‹ Troisièmes mélangesChapitre 36 sur 96 · PRÉFACE. L · texte numérisé non relu

PRÉFACE. L

et de l'humanité (i) , nous crûmes que ce glorieux passé pou voit renaître , et que le christianisme , appliqué au monde social par la Papauté , pouvoit encore lui épargner une infinité de maux, en régularisant le mouvement politique que rien n'arrêtera, en opérant enfin la magnifique alliance du principe d'ordre et du principe progressif, de la foi et de la science , de la religion et de la liberté. Nous nous trompâmes , nul doute ; on nous en a , tout le monde le sait, assez solennellement averti ; mais l'erreur peut-être étoit pardonnable.

L'état des choses devenoit cependant de jour en jour plus grave. Après une révolution depuis long-temps préparée dans l'esprit pu-

(1) Nous ne prétendons pas que les Papes se soient directement proposé ce but ; qu'ils aient en général songé à autre chose qu'à la conservation de leur propre puissance -7 mais la conservation de leur puissance se trouva liée alors a celle des droits dont nous parlons. Jamais un pouvoir , quel qu'il soit, ne s'occupe que de lui-même, ne s'intéresse qu'à luimême. Il étoit impossible que les Papes échappassent plus que d'autres à cette loi universelle. Celui d'entre eux qui nous paroît avoir conçu avec le plus de grandeur la politique de la Papauté et avoir eu dans l'ame les sentiments les plus généreux est sans contredit Grégoire VIL II semble que par-delà sa cause particulière comme pontife, il ait entrevu la cause immense de l'humanité , et les ait unies dans un même amour. Ses dernières paroles , en mourant fugitif à Salerne, sont sublimes : Dilexi justitiam et odivi xniquitatem . propiereà morior in exilio,

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