‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme]Chapitre 40 sur 68 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Découvertes après notre départ de l'Entrée de Norton. Zsle Stuart. Cap Stephens. Cap des Bas-Fonds. Bc.-fons sur la côte d'Amérique. Isle de Clerke. Isle de Gore. Isle des Tours. £rrivée à Oonalashka. Entrevues avec les Naturels du Pays etles Négocians Russes. Cartes des découvertes des Russes, que me communiqua M. Ismyloff : indication des erreurs qu'elles contiennent. Position des Isles auxquelles abordent les Russes. Description de leur établissement à Oonalashka; figure, habit, orns= mens, règime diététique, maisons et meubles ; domestiques, manufactures, maniére de produire le Jeu, pirogu®s, équipages de chasse et de péche des Naturels de l'Isle. Poissons et animaux de mer. Oiseaux qui fréquentent la mer, les eaux et la terre. Animaux de la terre et végétaux. Maniére d'encerrer les morts. Les Naturels de cette partie de l’Amérique ressemblent aux Groënlandois et aux Esquimaux. Marées. Observations pour déterminer la longitude d'Oonalashka. :

Avaxre appareillé le 17 au matin, avec une brise léuére de l'Est, nous gouvernâmes au Sud, et nous essayâmes de passer dans l'intervalle qui sépare du Continent l'Isle Besborougk; mais quoiqu'elle se trouve à six ou sept milles de la côte d'Amérique, les bas-fonds nous

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DE COOK. (1778) 249 en empéchèrent. Comme le vent fut très-foible toute la journée, lorsque la nuit survint, nous ne l’avions pas encore doublé, et nous attendimes le jour en marchant à petites voiles.

Nous reprimes notre route le long de la côte, le 18, à la pointe du jour. A midi, la sonde ne rapportoit plus que cinq brasses : notre latitude étoit de 63° 37’, et'l'Isle Besborougk nous restoit au Nord 42° Est. La terre la plus méridionale qui füt en vue, laquelle se trouva former aussi une Isle, se montroit au Sud 660 Ouest : le passage qui la sépare de la grande Terre, au Sud 40° Ouest, et Ja côte la moins éloignée, a environ deux milles. Je continuai à gouverner sur ce passage, jusqu’au moment où les canots qui étoient en avant m’averfirent, par un signal, qu'ils n’avoient plus que trois brasses d’eau. Nous. mimes alors le cap en-dehors de l'Isle, et je fis signal au.canot de Za Résolution de se tenir entre les vaisseaux et la côte.

Cette Isle, à laquelle j'ai donné le nom d’Zs£e Stuart, git par 63 degrés 35 minutes de latitude, et à 17 lieues du Cap Denbigh , dans la direction du Sud 27 degrés Ouest : elle a six ou sept lieues de circouférence. Quelques-unes de ses parties sont d’une hauteur moyenne; mais en général elle est basse, et on aperçoit plusieurs rochers en travers, de la bande occidentale. La plus grande partie de la côte du Continent est basse; mais nous vimes des terrains élevés dans l'iniérieur du pays : elle forme en face de l'Isle, une pointe que j'ai appelée Cap Sseplens : ce Cap git par 63 degrés 33 minutes de latitude, et 197 degrés {1 minutes de longitude. Il y avoit des bois flottans sur les côtes de l'Isle et du Continent; mais on n'v remar-

quoit pas un seul arbre. On pourroit au besoin mouiller sur cinq brasses, entre la bande Nord-Est de Fsle et le Continent : on y seroit à l'abri des vents de l'Ouest, du Sud et de l'Est : mais ce mouillage est entièrement exposé aux vents du Nord, parce que dans cette direction la terre se trouve trop éloignée pour en garantir. Avant d'atteindre llsle Srvart, nous dépassämes deux petites Isles situées entre le Continent et la station qu'occupoient les vaisseaux. Tandis que nous longions la côte, plusieurs Sauvages se montrèrent sur la grève, et ils semblérent: nous inviter à descendre.

Dés que nous fûmes en-dehors de l'Isle , nous mimes le cap au Sud-quart- -Sud- Ouest, vers la polie la plus méridionale du Continent qui füt en vue. Nous marchômes ainsi jusqu’à huit heures du soir. A cette époque, la sonde «ui avoit rapporté six brasses, en rapporta moins de quatre : je virai vent-devant, et je gouvernai au Nord où nous trouvâmes une profondeur de cinq brasses : je passai la nuit à la cape. Quand nouë revirâmes de bord, la pointe de terre la plus méridionale que j'indiquois tout-à-l’heure et que j'ai nommée Cap des Bas-Fonds, nous restoit au Sud un demi-rumb-Est, à sept lieues de distance.

Nous‘remimes le cap au Sud , le lendemain, au lever de l'aurore ; mais les eaux basses nous obligérent à marcher plus à l'Ouest. Nous nous vimes enfin si près des bas-fonds, qu'il nous fut impossible de tenir la route du Nord-Nord-Ouest; car quelquefois la sonde ne rapportoit que quatre brasses. Le vent souffloit grand frais de la partie de l’'Ést-Nord-Est : il étoit plus que temps de chercher des eaux plus profondes et de quitter une côte audessous de laquelle uous naviguerions désormais avec un

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extrême danger. Je serrai donc le vent au Nord, et peuà-peu la sonde rapporta huit brasses. Lorsque nous commençâmes à serrer le vent, nous étions à au-moins douze lieues du Continent et neuf lieues à l'Ouest de l'Isle Sszars. On n’apercevoit point de terre à l'Ouest de la pointe d’eau basse : je présume que cette pointe gît par 63 degrés de latitude. Je n’ai donc poiut reconnu la côte dans la partie qui est entre ce parallèle et le Cap des Bas-Fonds, situé à 60 degrés de latitude : vraisemblablement elle n’est accessible qu'aux chaloupes et à de très-petits navires; ou s'il y a des canaux pour des bâtimens plus considérables, on ne les trouveroit qu'après bien des peines, et je pense qu'il faudroit les chercher près de la côte. Du haut des mâts, la terre en-dedans de nous paroissoit semée de bancs de sable ; l’eau étoit très-décolorée »t vaseuse, et beaucoup plus douce que dans aucun des endroits où nous avions mouillé en dernier lieu : j'en conclus qu’une rivière assez forte débouche dans la mer, en cet endroit de l'Amérique.

Du moment où la sonde rapporta huit brasses, je gouvernai à l'Ouest, et ensuite plus au Sud, vers la terre que nous avions découverte le 5 : le lendemain, à midi, cette terre nous restoit au Sud-Ouest-quart-Ouest, à dix ou onze lieues. Nous avions alors un vent frais du Nord, et par intervalles des bouffées de neige et de grêle, et une mer assez haute, en sorte que nous nous dégageâmes des basfonäs bien à temps. J'ai appelé Isle C/erke la terre qui étoit devant nous : elle gît par 63 degrés 15 minutes de latitude, et 190 degrés 30 minutes de longitude : je l'ai jugée assez considérable : j'y ai distingué au-moins quatre collines toutes réunies par des terraius bas , et de loin elle

ressemble à un groupe d'Isles. On voit, près de sa partie orientale, une petite Isle que trois rochers élevés rendent remarquable. Cette dernière Isle étoit habitée, ainsi que la plus grande.

Nous atteignimes, à environ six heures , la pointe septentrionale de l'Isle CZerke , et ayant longé la côte jusqu’au dernier rayon du jour, nous mimes en panne durant la nuit. Nous ralliämes la côte le lendemain, au lever de l'aurore. Nous continuâmes à la longerget à y chercher un hâvre jusqu’à midi. Comme il n’étoit pas probable que nous en trouvassions un , je pris mon point de depart, et je gouvernai au Sud-Sud-Ouest, vers la terre que nous avions découverte le 29 juillet : le vent étoit frais de la partie du Nord, et accompagné d'ondées de pluie neigeuse et de neige. J'observai que du moment où nous atteignimes le canal qui sépare les deux Continens, le ciel s’obscurcit, et que la neige commença à tomber : et tandis que nous fûmes dans l'Entrée de Norton , nous eùmes un ciel clairs avec le même vent. Ne peut-c’ pas expliquer cet effet par les montagnes situées au Nord de ce parage, qui attirent les vapeurs et les empêchent de se porter plus Join ? |

Le 23, au lever de l'aurore, la terre dont je viens de parler, se montroit dans le Sud-Ouest, à six ou sept lieues de distance. De ce point-de -vue , elle ressembloit à un groupe d'Isles, mais nô@s reconnûmes qu’elle n’en forme qu'une seule de trente milles d’étendue, dans la direction du Nord-Ouest et du Sud-Est, et que le Cap Upright, dont j'ai déjà parlé dans ce Journal, en forme l'extrémité Sud-Est : elle est étroite, sur-tout dans les langues de terre basse qui réunissent les collines. J'ai su depuis que les

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DE GOOR. (1778) 253 Russes ne la connoissent en aucune manitre , et la regardant comme une de mes découvertes; je l'ai nommée Isle de Gore. Elle m'a paru stérile et sans habitans, du-moins nous n’y en avons vu aucun. Nôus w’apercümes pas ron plus dans les environs autant d'oiseaux que la première fois ; mais quelques loutres de mer, animal que nous n’avions pas rencontré du Nord de cette latitude , frappèrent nos regards. À qnatre lieues du Cap Uprigth, dans la direction du Sud 72 degrés Ouest , il y a une petite Isle, dont le sommet élevé offre plusieurs rochers en forme de tour ; c’est pour céla que je l'ai apeléé Zs/e des Tours. À deux heures après midi, nous étions au-delà du Cap Upright, et je gouvernai Sud-Est- -quart-Sud , vers Sam-

ganoodha , à Vaide d’une jolie brise du Nord-Nord-Ouest.

J’avois résolu de ne pas eniployer plus de temps à chercher un havre, parmi des Isles que je commençois à juger imaginaires, ou du:moins qu’on ne trouve pas aux degrés de latitude” et de longitude où les modernes faiseurs de cartes les ont placées. Le 24 auisoir, le vent passa au Sud- Sud-Ouest, et devint très-frais.

Nous continuâmes à nous étendre à l'Ouest, jusqu'à huit heures du matin du 25: nous étions, à cette époque, par 58 degrés 32 minutes de latitude, et 191 degrés 10 minutes de longitude : nous revirâmes vent-devant, et nous gouvernâmes à l'Ouest : le vent qui augmenta bientôt après, nous réduisit à deux basses voiles:, et aux grands hutiers, tous les ris pris, La: Résolution ne tarda pas à

faire, au-dessus de la fesse de stribord, une voie d’eau, qui inonda la soute aux liqueurs , avant qu'on la découvrit : lle étoit si conéidérable, qu’elle occupa constamment unt

pompe. Nous n'osämes point changer d'armures , de peur

de tomber sur les bas-fonds qui gissent au Nord-Ouest du Cap Newenham : nous portämes toujours à l'Ouest, jusqu’à six heures du soir du 26, que nous revirâmes ventarrière pour cingler à l'Ouest. A cette époque, la voie d’eau ne nous incommoda plus. Nous en conclûmes qu’elle étoit au-dessus de la ligne de flottaison, ce qui ne nous causa pas un léger plaisir. Le vent devint maniable ; mais il souffla encore quelques jours du Sud et du Sud- Ouest.

Enfin, le,2 octobre, au lever de l'aurore, l'ZsZe d’Oo: nalashka: parut dans le Sud-Est ; mais le point où elle se montroit étant nouveau pour nous, et la terre se trouvant obscurcie:par une. brume épaisse , nous ne fûmes sûrs de notre position qu'à midi ; car la latitude: observée alors ne nous laissa plus de doutes. Comme tous les havres m’étoient indifférens, pourvu qu’ils fussent bien sûrs et commodes, je gagnai une baie qui.git dix milles à l'Ouest de Samganoodha, et qu’on appelle dans le pays Ægoochshac; mais nous y trouvâmes la mer très-profonde , et nous nous hàtâmes d’en sortir. Les habitans,' qui sont en assez grand nombre, viurént nous voir plusieurs fois ; ils nous apportérent du saumou.sec. et d’autres poissons, que les matelots payérent avec du tabac, Peu de joufs auparavant, on.avoit distribué à l'équipage.ce qui me restoit de cet ar-

ticle, et nous n’en:avions pas la moitié de ce qu'il en auroit

fallu pour répondre aux demandes des Insujaires. Au reste, les matelots Anglois’sont.si peuprévoyans, qu'ils furent aussi prodigues de let tabac yque s'ils étoient arrivés dans un port de /x Virginie, et en moins de quarante-buit heures, la valeur de’cet article tomba de plus de mille pour cent, |

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DE COOK. (1778) 255 «Nous mouillâmes dans le havre de Samganoodha, le 3, à une heure après midi; et le lendemain, les charpentiers des deux vaisseaux commencèrent à enlever le doublage de a Résolution dans la partie des préceintes, et au-dessous des préceintes à stribord : ils trouvèrent du côté de la proue plusieurs des coutures absolument ouvertes, et nous ue nous étonnämes plus qu'il füt entré une quaniié d'eau aussi considérable; on vida la soute aux poissons, la soute aux liqueurs, et la partie de la calle qui est en arrière du grand mât; on disposa les choses de manière que si, nous faisions encore des voies d'eau, cette eau püt s'écouler dans les pompes. On remplit d'allèrs nos futailles, on nettoya la partie de la calle qui cst en avant de la grande écoutille, et on mit du lest 2 au fond. KA es

La plupart des végétaux que nous avions trouvés ici , quand nous y vinmes pour, la première fois, se décomposoient; en sorte que la quantité, considérable ” baies que produit le sol nous fut de peu d'utilité ; mais afin de tirer tout le parti possible de ces RER > un tiers de l’équipage eut Ja permission d'en aller cueillir. Une seconde division parioit au retour de la première, et ainsi tout le monde descendit sur la côte. Les Naturels nous en. vendirent, de plus une grande quantité. Ces baies, et la bierre de spruce qu'on servit chaque jour aux chambrées, détruisirent radicalement les germes de scorbut qui pouvoient. être dans l’un ou dans l’autre des vaisseaux.

Les gens. du pays nous apportèrent en outre beaucoup de poisson, el sur-tont du saumon frais ou sec. Quelques pièces de saumon frais étoient parfaites ; mais une des espèces de ce poisson, que nous appelèmes le xez crochr.

à cause de la forme de sa tête, ne nous parut pas trop bonne. Nous tirämes la seine à diverses reprises , au fond

de la baie, et nous primes une quantité assez considérable

de truites saumonées, et une plie qui pesoit 250 livres. Lorsque nous n’eùmes plus de succès à la seine, nous employâmes l'hameçon et la ligne. Je détachois tous les matin un canot ; il rapportoit,ordinairement huit ou dix plies, qui suffisoient pour la nourriture de l'équipage. Les plies étoient excellentes, et peu de personnes leur préférérent la truite saumonée. La pêche ne fournit pas seule- . mgnt à notre consommation journalière, elle nous fournit quelques provisions de réserve; et il en résulta ainsi une épargne sur nos vivres, c’est-à- dire, un bien trèsimportant. |

Un des Naturels d'Oonolaskka, nommé Derramousbk . me fit, le 8, un présent trés-singulier , vu le lieu où je me

| trouvois. C'étoit un pain < de seigle, ou plutôt un pâté ‘qui

avoit la forme d’un pain; car il contenoit du saumon trèsassaisonné de poivre. Cét homme apportoit un présent semblable pour. le Capitainé Clerke , avec une lettre, et une seconde lettre pour moi. Les de lettres étoient écrites dans uné langüe qüe personne des équipages n’entendoit. Nous supposâmes , avec raison, que ces présens venoient de quelques Russes qui étoient alors dans notre voisinage ; nous leur envoyämes par le même commissionnaire, un petit nombre de bouteilles de rhum; de vin,

et de l'espèce de bierre qu’on appelle porter. Nous petüsâmes que nous n'avions rien de plus agréable à leur offrir, et nous sûmes bientôt que nous ne nous étions pas trompés. Ladiard, caporal des soldats de marine, homme fort intelligent, accompagna Derramoushk ; je lui recommandai

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DE COOR. (1778) 257 de se procurer des informations ultérieures, ct s’il rencontroit des Russes, de tâcher de leur faire comprendre que nous étions Anglois, c'est-à-dire, ües amis et des alliés de leur Nation.

Ladiard revint le 10 avec trois Russes, commerçans de fourrures ; ils résidoient , ainsi que quelques autres de leurs compatriotes , à Egoockshac , où 1ls avoient une maison, des magasins, et un sloupe d’environ trente tonneaux. L'un des trois étoit le Patron, ou le Lieutenant du bâtiment ; et un autre écrivoit très-bien, et savoit se servir des chiffres arabes ; je leur trouvai à tous de l'intelligence et un bon maintien, et ils m'auroient donné, avec plaisir, les informations que je pouvois désirer; mais n'ayant point d'interprète , il nous fut très-difficile de nous entendre. Ils sembloient être fort instruits des tentatives faites par leurs compatriotes, pour découvrir un passage dans la Mer glaciale; et les terres découvertes par Bebring Tscherikoff et Spangenberg ne leur étoient pas étrangères ; mais ils ne paroissoient connoître que le nom du Lieutenant Syndo ou Synd (*), et quand nous leur eûmes présenté la carte de M. Staehlin, nous jugeñmes qu'ils n’avoient pas la moindre idée des terres qu'on y trouve. Lorsque je leur montrai sur cette carte le Kamstchatka et quelques autres pays très-conous , ils me demandèrent si j'avois vu les | Isles indiquées sur ce papier ; je répondis que non, et l’un d’eux mettant son doigt sur une partie de la carte où plusieurs de ces Isles sont placées, il me dit qu'il les avoit cherchées , et qu'il n’en avoit rencontré aucune. Je lui communiquai ensuite la carte que j'avois dressée, et je

(*) Le peu qu'on sait du Voyage de Synd se trouve, avecune carte, dans les nouvelles Découvertes des Russes, par M. Coxe,

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