‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme]Chapitre 8 sur 68 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Manière dont les habitans de Nootka construisent leurs maisons. Description de l’intérieur de ces maisons. Meubles et ustensiles. Figures de bois. Occupations des hommes. Occupations des femmes. Nourritures animales et végétales. Maniére de les préparer. Armes. Manufactures ef arts mécaniquese Sculpture et Peinture. Pirogues. Attirail de pêche et de chasse. Outils de fer : comment ce métal s'est introduit ici. Remarques sur la langue. Petit vocabulaire. Observations astronomiques et nautiques faites dans l’Entrée de Nootka.

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LP ne paroït pas y avoir dans PEntrée d’autres bourgades ou villages que les deux dont j'ai parlé plus haut. On peut, avec assez d’exactitude, évaluer le nombre:des habitans d’après celui des pirogues qui environnèrent les vaisseaux le lendemain de notre arrivée : elles montoient à environ cent, qui, en prenant un terme moyen très-bas, contenoient cinq personnes Chacune ; raais comme nous y vimes très-peu de femmes, de vieillards, d’enfans ou de jeunes gens, je crois adopter une évaluation foible et non pas exagérée, en supposant quatre fois plus de monde, ou deux mille âmes dans les deux bourgades.

Le village qui est à l'Ouest de l'Ensrée se trouve sur la croupe d’un terrain élevé, dont la pente est assez rapide

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DE COOK. (1778) 5t depuis la grève jusqu’au bord du bois, c’est-à-dire dans l'espace où il est situé.

Les maisons sont disposées sur trois lignes, qui s’élèvert par degrés l'une au-dessus de l’autre; les plus grandes se trouvent sur le devant. Ces espèces de rues sont interrompues ou séparées à des distances irrégulières, par des sentiers étroits qui ménent à la partie supérieure ; mais les chemins qui se prolongent dans la direction des maisons entre les rues sont beaucoup plus larges. Quoiqu'il y ait quelque apparence de régularité dans cet arrangement, les maisons particulières n’en offrent aucun; car, malgré les divisions faites par les sentiers qui mènent du bas en haut, il n’y a point de division régulière ou complette, en-dehors ou en-dedans, qui sépare les divers appartemens de cette file de cabanes dont la construction est bien grossière. Ce sont de trés-longues et très-larges planches (*), dont les bords portent sur ceux de la planche voisine, et qui sont attachées ou liées çà et là avec des bandes d’écorce de pin; elles se trouvent appuyées en-dehors contre de minces poteaux, ou plutôt des perches placées à des distances considérables; mais en-deuuus il y a des poteaux plus gros, posés de travers. Les côtés et les extrémités ont sept à huit pieds de hauteur ; le derrière étant un peu plus élevé, les planches qui forment le toit penchent en avant, et elles sont mobiles, de manière qu’on peut, en

(*) Les habitations des Naturels établis sur cette côte de l'Amérique, plus au Nord, à l'endroit où l'équipage de Behring débarqua en 1741, paroissent ressembler à celles de ÆVootka ; voici la description qu’en fait Muller : « Les cabanes étoient de bois, » revêtues de planches bien unies , et même é hancrées en quel- » ques endroits ». Muller, Découvertes, p. 255.

les rapprochant, écarter la pluie, ou lorsque le temps est beau, les séparer et laisser par-là entrer le jour et donner une issue à ia fumée. En tout elles offrent un asile misérable et elles annoncent peu d'adresse ou de soin; car quoique les planches de côté soient jointes en quelques endroits d’une r2anière assez exacte, elles sont absolument ouvertes en d'autres, et il n’y a point de portes : on n'y arrive que par un trou où la longueur inégale des planches a laissé par hasard une ouverture : quelquefois deux ou trois des planches ne sont pas posées de toute leur longueur, et elles présentent un espace ouvert de deux pieds, qui sert d'entrée. Les Naturels pratiquent aussi dans les . flancs des trous nu des fenêtres par lesquelles ils regardent; mais la forme de ces fenêtres n’a aucune espèce de régularité, et elles sont couvertes de morceaux de natte qui écartent la pluie.

Lorsqu'on est dans l'intérieur, souvent on voit, sans interruption, d’une extrémité à l’autre de cette file de cabanes. Quoiqu'il y ait en général des commencemens , ou plutôt des traits de séparation pour la commodité des différentes familles, ces espèces de divisions n'interceptent pas la vue, et elles n’offrent souvent que des morceaux de planche, qui se prolongent de côté vers le milieu de l’habitation ; si elles étoient achevées, le tout pourroit être comparé à une longue écurie, qui offre une double rangée de postes et un large passage dans le milieu : chacune présente, près des côtés, un petit bañc de planches, élevé de cinq ou six pouces sur le niveau du plancher, et convert de nattes qui servent à la famille de sièges et de lits. La longueur de ces bancs est ordinairement de sept ou kuit

pieds et leur largeur de quatre ou cinq. L'endroit où on

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DE COOK. (1778) 53 fait le feu, qui est sans âtre et sans cheminée, se trouve au milieu du plancher entre les bancs. Il y avoit, dans une maison qui étoit à l'extrémité d’une rue du milieu, et presque entièrement séparée des autres par une cloison élevée bien exacte, et la plus régulière que j'aie jamais vue quant au déssin, quatre de ces bancs, occupés chacun par une famille particulière; ils étoient placés dans les coins, sans que des planches marquassent aucune séparation, et le milieu de la cabane paroissoit commun aux quatre familles.

Un grand nombre de caisses et de boîtes de toutes les dimensions , qui sont ordinairement entassées les unes sur les autres près des côtés ou des extrémités de la maison, et qui contiennent leurs habits de rechange , leurs fourrures, leurs masques, et les autres choses auxquelles ils mettent du prix, composent sur-tout leur ameublement. Quelques-unes de ces caisses sont doubles , et alors la prem'ère est surmontée d'une seconde qui lui sert de couvercle; plusieurs ont un couvercle attaché avec des lanières de cuir ; nous en remarquâmes de plus grandes, qui avoient un trou carré taillé dans la partie supérieure, par lequel ils mettent ou ils ôtent les choses qu'ils y renferment. Elles sont souvent peintes en noir, et garnies de dents de divers animaux ou ornées d’une frise et de figures d'oiseaux et de quadrupèdes : des-seaux ou baquets carrés ou oblongs, dans lesquels ils gardent de l'eau et diverses choses, des coupes et des jattes de bois rondes, de petits augets de bois d'environ deux pieds de long et de peu de profondeur, dans lesquels ils mangent; des pa niers d'osier, des sacs de natte, etc., forment à-peu-près le reste des meubles de leurs ménages. Leur attirail de

pêche, ainsi que tous leurs effets, se trouvent épars à terre ou suspendus en différentes parties de la maison, mais sans aucun ordre; l'intérieur des cabanes n'offre’ que de la confusion ; les bancs qui leur servent de lits sont les seuls endroits tenus avec quelque soin; on y voit des. nattes plus propres et plus belles que celles sur les-' quelles ils s’asseoient ordinairement dans leurs pirogues.

La mal-propreté et la puanteur de leurs habitations: égalent au-moins le désordre qu'on y remarque; ils y séchent et ils y vident leurs poissons, dont les entrailles mêlées aux os et aux fragmens qui sont la suite des repas, et à d'autres vilainies, offrent des tas d'ordures qui, je: crois, ue s’enlèvent jamais, à moins que, devenus trop volumineux ils n’empêchent de marcher. En un mot, leurs cabanes sont aussi sales que des étables de cochons ; on respire par-tont, dans les environs, une odeur de poisson , d'huile et de fumée.

Malgré'ce désordre et ces ordures, la plupart des maisons sont ornées de mauvaises statues. Ce sont tout uniment des troncs de gros arbres, de quatre ou cinq pieds de hauteur, dressés séparément ou par couples, à l'extrémité supérieuré de la cabane : le haut représente un visage d'homme; les bras et les mains se trouvent taillés dans les côtés et peints de différentes couleurs; l’ensemble offre une figure vraiment monstrueuse. Ils appeloient ces statues du nom général de K/umma , et de celui de

fatchkoa et deÿlatseeta, deux d’entre elles ; qui étoient en face l’une de l’autre, à la distance de trois ou quatre pieds, et que nous viümes dans l’une des maisons. M. Webber a dessiné l’intérieur de l’une de ces habitations, et la gravure en donnera une idée plus exacte que je ne pour-

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rois la donner ici. Les statues étc it couvertes d’une natte que les Naturels ne se soucioient point du tout d'ôter; et lorsqu'ils consentirent à les découvrir, ils nous en parlèrent toujours d'une manière très-mystérieuse. Il paroit qu'ils sont dans l'usage de leur faire quelquefois des offrandes ; nous le crûmes du-moins; sur différens signes par lesquels ils semblèrent nous inviter à leur offrir quelque chose (*). D’après ces observations, nous pensâmes

(*) Hparoît que M. Webber fut obligé de réitérer souvent ses offrandes avant qu’on voulôt lui permettre d'achever son dessin. Voici des détails qu’il nous a communiqués lui-même : « Après

avoir dessiné une vue générale de leurs habitations , je voulus

dessiner aussi l’intérieur de l’une des cabanes , afin d’avoir assez de matériaux pour donner une idée parfaite de la manière de

vivre des Naturels de l'Entrée de IVootka. Je ne tärdai pas à

en découvrir une propre à mon objet. Tandis que je m’occu-

pois de ce travail, un homme s’approcha de moi, tenant un grand couteau à la main. Il parut fâché lorsqu'il vit mes yeux

fixés sur deux statues d’une proportion gigantesque, peintes à

la manièér ‘1 pays, et placées à une extrémité @2 l’apparte-

ment ; comme je fis peu d’attention à lui, et que je continuai mon ouvrage, il alla tout de suite cherche. une natte, qu’il plaça de manière à m’ôter la vue des s s. Etant à-peu-près' sûr que je ne trouverois plus une occastäid’achever mon des-sin, et, mon projet ayant quelque chose de trop intéressant pour y renoncer, je crus devoir acheter la complaisance de cet homme. Je lui offris an des boutons de mon habit : ce bouton étoit de métal , et je pensai qu’il seroit bien aise de l’âvoir. Mon bouton produisit l’effet que j’en espérois ; car le Sauvage enleva la natte, etil me permit de reprendre mes crayons. J’eus. à-peine tiré quelques traits, qu’il revint couvrir de nouveau les statues avec sa natte : il répéta sa manœuvre jusqu’à ce que je » Jui eusse donné un à un tous mes boutons ; et lorsqu'il s’apercut: » qu'il m’avoit complètement dépouillé, il ne s’opposa plus à ce: » que je désirois ».

assez naturelleinent qu’elles représentent leurs Dieux , où qu’elles ont rapport à leur religion, où aux superstitions du pays; au reste: nous eûmes des preuves du peu de cas qu'ils en font; car avéc une trés:petite quantité de fer ou de cuivre, j'aurois pu acheter tous les Dieux du village, -si toutefois les statues dont je parle étoient des Dieux : on me proposa d'acheter chacune de celles que je vis, et j'en achetai en effet deux ou trois petites.

La pêche et la chasse des animaux de terre et de mer, destinées à la subsistance des familles, paroissent être la principale occupation des hommes; car rous ne les vimes jamais travailler dans l'intérieur des maisons : les femmes au contraire yÿ fabriquoient des vêtemens de lin ou de laine , et elles y préparoient des sardines ; elles les y apporterit'aussi du rivage dans des pañïiers d’osier, lorsque les hommes les ont déposées. sur la grève au retour dé la pêche. Elles montent de petites pirogues et elles re, cueillent des moules et divers coquillages ; elles vont peut: être en mer en d’autres occasions, puisqu'elles manœuvrent les embarcations avec autant de dextérité que les hommes : quand ceux-ci se trouvent sur ls 1ème piroghe, ils ne paroissent Soi beaucoup d'attention pour elles; Ÿs ne leur proposent point de manier eux-mêmesla pagaie ; et ils ne témoignent d’ailleurs ni égards ni tendresse. La classe des jeunes gens nous parut être la plus indolente et la plus oisive; nous les rencontrions en groupes séparés, qui se vaütroient au soleil, où qui, semblables aux cochotis, se rouloient dans le sable absolument nus. Mais il ne faut attribuer qu'aux hommes ce mépris de la décence: les femmes étoient toujours vêtues, et elles se conduisoient avec la plus grarde honnêteté ; ell:s ne s'écartèrent jamais

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DE COOK. (1778) 57 de la pudeur et de la modestie convenables à leur sexe; ces qualités sont d'autant plus dignes d'éloges, que les hommes ne semblent pas susceptibles de honte. Il est impossible toutefois qu’une seule visite de quelques heutes ( car la première üe doit pas être comptée ) ait pu nous procurer desinformations bien exactes sur leur manière de vivre et leurs occupations habituelles : il y a lieu de croire que la bourgade entière suspendit à notre arrivée la plupañt de ses travaux, et que notre présence changea la manière d’être de ces Sauvages dans l’intérieur de leurs maisons, aux temps odils sont abandonnés à eux-mêmes. Les visites multipliées qu'un si grand nombre d’entre eux nous firent aux vaisseaux nous procurèrent un moyen peut-être plus sûr de nous former uneidée de leur caractère, et même à quelques égards, de leur manière de vivre. Il paroît qu’ils passent une grande partie de leur temps dans leurs pirogues, du-moins durant l'été; car nous observâmes que non-seulement ils y mangent, que non-seulement ils y couchent, mais qu'ils s’y dépouillent de leurs habits et qu’ils s’y vautrent au soleil, ainsi'que nous les avions vus se vaatrer nus au milieu de leurs bourgades. Leurs grandes pirogues sont assez spacieuses pour cela et parfaitement sèches, et lorsqu'ils s'y font-üun abri avec des peaux, et qu’il ne pleut pas; ils y sont beaucoup mieux que dans leurs maisons.

Ils se nourrissent de tous les animaux et de tous es végétaux qu'ils peuvent se procurer; mais la portion de subsistances qu’ils tirent du règne animal est beaucoup plus considérable que celle qu'ils tirent du règne végétal. La mer, qui leur fournit des poissons, des moules, des coquil- Jages plus petits et des quadrupèdes marins, est leur plus grande ressource, Ils ont sur-tout des harengs et des sar:

dines, les deux espèces de brêmes dont j'ai parlé plus, haut et de la petite morue : ils mangent les harengs et les, sardines dans leur état de fraîcheur ; ils en font de plus une provision de réserve, et après les avoir séchés et fumés, ils les’ enferment dans des nattes qui forment des balles de trois ou quatre pieds en carré. Les harengs leur donnent une quantité considérable d'œufs ou de laites, qu'ils préparent d'une manière curieuse ; ils saupoudrent de ces laites et de ces œufs, de petites branches du pin du Canada et une longue herbe marine que les rochers submergés produisent en abondance, et ils mangent ensuite, le tout; cette espèce de kaviar ( si je puis me servir de ce terme ) se garde dans des paniers ou des sacs de natte, etils s’en nourrissent au besoin , après l'avoir plongé dans l'eau. On peut le regarder comme leur pain d'hiver, et son goût n’est point désagréable. Ils mangent d’ailleurs les œufs et les laites de quelques poissons qui doivent être fort gros, si j'en juge par la taille des grains ; mais ce £aviar a quelque chose de rance à l'odorat et au goût; il paroit que c'est le seul poisson qu’ils préparent de cette manière afin de le conserver long-temps; car quoiqu’ils découpent et sèchent un petit nombre de brèmes et de chimaerae, lesquelles sont assez abondantes, ils ne les fument pas comme les harengs et les sardines. | Les grosses moules, très-communes à l'Entrée de Nootka, sont le second article le plus important de leur régime diététique. Ils les grillent dans leurs coquilles ; ils les enfilent ensuite à de longues broches de bois où ils vont les prendre lorsqu'ils en ont besoia; ils les mangent sans autre préparation ; quelquefois cependant ils les trempent dans une huile qui leur tient lieu de sauce. Les autres pro-

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DE COOK:. (1778) 59 ductions marines, telles que les petits coquillages qui contribuent à augmenter le fond général de leur nourriture, ne doivent pas être regardées comme des moyens de subsistance habituels , lorsqu’on les compare aux articles dont je viens de oulie,

Le marsouin est l'animal de mer dont ils se nourrissent le plus communément; ils découpent en larges morceaux la graisse ainsi que la chair; et après les avoir séchés comme ils sèchent les harengs, ils les mangent sans préparation, Ils tirent aussi une espèce de bouillon de la viande fraîche d’un autre animal, et leur procédé est singulier : ils mettent de l’eau et ds morceaux de cette chair dans un baquet carré dé bois, of ils placent ensuite des pierres chaudes : ils y jettent de nouvelles pierres chaudes jusqu’à ce que l'eau et la viande aient assez bouilli : ils en ôtent les pierres dont je viens de parler, ‘avec un bâton fendu qui leur sert de pincettes : le vase est toujours près du feu (*) : ce mets est commun dans leurs repas, et à le voir, on juge qu'il est fort et nourrissant. Ils consomment aussi une quantité considérable de l'huile que leur procurent les animaux marins; ils l’avalent séparément dans une large cuiller de corne, ou elle leur sert de sauce pour les autres nourritures qu’ils prennent.

On peut présumer aussi qu'ils se nourrissens de veaux marins , de loutres de mer et de baleines ; les peaux de veaux marins et de loutres en effet étoient fort communes parmi eux , et nous aperçûmes une multitude d’instrumens de toute espèce destinés à la destruction de ces divers

(*) M. Webber a représenté cette opération dans son dessin de l'intérieur d’une maison de Wootka.

animaux. Peut-être toutes les saisons ne sont-elles pas favorables à cetté chasse : nous jugeämes, par exemple, qu'ils n'en prirent pas beaucoup durant notre relâche ; car nous remarquâmes un petit nombre de peaux et de pièces de viandes fraîches.

La même remarque est peut-être applicable aux animaux de terre: ils en tuent quelquefois; mais il paroït que cela r’arriva guères durant notre séjour , car nous n’en vimes pas un seul morceau, quoique les peaux fussent assc% abondantes : il est probable que des échanges avec les autres Tribus leur eri avoient procuré la plus grande partie. Enfin il paroît clair, d'après une multitude de circonstances, que cette peuplade tire de la mer presque toutes ces subsistances animales, si j'en excepte quelques oiseaux, parmi lesquels les goëlands et les oiseaux océaniques, qu'ils taënt avec leurs traits, occupent la première place.

Les branches de pin du Canada et l'herbe marine qu'ils saupoudrent de laites de poisson on de Æaviar, peuvent être regardées comme leurs seûls végétaux d'hiver : lorsque le printemps. arrive, ils font usage de plusienrs autres qui prennent leur maturité plus ou moins tard. Les végétaux de cette dernière espèce qui nous parurent les plus confmuns, étoient deux sortes de racines liliacées, la première garnie d’une seule tunique et la seconde gré-

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