHAPITRE VIII
Progrés vers le Nordaprès notre départ d'Oonolashka. Isles Oonella et Acootan. Ooneemak. Combien l’eau est basse le long: de la côte. Baie de Bristol. Isle Ronde. Pointe Calme. Cap Newenham. Le Lieutenant Williamson débarque. Observations qu’il fait à terre. Etendue de la Baie de Bristol. Les basfonds obligent les Vaisseaux dets’éloigner de la côte. Les Naturels du pays arrivent prés de nous. Mort de M. Anderson. Remarques sur son carac= tère. Isle à laquelle j'ai donné son nom. Pointe Rodney. Isle du Traîneau. Nous y débarquons. Remarques que nous y fimes. Isle de King. Cap du Prince de Galles, l’extrémité la plus occidentale de l’ Amérique. Nous marchons à l'Ouest. Nous nouillons dans une baie dêla côte d'Asie.
Anis avoir mis en mer avec une brise légère du Sud- Sud-Est, nous gouvernâmes au Nord sans rien trouver qui nous arrêtât su, -ette route. Ainsi que je l'ai fait observer plus haut, l'Isle d Oornalaskka d'un côté se prolongeoit au
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DE COOK. (1778) 170 Sud-Ouest , et de l’autre, les terres qui s’étendoient le plus dans la partie du Nord, n’alloient qu'au Nord-Est. Toutes ces terres étoient une suite du groupe d'Isles que nous avions rencontré le 25 juin. Celle qui gît devant le havre de Samganoodha et qui forme la bande Nord-Est du passage par lequel nous étions venus, est appelée Oone/la, et ellea environ sept lieues de circonférence. Au Nord-Est de celle-ci, il y en a une autre qui porte le nom d’Acootar ; elle est beaucoup plus grande qu’Oone/la, et elle renferme de très-hautes montagnes, qui étoient couvertes de neige. Il paroït que nous aurions pu passer sûrement entre ces deux Isles et le Continent dont la pointe Sud-Ouest s’ouvroit en travers de la pointe Nord-Est d’ÆAcootan, dans la direction du Nord 60 degrés Est. Nous reconnèmes que cette pointe étoit celle que nous avions vue le 25 juin, lorsque nous quittâmes la côte d'Amérique pour. gagner le dehors des Isles. Les habitans du pays l’appellent Oozemak, et elle git par 540 de latitude et 192°‘30’ de longitude. On voit par-dessus le Cap, qui forme lui-même une terre élevée, une haute montagne ronde, couverte de neige.
À six heures du soir, cette montagne"nous restoit à l'Est 2° Nord; et à huit heures , nous n’apercevions point de terres. Concluant que la côte d'Amérique prenoit une direction Nord-Est, je me hasardai à suivre la même route jusqu’à une heure du lendemain au matin, temps où les Vigies crurent découvrir la terre en avant. Nous virâmes vent-arrière , et nous marchämes au Sud l’espace de deux heures : nous remîmes ensuite le cap à l'Est-Nord-Est.
À six heures, nous vimes une côte en avant, dans le Sud-Est, et à la distance d’environ cinq lieues : à mesure
que nous avançämes, nous découvrimes une quantité plus considérable de terres qui étoient toutes réunies , et qui paroissoient être dans la direction de notre route. À midi, elles se prolongeoient du Sud-Sud-Ouest à l'Est; la partie la plus voisine de nous se montroit à cinq ou six lieues. Notre latitude étoit alors de 55° 21” et notre longitude de 195° 18/. Cette côte forme la bande Nord-Ouest de la montagne du Vo/can, en sorte que nous aurions dû la voir si le Ciel eût été un peu clair.
A six heures du soir, nous avions fait, depuis midi environ , huit lieues à l’Est-quart-Nord-Est. Nous jetâmes le plomb, et la sonde rapporta quarante-huit brasses , fond de sable noir. Nous étions alors à quatre lieues de la côte; la partie orientale, qui se montroit, nous restoit à l’Est- Sud-Est , et elle paroissoit former un mondrain arrondi, élevé et détaché de la grande terre.
Nous continuâmes à gouverner à l'Est-Nord-Est toute la auit, et le 4, à huit heures dugmatin, la côte se montroit dans le Sud-Sud-Ouest et l'Est-quart-Sud-Eit, et de tempsen-temps nous voyions par derrière des cantons élevés, revêtus de neige. Bientôt après nous fûmes en calme ; la sonde rapportant trente brasses, nous fimes usage de lhameçon et de la ligne, et nous primes une quantité assez considérable de très-belles morues. Nous eûmes à midi une brise de l'Est, et le ciel étant clair, nous reconpûmes que mous nous trouvions à six lienes de la terre, laquelle se prolongeoit du Sud-quart-Sud-Ouest à V’Estquart-Sud-Est. Le mondrain que nous avions découvert la veille au soir nous restoit au Sud-Ouest-quart-Sud, à dix lieues. Notre latitude étoit de 55° 50/ et notre longitude de 197° 3° : une grande houle creuse de l'Ouest-
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DE COOK. (1778) 181 Sud-Ouest annonça que la grande terre ne s’étendoit pas dans cette direction. Je gouvernai au Nord jusqu'à six heures du soir. À cette époque, le vent ayant passé au Sud-Est, nous pûmes' porter:le cap à l'Est:Nord-Est, La côte solvais cette direction, et le lendemain à midi nous en étions éloignés d'environ quatre lieues.
Le 6 et le 7 le vent souffla dela partie du Nord , et nous fimes peu de progrès. À huit heures du soir de ce dernier jour , la sonde rapportoit dix-neuf brasses : nous étions à trois ou quatre lieues de la côte, laquelle s’étendoit le 8 du Sud-Sud-Ouest à VEst-quart-Nord-Est, et offroit par-tout des terrains bas, et par-derrière une chaîne de montagnes couvertes de neige. Il est probable que ces terrains bas se prolongent à quelque distance au Sud-Ouest,
et que les coupures que nous primes quelquefois pour des
entrées ou des baies, ne sont que des vallées.
Le 9 au soir, nous profitèmes d'une brise du Nord- Ouest , et nous mimes le cap à l'Est-quart-Nord-Est, afin de nous rapprocher de la terre. À midi, nous étions par 55° 49! de latitude et 201° 33” de longitude, à environ deux lieues de la côte, qui se prolongeoit du Sud-quart- Sud-Est à l'Est-Nord-Est : elle présentoit par-tout des terrains bas, qui de dessus le pont paroissoient être des Isles ; mais da haut des mâts on voyoit leur réunion. La sonde rapportoit alors quieze brasses, fond de sable noir.
.… A mésure que nousnous étions avancés au Nord- Est,nous avions trouvé que la profondeur de l’eau disioie peuà-peu, et que la côte prenoit davantage du Nord; mais la chaîne de montagnes qui se montroit par-derrièré, continuoit à s'offrir dans la même direction que les autres