‹ Troisièmes mélangesChapitre 46 sur 96 · LXX PRÉFACE · texte numérisé non relu

LXX PRÉFACE

le seul fait de l'opposition des sommités de la hiérarchie arrêtoit tout nécessairement. Nous aurions dû prévoir au moins la possibilité de cette opposition, et comprendre en même temps qu'il n'est point de faute plus grave que de se hasarder dans une vaste entreprise dont on n'est pas absolument maître , et qu'on ne peut pas conduire à son gré.

Lien des hommes avec Dieu et par conséquent des hommes entre eux , la religion , loi du devoir , est par son essence indépendante de l'homme. Du moment où elle cesse de l'être, elle perd son caractère propre , elle n'est plus , et ce ne sont pas des religions que ces établissements qui , assnjétis au pouvoir civil , dirigés, contrôlés par lui , ne vivent que sous son bon plaisir , n'ont d'action que celle qu'il leur prescrit, ou qu'il leur permet. Aussi cet état d'asservissement a-t-il constamment pour effet d'affoiblir la foi dans le cœur des peuples ; et quand la religion , soumise au gouvernement qui dispose d'elle sous prétexte de la protéger, devient l'auxiliaire du despotisme, ce n'est plus seulement de l'indifférence , c'est de la haine qu'elle inspire , ou , ce qui lui est plus funeste encore , un inexprimable mépris. Ces deux causes réunies concouroient à ruiner le catholicisme en France. Nous essayâmes de l'affranchir en le séparant de l'Etat, et en effet

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