XLII PRÉFACE
canes de détail , ce que nous venons de dire des usurpations réciproques de l'autorité religieuse et de la liberté philosophique et civile n'est que l'expression de la conscience universelle.
Or existe-t-il un moyen de constater, en chaque circonstance, avec certitude ces mutuelles usurpations, et de les réprimer sans porter atteinte soit à la liberté soit à l'autorité ? Telle est la question que nous avons posée, et dont l'importance évidemment n'est pas moins essentielle que celle des deux lois mêmes à la conservation desquelles il s'agit de trouver une garantie. D'un côté, l'humanité libre, et qui périt si elle ne demeure libre : de l'autre côté, une puissance divine instituée pour maintenir , au sein de la liberté , la connoissance certaine des devoirs qui, en bornant cette liberté même, la ramènent à l'unité de l'ordre. Tels sont les deux éléments de la vie, qui doivent subsister ensemble, harmoniquement liés et indépendants , comme nous l'avons vu.
On est d'abord forcé de reconnoître qu'entre la hiérarchie , d'une part , et l'humanité libre , de l'autre , il n'existe aucun juge possible. Nul moyen donc, en cas de conflit, d'arriver par cette voie à une décision. Que si cependant chacun reste, au même titre, juge de son