‹ Troisièmes mélangesChapitre 14 sur 96 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

employa de plus les armes du Pontife. Il usa de tous les moyens que lui fournissoit son autorité spirituelle , pour contraindre les Florentins à plier sous sa volonté. Ils ne cédèrent qu'à la force.

Il y a donc lieu, en thèse générale, de distinguer les actes du Pape des actes du prince; car , si Ton doit catholiquement obéissance à l'un , quiconque n'est pas son sujet ne doit rien à l'autre , et s'il arrive , chose si naturelle humainement parlant ? que le prince mette le pouvoir propre de la papauté au service de sa politique personnelle et de son ambition, en paroissant résister au Pape , on ne résiste de fait qu'au souverain étranger, et il faudroit, en toutes circonstances, se soumettre à celui-ci aveuglément, si jamais il nétoit permis de résister au Pape abusant de son autorité, comme on vient de le dire.

L'expression usitée parmi les magistrats spécifie donc une distinction exacte en soi , distinction quelquefois nécessaire pour conserver celle des deux puissances, et maintenir sans confusion les droits de chacune, bien qu'il soit vrai aussi qu'on en peut faire , dans la pratique , des applications vicieuses et destructives de l'un des droits mêmes qu'elle est destinée à garantir.

De là évidemment la nécessité d'une règle

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