‹ Troisièmes mélangesChapitre 10 sur 96 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

certain qu'il en étoit d'inconciliables avec ceux del'Eglise, et dont les conséquences auroient amené sa ruine complète. Il est certain qu'ils abusèrent de leur autorité , pour s'immiscer, contre tout droit, dans le régime intérieur de cette même Église; qu'ils avoient de proche en proche abaissé sous leur dépendance la hiérarchie entière, soumettant ses actes, quels qu'ils fussent, à leur contrôle souverain , et que quelques uns de leurs propres actes, radicalement opposés à l'essence du catholicisme, tendoient à l'établissement d'une église nationale, d'une église civile, que le prince auroit gouvernée despotiquement. Personne ne regrettera qu'une pareille tendance, grâce à la résistance que le clergé lui opposa , n'ait pas atteint tout son développement ; personne ne regrettera que la France n'ait pas vécu sous celle de toutes les oppressions la plus abrutissante , une religion officielle.

Toutefois il est certain aussi que les maximes des parlements contenaient d'importantes vérités ; qu'elles servirent beaucoup à conserver dans son intégrité pratique le principe fondamental de la distinction des deux puissances ; que si , à partir d'une époque relativement récente, l'Etat envahit lès droits de l'Église , l'Eglise auparavant avoit envahi les droits de l'Etat , et eût de plus en plus con-

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