‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme]Chapitre 39 sur 68 · Tome LIL · texte numérisé non relu

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la Découverte gaguèrent la baie qui est au côté Sud-Est du Cap Denbigh , et nous y mouillämes. Quelques-uns

ordres qu’il recut alors de M. Cook, et le détail des fatigues qu’il essuya pour les exécuter :

) et je ne pouvois cxiger d’elle rien de plus: Nous envergnâmes

« Vous marcherez au Nord jusqu’à la dernière pointe que nous avons vue le 9, ou plus loin si vous le croyez nécessaire ; vous y débarquerez, et vous tâcherez de découvrir, du sommet des hauteurs, si la terre où vous vous trouverez, et qu'on suppose être l'Isle d'Alaschka, forme réellement une Isle, nu si elle est réunie à celle qu’on voit à l'Est, et qui nous paruît être lé Continent d'Amérique. Si elle forme réellement une Isle, vous vous assurerez de la profondeur de l’eau dans le canal, et du côté d’où vient le flot; mais si vous remarquez que les deux Terres sont jointes, vous ne perdrez point de temps à sonder; vous reviendrez promptement à bord; je serai, à l’ancre près de la pointe au-dessous de laquelle nous avons mouillé le 11. Si vous prévoyez que le temps doit changer et devenir défavorable, vous reviendrez à bord , lors même que vous n’auriez pas exécuté la commission dont je vous charge. Dans tous les cas, vous ne demeurerez que quatre ou cinq jours. Je serai fort aise que vous reveniez plus tôt : si un accident imprévu ou inévitable

éloignoit les vaisseaux de la côte, dé manière que je ne pusse

la rallier, j'ai fixé notre rendez-vous au havre de S'amganoodha, c'est-à-dire à l'endroit où nous avons rempli toutes nos futailles en dernier lieu. Jacques Cook ».

« Lorsque la chaloupe de la Résolution fut à la mer, on fit le signal de départ à celle de la Découverte , et nous nous mîmes en route le 14, à huit heures du soir. Les transports exécutés durant la journée avoient fatigué les équipages, et cette circonstance étoit fâcheuse. Mes rameurs manœuvrèrent courigense ment vers la terre, sans repos et sans interruption jusqu’ à une heure du matin du 15. J’avois grañd besoin d’atteindre la côte pour profiter de l'avantage du vent qui, le soir , étoit venu régulièrement de terre, et pendant le jour du Nord-Nord-Est, en descendant l’Entrée, c’est-à-dire d’une direction contraire à notre route ; mais ma petite troupe étoit alors trop fatiguée,

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DE CL‘OK. (1778) 243 des Naturels arrivèrent bientôt après sur de petites pirogues , et ils échangèrent du saumon sec contre les bagatelles que nous avions à leur donner.

Le 16, à la pointe du jour , neuf hommes, qui montoient Chacun une pirogue, vinrent nous voir. Il$ s’approchèrent du vaisseau avec circonspection ; il étoit clair qu'ils vouloient seulement satisfaire leur curiosité. Ils se rangèrent sur la même ligne , à l'arrière de /z Résolution, et ils se mirent à chanter tandis que l'un d'eux battoit d'une espèce

» donc'nos voiles; nous marchâmes à travers la baie que la côte » forme à l'Ouest de la Téte-Chauve , et nous portâmes vers ce » Cap ; mais, ainsi que je m'Ÿ attendois , le vent souffla debout » à trois heures ; et comme il étoit inutile d’essayer d'atteindre la » Téte-Chauve avecuos voiles, nons primes de nouveau les rames. » La chaloupe de {a Découverte, pesante et lourde comme on les » fait dans les chantiers du Roi (la nôtre avoit été construite à » Deal), nous avoit fait perdre beancoup de temps peñdant la » nuit, et bientôt nous ne l’apercümes plus. Je ne voulus pas » l’attendre parce que j’espérois gagner la derniére pointe qui » fût en vue, .ssez tôt pour monter sur les hauteurs avant les » ténèbres : le ciel étant alors très-clair et tré.-beau, nous pou- » vions voir fort loin. A deux heures , nous nous trouvâmes au- » dessous de la Téte-Chauve, sous le vent de la haute terre et » dans des eaux tranquilles; mais, sur-le-point de débarquer, » la fatigue et le sommeil accablèrent tellement les matelots, que » je ne pus les déterminer à continuer leur travail. Ils abandon- » nèrent leurs rames, et ils s’endormirent au fond de Îà cha- » loupe. Au reste, ils étoient paftis fatigués, comme je l'ai déjà » dit; nous étions en route depuis dix-huit heures; ils avoient » ramé pendant seize sur une mer dont les vagues venoient contre » nous ; et il ne faut pas s'étonner qne n'ayant pris ni repos, ni » rafraîchissemens , ils fussent hors d’état de manier l’aviron. Je » pris les rames, ainsi que deux’ de nos Messieurs qui étoient » avec moi, et nous débargnâmes sur les trois heures, entre la » Téte-Chauve et une pointe qui se présente en saillie à l'Est ».

de tambour , et qu'un autre faisoit mille mouvemens avec ses mains et avec son corps. Nous ne remarquämes rie: de sauvage dans leur chanson , ou dans les gestes qui lac. compaguèrent., Aucun de nous ne put découvrir que la taille et les traits de cette peuplade différassent en quelque chose de la taille et des traits des Américains que nous avions rencontrés sur les autres parties de la côte, si j'en excepte ceux de l'Entrée du Roi George. Leur vêtement, composé sur-tout de peaux de daims, avoit la même forme, ‘et ils sont aussi dans l'usage de se percer la lévre inférieure “et d'y mettre des ornemens.

Les habitations étoient prégde la grève; elles n’offroient qu'un toit en pente, fait avec des morceaux de bois, et couvert de gramens et de terre : les flancs étoient entièrement ouverts. Le plancher est aussi de morceaux de bois ; l'entrée se trouve à une des extrémités , et l’âtre ou Je foyer par derrière. Il y a près de la porte un petit trou qui donne une issue à la fumée.

Après le déjeûner , un détachement se rendit à la péninsule pour y faire des balais et y couper de* branches de spruce. La moitié du reste des équipages eut en même-

: temps la permission d’aller -cueillir des baies. Ceux-ci reviurent à midi, et teux qui avoient fait le service à bord, allèrent aussi à terre. On trouve ici des groseilles , des vaciets, des baies ,.des bruyères, etc. Je débarquai de mon côté, et je traversai une partie de la péninsule : je découvris en plusieurs endroits une herbe très-bonne, et je vis à peine un coin de terre où il n'y eût pas quelques

: végétaux. Le canton bas qui joint cette péninsule au Con-

tinent , étoit plein de mares d’eau , dont quelques-unes se trouvoient déjà glacées, Il ya un gtand nombre d'oies ct

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DE COORK. (1778) 245 d’outardes ; mais elles étoient si sauvages, qu'il ne fut pas possible de les tirer. Nous vimes aussi des bécassines et des perdrix de deux espèces. Les terrains'boisés offroient une quantité considérable de mousquites; quelques-uns des Officiers qui pénétrèrent plus avant que moi, rencontrérent un petit nombre-de Naturels des deux sexes, dont ils furent reçus avec civilité.

Il me paroït que cette péninsule a dû former une Isle dans les temps anciens; car plusieurs indices nous annoncérent que la mer avoit inondé l'isthme. Il nous sembla que même à présent, les vagues sont contenues par un banc de sable et par les pierres et le bois que jettent les flots. Ce banc de sable indique d’une manière évidente que Ja terre empiète sur l'Océan, et il étoit aisé de suivre les accroissemens qu’elle prend peu-à-peu.. ‘

M. King revint de son petit voyage sur les sept heures du soir; ik me dit qu'il s’étoit avancé avec les canots trois ou quatre lieues plus loin que les vaisseaux n'auroient pu Je faire ; qu'il avoit débarqué ensuite au côté occidental ; que du sommet des hauteurs, il avoit vu la réunion des deux côtes; que l’Entrée est terminée par une petite rivière ou par une crique, devant laquelle il y a des bancs dé sable ou de vase; que l’eau a par-tout peu de profondeur ; que le terrain est bas et marécageux à quelque distance au Nord; qu'il s'élève ensuite en collines ; et qu’il lui avoit été aisé de suivre la jonction complète de’ ces collines de chaque côté de lEntrée.

Du sommet des hauteurs d'où M. King reconnut l’Entrée, il distingua un grand nômbre de vallées étendues , qui contenoient des rivières qui étoient bien boisées, et bornées par des collines d’une pente douce et d’une élé-

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246 TROISIÈME VOYAGE vation modérée; l'une de ces rivières, située au Nord- Ouest, lui parut être considérable , et d'après sa direction, il fat porté à croire qu’elle a son embouchure dans la mer, au ‘fond de la baie. Quelques-uns de ses gens, qui pénétrèrent au-delà de cette rivière, rencontrèrent des arbres plus gros, à mesure qu’ils s'avancèrent.

J'ai donné à cette Entrée le nom d'Entrée de Norton, en honneur de sir Fletcher-Norton (*), orateur de la Chambre des Communes , et proche parent de M. King. Elle se prolonge au Nord jusqu'à 64° 55’ de latitude. La ‘baie dans laquelle nous étions à l'ancre, git au côté Sud-Est : et les Naturels du pays l'appeloient Chacktoole : elle est assez médiocre , car elle se trouve exposée aux vents du Sud et du Sud-Ouest. Cette Entrée n'offre pas un seul havre. Par bonheur nous eùmes, durant toute notre relâche, un vent du Nord et du Nord-Est , et un ciel d’une beauté remarquable. Nous en profitâmes pour faire jusqu’à soixante ct dix-sept suites d'observations de la Lune, entre le 6 etle 17 inclusivement ; le résultat moyen de ces observations fixe la longitude du mouillage qui est au côté oc-

cidental à......,...... ES Te LR Ed La latitude à......... diner.) 10 91 La déclinaison de l'aimant, est de..... ° 25 45 Est. Et l’inclinaison de l'aiguille de. ...... . 76 25

Quant aux marées , nous remarquâmes que les flots de la nuit s’élevoient d'environ deux ou trois pieds , et que le flot du jour se distinguoit à peine.

Etant alors bien assuré que la carte de M. Stachlin est très-défectueuse , et ayant rétabli le Continent d'A4né:

{*) Aujourd'hui Lord Grantley.

DE COOK. (1778) 247 rique dans l'espace où il met son Isle imaginaire d'A4/2schka, je devoissonger à quitter ces parages septentrionaux, et à me retirer pendant l'hiver dans un endroit où je pusse laisser reposer mes équipages et embarquer . quelques vivres. Petropaulouska , ou S.-Pierre et S.-Paul, l'un des havres du Kamstchatka, ne me parut pas propre à recevoir tant de monde. D’autres raisons me déterminérent d’ailleurs à ne point y aller à cette époque. J'indiquerai d'abord l'extrême répugnance que j'avois à demeurer six ou sept mois dans l’inaction ; je ne pouvois rien faire d'utile si je passois l'hiver dans ces parages du Nord. De toutes les terres qui se trouvoient à notre portée , les Isles Sandwich étoient celles qui me promettoient le plus d’agré. mens et le plus de vivres. Je résolus donc de m'y rendre; mais avant d'exécuter ce projet , nous avions besoin de faire de l’eau. Pour nous en procurer, je me décidai à longer la côte d'Amérique au Sud,en cherchant un havre,

et à m'efforcer d’achever la reconnoissance des parties qui sont immédiatement au Nord du Cap Newenham. Si je n’y rencontrois point de havre , je résolus de gagner Samganoodha, lieu fixé pour notre rendez-vous en cas de séprauom

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