‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme]Chapitre 9 sur 68 · É « LS È Ë · texte numérisé non relu

É « LS È Ë

nelée sur la surface; elles sont donceâtres et mucilagineu- fr ses; on les mange crues et on leur donne lenom de mak- | ct Æate et de kooguoppa. La racine appelée akeita, qui a | a presque la saveur de notre réglisse, et celle d’une fougère | à dont les feuilles n'étoient pas encore ouvertes, me paru- ; lo

rentles végétaux les plus abondans après ceux que je viens 8

DE COOK. (1778) 61 d'indiquer. Jls mangent aussi crue une autre petite racine, douceätre, insipide, qui est à-peu-près de la grosseur de la sarsa-parilla; mais nous ne connoissons pas l'espècede plante qui la produit. Ils se nourrissent, de plus, d'uve racine qui est palmée et d'un gros volume; nous vimes des. Naturels qui la recucilloicnt aux environs du Village et qui la mangeoient ensuite. Il est vraisemblable

st d'ailleurs, que le progrès de la saison leur en fournit une

MR rutitude que nous n’apercûmes pas. En effet, quoique le pays n'offre aucune apparence de culture, on y trouve une quantité considérable de bourdaines et dé groseilliers de deux espèces dont ils peuvent manger les fruits; car nous les avons vu: se nourrir des feuilles de groseilliers et de celles de lis, au moment cù ils les détachoient de la plante ou de l'arbrisseau. Ils paroissent ne point se soucier des nourritures qui ne sont pas douces, ou qui sont un peu trop âcres; car nousne püûmes jamais les déterminer à manger du poireau ou de l'ail; cependant ils en apportèrent une quantité considérable à notre marché, lorsqu'ils s'aperçurent que nous aimions ces deux plantes. Ils ne sembloient avoir aucun goût pour ce que nous mangions, et quand nous leur présentâmes des liqueurs spiritueuses, ils les rejetérent comme quelque chose de peu naturel et de désagréable au goût.

Hs mangent quelquefois encore de petits animaux marins {rais ; mais ils sont dans l'usage de rôtir ou de griller les choses dont ils se nourrissent , car ils ne connoissent pas du tout notre méthode de faire bouillir des alimens, à moins qu'on ne veuille le trouver dans l'espèce de bouil- Jon qu'ils tirent du marsouin : leurs vases étant de bois, ae pourroient résister au feu.

ri Ur é kr Ls æ Le

Ge Re nm EE = 5

62 TROISIÈME VOYAGE ë

La mal-propreté de leurs repas répond parfaitement à | la mal-propreté de leurs cabanes et de leurs personnes : É 4 il paroït qu ils ne lavent jamais les augets et les plats de $

bois dans lesquels ils prennent leurs nourritures , et que Jes restes dégoûtans d’un diner antérieur sont mélés avec les matières du diner qui suit. Ils rompent aussi avec leurs mains et avec leurs dents toutes les’ choses solides ou coriaces ; ils font usage de leurs couteaux pour dépecer lediéps grosses pièces; mais ils n’ont pas encore imaginé de se servir du même moycn pour les diviser en morceaux plus petits et ensbouchées, quoique cet expédient plus commode et plus propre ne demande aucun effort d'esprit. Enfin, ils ne semblent pas avoir la moindre idée de la

“se

propreté ; car ils mangent les racines qu'ils tirent de leurs 5

champs, sans secouer le terreau dont elles se trouvent fl éhargées. Fe

J'ignore s'ils ont des heures fixes pour leurs repas : nous les avons vus manger dans leurs pirogues, à tous les momens de la journée ; mais lorsque nous allämes reconnoître le village, nous remarquâmes que vers midi,

ils préparent plusieurs baquets de bouillon de marsouin, il et je présume que c’est le temps où ils font leur repas à

principal.

Ils ont des arcs et des traits, des frondes, des piques, des bâtons courts d'os, qui ressemblent un peu au patoopatoo de la Nouvelle-Zélande, une petite hache quidiffère : peu du zomahawk ordinaire d'Amérique : la pique a ordinairement une longue pointe d'os : la pointe de quelques- k uns des traits est de fer; mais elle estordinairement dos et dentelée. Le tomahawk est une pierre de huit pouces de 1 long, dont une des extrémités est terminée en pointe, et À bé

Le eme + ts

BR CRE de inc vd) NS

DE COOK. (1778) 63 l'autre établie sur un manche de bois ; le manche ressemble à la tête et au cou d’une figure humaine ; la pierre est posée dans la bouche, et on la prendroit pour une langue d’une grandeur énorme : afin que la ressemblance frappe davantage, la tête est garnie de cheveux. Ils donnent à cette armele nom de faaweesk et de tsukeah. Ils ont une autre arme de pierre appelée seeaik, de neuf pouces ou d’un pied de longueur , qui a une pointe carrée.

D’après le grand nombre d'armes de pierres, et d’autres matières qu'on voit parmi eux, il paroit sûr qu'ils sont dans l'habitude de se battre corps à corps ; et la multitude des crânes humains qu'ils apportèrent à notre marché prouve d'une manière trop convaincante que leurs guerres sont fréquentes et meurtrières. |

Leurs manufactures et leurs arts mécaniques sont bien plus étendus et bien plus ingénieux, par rapport au dessin et à l'exécution, que ne l'annonce le peu de progrès de leur civilisation à d’autres égards. Les vêtemens de lin et de poil dont ils se couvrent, doivent être la première chose qui les occupe, et ce sont les ouvrages les plus importans de leurs fabriques. Ils tirent.leurs étoffes des fibres de l'écorce d’un pin qu'ils rouissent et qu'ils battent, comme on rouit et comme on bat le chanvre. Ils ne la filent pas; mais lorsqu'ils l'ont préparée d’une manière convenable, ils l’étendent sur un bâton posé sur deux autres qui se *‘rouvent dans une position vérticale. Elle est disposée de façon que l’ouvrier, assis sur ses jarrets , audessus de cette machine bien simple, y noue des fils tressés, séparés l’un de l'autre par un intervalle d’un demi-pouce. D'après leurs procédés, l'étoffe n’est niaussi serrée, ni aussi ferme que celle qu'on fait au métier ; mais les fais-

' SE SE D D Dom +

ceaux qui demeurent entre les divers nœuds remplissent les intervalles et la rendent assez impénétrable À l’air;elle a d'ailleurs l’avantage d’être plus douce et plus souple. Quoique leurs habits soient probablement fabriqués de la même façon, ils ressemblent beaucoup à une étoffe tissue; mais les diverses figures qu’on y remarque ne permettent pas de croire qu’on les a travaillés au métier ; car il est fort peu vraisemblable que ces Sauvages aient assez d'adresse pour finir un ouvrage si compliqué autrement qu'avec leurs mains. Les étoffes ont difilérens degrés de finesse ; quelques-unes ressemblent à nos couvertures de laine les plus grossières , et d’autres égalent presque nos couvertures les plus fines ; elles sont même plus douces et plus chaudes. Le petit poil , ou plutôt le duvet qui en est la matière première, paroît venir de différens animaux, tels que le renard et le 2yrx brun ; celui qui vient du /y#x est le plus fin , et dans son état naturel, il a presque la couleur de nos laines brunes grossières : mais en le travail lant, ils y mélentles grands poils de la robe des animaux,

ce qui donne à leurs étoffes une apparence un peu diffé-

rente. Les ornemens ou les figures répandues sur leurs habits sont disposés avec beaucoup de goût ; ils offrent ordinairement diverses couleurs : les plus communes sont le brun foncé ou le jaune ; cette dernière, lorsqu'elle est fraîche, égale en éclat les plus beaux de nos tapis.

Les arts d'imitation se tiennent de fort prés, et il ne faut pas s'étonner que ces Sauvages, qui savent travailler des figures sur leurs vêtemens et les sculpter sur le bois, sachent aussi les dessiner en couleurs. Nous avons vu toutes les opérations de leur pêche de la baleine peintes sur leurs chapeaux. Quoiqu’elles fussent grossiérement exécu-

de.

r na de F4

tée.

abs don tion pele dan:

sur les 1 déte fets paro uns hom:

qui c prof.

lieu:

ment ure È longe ticale proue ces e unes :

dents clous leurs pèced bleäu animal

que de

Ë bÉ CO0K. (1798) 65

t 1 tées , elles prouvent du-moins que malgré leur ignorance e | absolue de ce qui a rapport aux lettres, et outre les faits L À dont ils gardent le souvenir par leurs chants et leurs tradia 4 tions, ils ont quelques notions d’une méthode pour rape; 5 peler et représenter d'une manière durable ce qui se passé at È dans le pays. Nous observâmes d'autres figures peintes rt Li sur leurs meubles et leurs effets ; mais j'ignore si on doit se Fi les regarder comme des symboles qui ont une signification PC # déterminée et reconnue , ou si ce sont uniquement des ef. 8 5 ñ fets de l'imagination et du caprice.

les ! La construction des pirogues est fort simple; mais elles Le à paroissent trés-propres à l’usage-auquel on les destine: us Ë un seul ârbre compose les plus étendues; qui portent vingt iès à hommes et quelquefois davantage; on en voit beaucoup els ‘ qui ont quarante pieds de long, sept de large et trois de ax | profondeur. Elles se rétrécissent neu-à-peu depuis le mi-* ou- ; lieu jusqu'aux deux extrémités; l'arrière se termine brusqueail- î ment et par une ligne perpendiculaire : elles présentent x) # ur« bosse au sommet de l’étambot ; mais l'avant se pro- A longe davantage ; il se déploie en lignes horizontale et verrs 1 ticale, et il se termitie par une pointe en saillie ou par une ont | proue beaucoup plus élevée que les flancs. La plupart de nt | ces embarcations n’ont aucun ornement : mais queldüesest } unes sont chargées d’un peu de sculpture et ornées de |} dents de veaux marins posées.sur la surface en forme de ut ) clous pareils aux dents qu’on voit sur leurs masques et sur des } leurs armes. Il y en a un petit nombre qui offrent une esca - L pèce de proue sur-ajoutée ; cette proue sur-ajoutée ressemes ) ble à un large taille-mer, et elle représente la figure d’un ur | animal. On n’y trouve d’autres sièges ou d'autres appu's u- que des bätons arrondis , un peu plus gros qu’une canne, Tome TTL, 5

placés en travers à mi-profondeur. Elles sont très-légères ; et étant plates et larges, elles voguent sur les flots d'une manière assurée sans avoir un balancier : distinction remarquable entre les canots des peuplades américaines et ceux des parties méridionales des Grandes-Indes et des Isles de l'Océan Pacifique. Les pagaies sont petites et farges ; elles ont à-peu-près la forme d’une large feuille épointée au sommet, plus étendue au milieu, et se retrécissant peu-à-peu jusqu’à la tige ; leur largeur est d’envi-

‘ron cinq pieds : les Naturels habitués à en faire usage, les

manient avec beaucoup de dextérité ; car ils n’ont pas encore introduit les voiles dans leur navigation.

Leur attirail de pêche et de chasse est ingénieux et d’une exécution heureuse. Il est composé de filets, de hamecçons, de lignes , et d’un instrument qui ressemble à une rame. Cet instrument a environ vingt pieds de long, quatre ou cinq pouces de large, et à-peu-près un demipouce d'épaisseur : chacun des bords dans les deux tiers de la longueur (l’autre tiers forme le manche ), est garni, de dents aiguës., d'environ deux pouces de saillie. Les Naturels s’en servent pour attaquer les harengs, les sardines et les gutres petits poissons qui arrivent en radeaux; ils le ploñgent au milieu du radeau, et le poisson se prend sur ou entre les dents. Leurs hameçons sont d'os et de bois, et assez grossiers ; mais les harpuns avec lesquels ils frappent les baleines et les autres animaux. de mer d’une moindre grosseur , annoncent un esprit fort inventif : il est composé d’une pièce d’os qui présente deux barbes, dans lesquelles est fixé le tranchant oval d’une large coquille de moule qui forme la pointe ; il porte deux ou trois brasses de corde; et pour le jeter , ils emploient un bâton

cena es ects ee dec ressent

PERS Dee ANS

RÉ HTS

de d attacl nière une Nc ploie:

que n ttes :

avec | roisse térent têtes :

fois d de bé d’une bruit « fois c.

SiCRS les di d’anin Qu:

vrage lanière Jaquell vent d ne pot

quelq

de me

Décou

LA

Page 1