‹ Troisièmes mélangesChapitre 24 sur 96 · PRÉFACE. XXXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXV

possibilité de l'indépendance respective de l'Église et de la nation que l'on suppose se gouverner elle-même : car elle a aussi ses droits propres en tant que nation, il existe aussi pour elle un ordre purement civil ; indépendant par son essence de l'autorité spirituelle. On se retrouve donc au même point, et la difficulté est encore au delà.

Essayons de poser la question dans sa plus grande généralité, telle qu'aujourd'hui elle se présente, quoique vaguement et confusément, aux esprits qu'elle inquiète. Ce n'est au fond ni une question de prince , ni une question de peuple ; c'est l'immense question des rapports de l'humanité tout entière avec l'autorité spirituelle catholiquement conçue.

Selon la croyance universelle du genre humain , il existe un certain ordre de vérités qui ont le caractère de lois, et qui, sous ce rapport , sont hors du domaine de la raison et de la volonté libre. Ainsi nulle part ce qui blesse l'idée et le sentiment de justice , partout fondamentalement uniformes , n'a , aux yeux de la conscience, ce caractère de liberté. Personne , en aucun lieu , ne sera , par exemple , admis à se justifier d'un meurtre , en disant , mon opinion est qu'on peut tuer à sa fantaisie. En un mot , le genre humain croit à un droit obligatoire invariable qu'on est tenu

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