‹ Troisièmes mélangesChapitre 27 sur 96 · PRÉFACE. XXXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXIX

ceptes révélés ont été maintes fois attaqués par la raison ; on a nié maintes fois l'autorité de la hiérarchie, ou, sous une multitude de prétextes divers , on en a , sans la nier , entravé l'exercice. Les monuments de l'histoire et de la tradition catholique montrent l'Eglise perpétuellement en guerre pour défendre soit sa doctrine contre la hardiesse de la pensée, soit sa juridiction contre les entreprises de la puissance civile; et personne ne doute que, dans cette guerre , le droit n'ait été souvent et le plus souvent peut-être de son côté.

Il n'en est pas moins certain que la hiérarchie a bien des fois porté atteinte à la légitime liberté de la raison , comme à la liberté qui appartient à l'homme , en tout ce qui ne tombe pas sous les prescriptions de la loi divine , de la loi morale révélée. Comme il s'agit ici de faits qui, en définitive, sont toujours appréciés par le simple bon sens général et la conscience humaine , toutes les subtiles argumentations , toutes les distinctions , tous les détours logiques , à l'aide desquels on peut disputer éternellement dans une école , doivent être écartés, parce qu'au fond 3a conscience et le simple bon sens rien tiennent aucun compte. Ainsi , peu importe , sous ce rapport , que tel ou tel acte de la hiérarchie ait ou n'ait pas le caractère d'une indéformable décision de foi, parce

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que, fût-on même toujours d'accord sur ce qui offre ce caractère , les principes du catholicisme ne réduisent point à cet unique cas la soumission due à la puissance spirituelle , et que , d'après ces principes , on lui doit encore, en une infinité d'autres cas, une obéissance non moins effective. Des propositions , des opinions peuvent être condamnées non seulement comme hérétiques, mais encore comme fausses, erronées , scandaleuses , mal sonnantes , et , sous ces qualifications et autres semblables , les catholiques sont également obligés de les rejeter , sans quoi l'on ne concevroit rien à l'autorité de l'Eglise enseignante. La hiérarchie exerce de plus vm autre genre de pouvoir sur les consciences qu'elle a charge de diriger. En vertu de ce pouvoir , elle résout les doutes qui peuvent se présenter relativement à la conduite, prescrit certains actes, en interdit d'autres : en un mot , dans cet ordre encore , elle fait l'office de juge et sanctionne ses jugements par des peines spirituelles.

Quand donc on examine l'usage que la hiérarchie a fait de sa puissance , il est indispensable de considérer l'ensemble de ses actes quels qu'ils soient ; car ils lui appartiennent tous également, et c'est de leur ensemble que se compose l'influence totale qu elle a exercée. La question qu'en ce moment nous traitons

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