PRÉFACE. XLI
nestpoint une question théologique, mais une question plus générale , qui embrasse à la fois les deux grandes lois d'unité et de liberté. On peut, en théologie, soutenir que la doctrine de Savonarole, examinée derechef après sa mort et solennellement alors déclarée irrépréhensible (i), n'a jamais été condamnée par un jugement dogmatique définitif, non plus que celle de Galilée. Toutefois, la prison de l'un , le bûcher de l'autre, ont pourtant quelque force de censure , et ces deux exemples peuvent servir à montrer comment, soit par erreur, soit par passion, la hiérarchie peut envahir les droits de la raison libre , en même temps qu'ils prouvent qu'elle les a de fait envahis quelquefois. Ses querelles presque permanentes avec le pouvoir temporel , l'abus des excommunications et des interdits pour des intérêts purement humains , abus si fréquent à de certaines époques , et sur lequel , comme sur plusieurs autres , il nous répugnerait de nous étendre , prouve également qu'elle ne s'est pas à beaucoup près renfermée toujours , en ce qui regarde les actes naturellement libres , dans les limites de sa juridiction propre. Nous ne sachons pas que ceci soit contesté de personne , et quelles que soient de part et d'autre les chi-
(1) Sa canonisation fnt sollicitée par saint François de Paule, saint Philippe de Néri et sainte Catherine de Ricci.