XXXIV PRÉFACE
trouver au problème qui préoccupe le monde une solution par cette nouvelle voie. On a refusé d'y entrer , et , en ce qui tient à cette solution même , avec toute raison. Car , nous l'avouons hautement , en admettant les idées qu'on a repoussées avec une si vive chaleur , on transforme seulement la difficulté , on ne la résout pas , ainsi que l'on va s'en convaincre.
Supposons en effet une société se gouvernant elle-même par des délégués temporaires responsables. Cette hypothèse exclut l'idée même d'un pouvoir politique et civil tel que celui dont on a si vainement cherché à concilier l'indépendance reconnue en droit , avec celle également reconnue de la puissance spirituelle. Mais en sera-t-on plus avancé? Nullement. Toutes les questions qui se présentoient à l'égard du prince renaîtront à l'égard de la nation ainsi constituée. La distinction des droits propres et absolus des deux puissances étant établie en principe général , sans que ces droits fussent ni pussent être déterminés en particulier, il s'agissoit de comprendre la possibilité d'une règle pratique qui garantît le libre et plein exercice des siens à chacune de ces puissances , la possibilité de l'indépendance respective du prince et de l'Eglise. Il s'agira maintenant de comprendre la