PRÉFACE. XV
mier heu, l'ensemble des maximes par lesquelles l'Etat en France régloit ses relations avec la puissance ecclésiastique, avec le Pape, les évêques et les conciles mêmes. Il désigne, en second lieu , les franchises dont le clergé françois se maintenait en possession à l'égard de Rome, franchises qui se divisent ellesmêmes en deux branches , l'une relative à la discipline, l'autre à la doctrine.
L'Etat, représenté en cela par les Parlements , dépositaires et gardiens de ses maximes qu'ils avoient successivement formulées , se trouvoit par rapport à l'épiscopat dans une double position. Celui-ci blessoit-il ses droits ou ses prétentions , l'Etat lui étoit hostile : avoit-ilàse défendre contre Rome, l'État généralement s'allioit à lui pour le protéger; et l'épiscopat à son tour étoit, selon ses intérêts , tantôt uni à Rome contre l'État, tantôt à l'Etat contre Rome. De là vient, comme parle Bossuet, qu'autres étoient les libertés de l'Eglise gallicane , telles que les magistrats les entendoient, autres ces mêmes libertés telles que les entendoient les prélats (i). Chacun y prenoit ce qui lui convenoit, et repoussoit le reste.
Parmi les principes des parlements , il est
(1) Lettre au cardinal d'Estrées , OEuvres de Bossuet , t. IX, p. 275, édit. de 1778.