‹ Troisièmes mélangesChapitre 30 sur 96 · PRÉFACE. XLIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XLIII

droit , ce n'est pas rétablir la paix , c'est perpétuer la guerre. Nulle décision encore, nul jugement. Nécessité donc que ce soit une des parties dissidentes qui juge. Mais comme , en premier lieu , il est prouvé que toutes deux ont de fait excédé leurs droits , qu'elles ont toutes deux dépassé les bornes de leur domaine respectif, quelle que soit celle qui juge , son jugement ne donnera point la certitude cherchée. Aucune, en second lieu, ne peut être reconnue pour juge , sans que l'autre aussitôt ne tombe sous sa dépendance absolue. Plus d'autorité catholiquement conçue, si elle dépend dans son exercice , dans l'obligation de lui obéir, d'un examen et d'un jugement préalables de ceux qui doivent y être soumis. Plus de liberté , si sans jugement, sans examen, on doit lui obéir en tout et toujours ; car alors on ne sera libre que sous son bon plaisir, quand elle le voudra , autant qu'elle le voudra , et pas davantage. La liberté absorbera l'autorité , ou l'autorité la liberté. Les lois constitutives de la nature humaine seront renversées de fond en comble.

Voilà , encore un coup , la question qui fermente sourdement dans les esprits, qui les agite et les inquiète. On ne gagneroit rien, tout au contraire, à la dissimuler. Nous avons cru de notre devoir de l'exposer nettement;

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