CHAPITRE V
Nous partons de la baie de Karakakooa pour chercher un havre au côté Sud-Est de Mowee. Nons sommes jetés sous. le vent par les vents d'Est et par un courant. Nous dépassons l'Isle de Tahoorowa. Description de la bande Sud-Ouest de Mowee. Nous longeons les côtes de Ranai et de Morotoi, jusqu’à Waohoo. Nous esszyons vainement de faire de l’eau. Passage à Atiooi. Nous mouilons dans la baie de Wymoa. Position dangereuse du détachement qui étoit allé remplir les futailles. Dissentions civiles dans ces Isles. Nous recevons
. la visite des Chefs rivaux. Nous mouillons par le travers d’Oneehow. Départ des Isles Sandwich.
CARLA RAA GAMAMAA MB RS AAA MS MIA e
Nous atteignimes la pleine mer sur les dix heures; et lorsque les canots furent rentrés , nous miîmes le cap au Nord dans l'intention de chercher au côté méridional de Mowee, un havre dont les Naturels d’'Owkykee nous avoient parlé souvent. Le lendemain au matin, nous reconnûnes qu'une forte houle du Nord-Est nous avoit jetés sous le vent ; et un vent frais qui s’éleva de la même partie du compas , nous fit dériver de plus en plus à l'Ouest. Nous revirâmes de bord à minuit, et nous gouvernâmes quatre heures au Sud, afin de nous dégager de la côte, et le 24, à la pointe du jour, nous cinglions vers
cher- Nons LSs£ el ahoole Moe Moement LOnuilereuse ailles.
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2 par lwich.
res; et cap au nal de > nous us r'eavoit même plus à gouér de s vers
DE COOK. (1779) 407 une petite Îsle stérile appelée Tahoorowa, située à sept ou huit milles au Sud-Ouest de Mowec.
Comme il ne nous restoit aucun espoir d'examiner de plus près les parties Sud-Est de AMowee, nous arrivâmes et nous longeâmes la bande méridionale de Tahoorowa, Tandis que nous longions de près son extrémité occidentale, dans.l’intention de gagner la côte Ouest de Mowee , les scan diminuërent tout-à-coup , et nous vimes la mer se briser presque devant nous sur des roches détachées. Cet écueil nous obligea de nous porter une lieue et demie au large : nous rewimes ensuite le cap au Nord, et après
avoir passé sur un banc de sable, où la sonde indiqua dix-
neuf brasses, nous gouvernâmes vers le passage qui est entre Mowee et une Isle appelée Ranaï. À midi, notre latitude observée fut de 20 degrés 42 minutes Nord, et notre longitude de 203 degrés 22 minutes Est; l'extrémité méridionale de Mowee nous restoit à l’Est-Sud-Est ; l’extrémité Sud de Ranai, à l'Ouest-Nord-Ouest-quart-de-” rumb-Ouest ; Morotoi , au Nord-Ouest-quart-Nord, et l'extrémité occidentale de Taakoorowa, au Sud-quart- Sud-Est à la distance de sept milles. Notre longitude fut déduite exactement des observations faites sur la montre marine, avant et après midi, et comparées avec eelle qui résultoit d’un grand nombre de distances de la Lune au Soleil et aux étoiles, que nous primes le même jour. L'après-midi le ciel fut calme; nous eûmes de légers souffles de vent de l'Ouest , ot nous cinglämes au Nord. Nord-Ouest ; mais ayant aperçu au coucher du Soleil un bas-fond qui sembloit s'étendre à une distance considérable de la pointe Ouest de Mowee, vers le milieu du passage, et l'atmosphère étant variable , nous revirâmes
vent-devant et nous mîmes le cap du côté du Sud.
La bande Sud-Ouest de cette Isle, que nous avions dépassée sans pouvoir nous approcher de la côte, offre le même point-de-vue que la partie Nord-Est aperçue par nous , en revenant du Nord au mois de Novembre 1738: les montagnes de cette partie Nord-Est qui sont réunies par un isthme bas et plat, se montrèrent d'abord comme deux Isles séparées; la bande Sud-Ouest produisit la même illusion, jusqu’au moment où nous fümes à huit ou dix lieues de la côte , laquelle se repliant vers l'intérieur du pays, à une assez grande profondeur, formoit une baie très-vaste. La pointe la plus occidentale, en travers de laquelle se prolonge le bas-fond dont je parlois tout-àl'heure, est rendue trés-sensible par un petit mondrain : on trouve au Sud de ce mondrain une jolie baie sablonneuse bordée de différentes V et d’un grand nombre
«de cocotiers.
Nous reçûmes, dans le cours de cette journée, la visite de plusieurs Naturels du pays qui nous apportèrent des provisions ; nous reconnümes bientôt qu'ils étoient instruits des malheureuses querelles ‘que nous avions eues à Ow-
* kygee. Ils interrogèrent là-dessus avec beaucoup de curiosité, une femme qui s’étoit cachée à bord de {a Résolution , et qui alloit à Æ#100t : ils demandèrent d’un air fort empressé des nouvelles de Pareea et de quelques autres Chefs, et ils-parurent trés-offensés de la mort de Kaneena et de son frère. Nous eûmes cependant la satisfaction de voir que le récit de la femme ne produisoit point de mauvais effet sur leur conduite à notre égard, laquelle fut très-polie et extrêmement soumise. -
Le ciel continua à être variable pendant la nuit; mais
du Sud.
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réunies comme duisit la huit ou ntérieur une baie vers de tout-àndrain :
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DK COOK. (1779) 409 le 25 au matin, le vent souffloit de l'Est, et nous Jongeâmes la côte méridionale de Ranaï, jusqu'à près de midi : nous eùmes ensuite des calmes et de fausses brises jusqu'au soir : à cette époque, nous gouvernâmes sur la partie occidentale de Murotoi, à l'aide d’une brise légère de l'Est. Le courant qui, depuis notre départ de la baie de Karakakooa, étoit venu du Nord-Est, prit la direction du Sud-Est dans le cours de cette journée.
Le vent redevint variable la nuit ; mais il se fixa à l'Est le lendemain, dès le grand matin, et il fut si fort, qu'il nous obligea de prendre deux ris de huniers. À sept heures , au moment où nous doublions la pointe occidentale de Morotoi ; nous aperçûmes une petite baie à la distance d'environ deux lieues; elle offroit ‘une belle grève de sable; mais comme rien n’annonçoit de l’eau douce , nous mimes le cap au Nord, afin de passer au.vent de Æ#0ahoo, Isle que nous avions vue au mois de janvier 1778, lors de notre première relâche aux Isles Sandwich.
A deux heures de l'après-midi, la terre se montra dans l'Ouest-quart-Nord-Ouest à huit lieues : nous revirämes vent-devant dès qu’il n’y ent plus de jour : nous arrivämes le 27 au lever de l'aurore; et à dix heures et demie, nous nous trouviohs à une lieue de la côte, près du milieu de la bande Nord-Est de l'Isle. PU
La côte offre au Nord des collines détachées qui s’élèvent perpendiculairement du sein de la mer, et qui ont des sommets hachés et rompus. Les flancs sont revêtus de bois, et les vallées qui les séparent paroissent fertiles et bien cultivées. Nous aperçûmes au Sud une baie étendue que borne une pointe basse, située au Sud-Est , et couverte de cocotiers : il y a par son travers unrocher élevé,
qui se trouve seul à un mille du rivage. Le ciel étoit gris; et nous ne pümes voir, d’une manière distincte , la terre au Sud de la pointe : nous remarquâmes seulement qu’elle est élevée et rompue.
Comme le vent étoit toujours grand frais, nous pensämes. qu'il y auroit du danger à nous placer trop près d’une côte sous le vent, nous n’essayâmes donc pas de reconnoître la baie; nous primes le large, et nous gouvernâmes au Nord selon la direction du rivage. À midi, nous étions en travers de la pointe septentrionale de l’Isle, à environ deux lieües de la côte, qui est basse et plate , et qui présente un récif prolongé à la distance d'environ un mille et demi. Notre latitude observée étoit de 21 degrés 50 minutes Nord et notre longitude de 292 degrés 15 minutes Est ; les extrémités de l'Isle que.nous avions ên vue, nous restoient au Sud-Sud-Est un quart de rumb- Est, et au Sud-Ouest-quart-Sud, trois quarts de rumb-Ouest.
Entre la pointe septentrionale, et un cap éloigné que nous aperçümes au Sud-Ouest , la terre se replie beaucoup vers l’intérieur du pays, et nous jugeâmes que vraisemblablement on y trouveroit une bonne rade. Nous longeâmes donc la côte, en nous tenant à environ un mille du rivage; les sondes étoient régulière, et elles ‘ndiquoient de vingt à treize brasses. À deux heures un quart, la vue d’une belle rivière qui traversoit une vallée profonde, nous détermina à mouiller par treize -brasses , fond de sable ; les pointes qui forment les extrémités de la baie, nous restoient au Sud-Ouest-quart-Ouest un demi-rumb-Ouest, et au Nord-Est-quart-Est trois quarts de rumb-Est : nous avions au Sud-Est un demi-rumb-Est à uu mille l'embouchure de la rivière. L'après-midi , j'accompagnai à terre
it gris, la terre qu'elle
s pen- D près de reouverj, nous sle, à ate , et ron un 21 dedegrés avions rumb- Ouest.
né que ucoup aisemeâmes ivage; vingt d’une us dée ; les S r'est, et nous nbouterre
DE COOK. .(1779) ar.
nos deux Cæpitaines : nous renconträmes peu de Naturels du pays; la plupart de ceux que nous vimes étoient des femmes. Elles nous dirent que les hommes étoient allés à Morotoi, combattre Tahyterree, mais que leur Chef Perreeoranee n'étoit pas de l'expédition, et qu'il viendroit sûrement nous voir dès qu'on Fauroit instruit de notre arrivée. Rx TOME.
Nous fûmes très-fâchés de trouver un goût saumätre à la rivière, jusqu’à plus de: deux’cents verges de son em-
bouchure: cette salure vient des terres marécageuses qu’elle:
traverse près de la ner : plus loin, elle étoit parfaitement doute, et' elle formoit un très-beau courant au bord duquel je me promenai jusqu'au moment cù j'arrivai au confluent de deux petits‘ruisseaux, qui se divisoient à la
droite et à la gauche d'une montagne très-escarpée et:
très-pittoresque. Les bords de cette rivière, et même tout ce que nous vîmes de la partie Nord-Ouest de Wo&-
Boo, étoient bien cultivés et remplis de villages ; l'aspect
du pays me parut extrêmement beau et d’un effet charmant. : .
Il eût été possible de remplir ici nos futailles ; 6mc chargea d'aller examiner la côte sous le vent ; #8is'un récif de corail qui se prolonge le long de ia grève, à la distance d'un demi-mille , m'ayant empêché de débarquer , le Capitaine Clerke résclat de se rendre à 4r00ë
sans perdre de temps. Ncus appareïllämes à huit heures
du matin, et nous gouvernâmes au Nord jusqu ‘x la pointe du jour du 28 , que nous arrivèmes du côté de cette Isle ; nous la découvrimes à midi, et au coucher du soleil, nous étions en travers de sou extrémité orientale , qui offre une pointe plate d’une jolie verdure.
fua TROISIÈME VOYAGE
: Comme il étoit trop tard pour gagner lawade qui se trouve au côté Sud-Ouest de l'Isle , et dans laquelle nous avions mouillé l’année d’auparavant, nous passâmes la nuit à louvoyer, et le lendemain, à neuf heures du matin, nous mouillâmes par vingt-cinq brasses : yous amarrâmes avec la seconde ancre : le Cap renflé , qui est au côté Ouest du village, nous restoit au Nord-Est-quart-Nord, trois quarts de rumb-Est à deux milles; les extrémités de l'Isle se montroient au Nord-Ouest - quart -Ouest trois quarts de rumb-Ouest, et au Sud-Est-quart-Est un demirumb-Est , et l'Isle Oneekeow , à l'Ouest-quart-Sud-Ouest un demi-rumb-Ouest. Tandis que les vaisseaux se portérent vers la pointe Sud-Est de l'Isle , nous vimes en plusieurs endroits fort éloignés de la terre, quelque chose qui ressembloit à un bas-fond : lorsque nous fûmes en-
. viron deux milles à l'Est du mouillage , et à deux ou trois milles de la côte, les sondes rapportèrent quatre brasses et demie, quoiqu elles en eussent ordinairement rapporté sept et huit.
Nous fûmes à peine établis dans notre a ancien mouillage, bc “HE arrivèrent à la hanche de nos vaisseaux, mai$"fôus observâmes que les Naturels ne nous recevoient
pas avec autant de cordialité et de satisfaction que lors
de notre première relâche. Dès qu’ils furent à bord , l’un d'eux nous dit que nous avions donné à leurs femmes une maladie dont plusieurs personnes des deux sexes étoient mortes. Il étoit lui-même attaqué de cette maladie (*), et il nous fit un récit très-complet et très-détaillé des divers symptômes qui l’accompagnent. Comme il n'y
(*) La maladie vénérienne.
qui se e nous mes la matin , rrâmes
u côté Nord, ités de st trois ) demid'Ouest 5e pormes en > chose es en-
trois prasses pporté
illage, seaux, voient e lors |, l'un mmes sexes malaétaillé il n'y
NE COOK. (1779) 413 avoit pas dans Île pays la plus légère apparence de ce venin quand nous ? vinmes pour la première fois, je crains beaucoup qu'on ne puisse nous reprocher de ne avoir causé un si affreux malheur.
Nous relächions principalement ici pour faire de és et on m'envoya à terre de bonne heure, dans l’après-midi, avecla pinasse et le bateau plat remplis de barriques. Ontre le canonnier de /z Résolution , chargÿ d’acheter des:vivres, j'emmenai une garde de cinq soldats de marine. Nous trouvâmes sur la grève une foule nombreuse qui nous reçut d’abord d'une manière très-angcale ; mais elle devint extrémement incommode, dès que nous eûmes débarqué les futailles, L'expérience m’ayant fait voir combien il'est difficile de réprimer les habitans de ces mers ,:sans recourir à l'autorité des Chefs du pays, je fus très-fâché d'apprendre que tous les Chefs étoient, dans une autre p-rtie de l'Isle. Nous ne tardämes pas en effet à avoir besoin de leurs secours, car il me fut très-difficile de former, selon notré lake ; un cercle pour la commodité et la sûreté de ceux qui procédoient aux échanges. J'en vins à bout cependant , et j'avois placé des sentinel!:s pour ‘écarter la populace; mais j'aperçus bientôt un Insulaire qui saisit l: baïonnete du fusil d’un de nos soldats, et qui s’ef- 4. de sen emparer. Il lâcha prise; et: il se retira du mou a! üù j 'approchai : il revint un instant après, tenant d'une maia une piqué et de l'autre un pahooa ; et ses compatriot.« eurent bien de la peine à l'empêcher de:se battre contre le soldat : une légère égratignure qu'il reçut de celui-ci, qui vouloit l’écarter de notre cercle, occasionna
cette dispute, :
Je remarquai que nous avions besoin de beaucoup. de
di& ( TROISIÈME VOYAGE circonspection:et de méhagement , xt je! défendis, de la manière la plus expresse, de tirer:ou de faire aucun acte de violence; sans un ordre positif. Après cet arrangement, ceux de nos gens qui remplissoient Jes futailles m'appelèrent ; je me rendis auprès d'éux, et jy trouvai les Naturels aussi mal disposés, Us exigeoient une grande hacke pour chaque barrique d'eau; étcomme on n'avoit pas souscrit. à leur demande, ils ne vouloient pas permettre aux matelots de cohduire nos futailles au bord de la mer.
Dés que jets eus joints, l'un des Nssés du pays s'avanca vers mn. à airtrès-insolent, et il #tablit même prétention. Je hi dis qu'en qualité domi à je voulois bien: bi offrir une bathé , mais. que j'embarquerois sû-
renmient de l’eau sans la payer : j'ordonhai tout de suite aux matelots de la pinasse de: continuer deurs travaux, et ‘afin de les Protéger » je fis: venir trois soldats de Inarine.
"Get: acte de. és xarnêta les hnslsiousé de ne troûblèrent plus le détachement qui remplissait les futailles, mais äls contiguèrent d'ailleurs à nous tourmentér, .et.à faire les choses ‘monde les plus propres à exciter notre colère. Quelqués-uns, sous prétexte d'aider à nds !gèns à rouler les barriques ; des éloighoient du. chemin ,:et :lds emmenoient. d'un autre côté ; plusieurs énlevoient les Chapeaux sur la tête des matelots gs saisissoient la basque ‘de leurs habits ,: et ils les tiroient par-derrière ; ils leur marchoient sur les talons, et ces insulences produisoient, permi les spectateurs, des acclamations et des éclats le rire entre-mêlés d’enfantillages et de malice: Ils trouvèrent ensuite moyen de voler le baquet du tonnelier, et
, de la un acte zement, Apr vai les grande n'avoit as per- Jord de
u pays ablit ka voulois ois.sûite aux avaux, ats. de
e.troûtailles, rh à notre géns à et :lés nt les basque ls leur oient, ats de trouer, et
DE COOK. . (1779) 415 de lui arracher son sac ; mais ce dont ils désiroient le plus de s'emparer, étoient les fusils des soldats de marine, qui se plaiguoient à chaque instant de leurs attaques. Quoique la plpart eussent toujours des égards et de la déférence pour moi, ils ne me laissèrenit pas partir ‘sans contribuer pour quelque chose à leur butin : lun d’eux s’approcha de moi d'un air familier ; il -eut l'adresse de distraire mon attention, tandis qu’un de ses camarades m’enleya mon épée que je tenois négligemmient à la main, et il s'enfait avec la rapidité de l'éclair.
Nous ne pouvions sans danger recourir à la force cherchant donc à nous garantir le mieux que nous pourrions des effets de leur insolence, nous n’avions rign:à faire d'ailleurs qu'à nous y soumettre. Mes inquiétudes s’accrurent néanmoins , car j'appris bientôt du sergent des soldats de marine, que s’étant retourné brusquement , 5l avoit vu derrière moi un Jasulaire qui tenoit un pahoos, prêt à me frapper. Il se trompa peut-être; mais il est sûr que notre position étoit alarmante et critique, et que la plus légère erreur de notre part auroit pu nous être fatale, Comme. ma petite troupe étoit séparée en trois. déta- ‘chernens, qu'une partie remplissoit les barriques au lac, ‘qu'une avtre rouloit les futailles au bord de la mer, et que Îa troisième achetoit des vivres à quelque distance del, je pénsai un moment qu'il convénoit de la rassembler, et d'exécuter et de protéger un seul service à-la-fois ; mais, après y avoir réfléchi, je jugeai qu’il valoit mieux né rien chañger à nos premières dispositions. Si les Naturels nous attaquoient réellement , nos:gens placés de la manière la plus avantageuse, n’auroient jamais pu faire qu’une foible résistance : d’un autre côté, je crus important de montrer
aux Insulaires que nous n'avions pas peur, ce qui.étoit encore plus essentiel : de cette manière , nous tinmes divisée la foule des habitans du pays, et une portion assez considérable d’entr'eux ne fut occupée d'autre chose que de nous vendre des provisions.
® :]iest probable que la crainte de ños armes à feu fut la principale cause de leur lenteur à nous attaruer : la confiance qu’elles nous inspiroient, puisque nous n’opposions que cmgq soldats de marine à leurs forces entières, leur donna sans doute uhe haute opinion de notre supériorité. C'étoit:à nous'à maintenir cette idée, .et je dois. dite à Thonneur de mes détachemens, qu'il et été impossible de se mieux conduire pour rénforcer cette impression.. Ils souffrirent avec une modération’et une patience extrêmes, tont ce qui pouvoit être interprêté d’une manière plaisante: et lorsqu'ils se voyoient menacés d’une manière sérieuse, ils contenoient les Insulaires avec des regards foudroyans
et des menaces. Nous parvinmes ainsi à ramener toutes nos futailles au bord ‘de la œes; sans aucun accident
Les | | : Tandis qu’on les sois sur le Latin plat, les Na
tureis sentirent qu'ils n’auroient bientôt plus d'occasions de nous piller, et ils devinrent, d'un moment à l'autre, plus hardis et plus insolens. Le Sergent des soldats de marine m'avertit alors combien il seroit avantageux pour nous de faire entrer dans les canots:sa petite troupe la première; que les fusils des soldats, principal objet de l’avidité des Insulaires, comme je l'ai déjà dit, se trouveroient en,sûreté, et qu'en cas d'attaque, les soldats de marine nous défendroient avec plus de succès que s’ils étoient encore sur
la côte. * { RATE xt
i.étoit inmes assez je que fut la à CON- DSiONS , leur jorité.
dite à ble de n. Ils Êmes;, sante :
euse, oyans outes ident
s Nans de plus arine 1s de ire; é des nsû- Is déesur
DE COOK; (1779) 419 Nous avions tout embarqué, et il ne restoit plus à terre que M. Anderson, notre canonnier, un matelot et moi. Comme la pinasse étoit au-delà du ressac que nous devions traversér à la nagé, j'ordonnai aû canonnier et au matelot de se jeter à la mer, et de se sauver en hâte: je leur dis que je les syivrois: Ce qui me surprit beaucoup, ils refusèrent l’un et l’autre d'obéir,-et nous nous dispus tâmes tous trois, pour savoir qui demeureroit le dernier sur le rivage. J'avois parlé au matelot d’une manière trop vive, un moment auparavant; il crut sans doute que je doutois de sa bravoure, et il conçut cet acte bizarre de générosité : notre vieux canonnier ; voyant qu'il. s’agissoit d’une affaire d'honneur, pensa qu’il devoit y prendre part. Nous serions peut-être restés quelque temps dans cette position singulière, si la dispute n’avoit été terminée par des pierres qui commençoient à tomber autour de nbus, et par les cris des équipages des canots, qui nous avertiss soient de nous retirer promptement, parce queles Naturels nous suivoient dans l’eau avec des massues et des piques. J'atteignis le premier le flanc de la pinasse.: m’apercevant que M. Anderson se trouvoit à quelque distance par-derrière, et qu'il w’étoit pas encore hors de danger, je recanmandai aux soldats de marine de titer ‘un coup de fusil; ils fureut si empressés d'exécuter mon ordre, qu'ils en tirèrent deux, et lorsque: je fus entré cians le canot, je vis les Na turels en fuite. Il ne restoit sur la grève qu’un homme assis près d’une femme: cet homme essaya plusieurs fois de se lever; il n’en eut pas la force; ét je remarquai, avec beaucoup de regret, qu'il étoit biessé à laine. Ses compatriotes revinrent bientôt après, et ils formérent un cercle autour de lui; ils agitèrent leurs piques et Leurs dagues avec un