‹ Troisièmes mélangesChapitre 3 sur 96 · PRÉFACE. V · texte numérisé non relu

PRÉFACE. V

saurait atteindre à cette perfection idéale , et il n'est personne qui , le voulant ou non , ne subisse à quelque degré l'influence du progrès commun. Malgré soi l'on s'éclaire, malgré soi l'on marche, la foule vous emporte, et la sotte vanité qui, à chaque pas, conteste ce mouvement, traînée à reculons, voit peu à peu fuir dans le lointain ses convictions inébranlables.

Pour nous , notre joie la plus vive comme la plus intime est de ne rien sentir en nous qui résiste à cette merveilleuse impulsion, qui n'est celle de personne , qui est celle de tous , et dont le résultat est le développement de la vérité dans la raison de tous. Ce développement renferme à nos yeux toutes les espérances terrestres de l'homme ; car il ne peut croître dans la vérité sans croître aussi dans l'amour, et l'amour et la vérité sont les deux éléments de sa vie progressivement plus parfaite.

Si nous jetons un regard attentif sur le passé de notre esprit , nous ne pouvons méconnoître l'action successive exercée sur lui par l'intelligence générale. Il a , pour ainsi dire, végété dans ce sol ; il y a puisé la sève que le travail interne lui a rendue propre, et, se modifiant toujours en acquérant toujours , il a parcouru de la sorte , selon la mesure de sa foiblesse que nul ne connoît mieux que

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