LXXII PRÉFACE
guise la dépendance , quiconque est payé dépend de qui le paie ; et c'est pourquoi le gouvernement attachoit une importance extrême à maintenir le budget ecclésiastique, d'où dérivoit son droit de commandement sur les ministres du culte. On ne fait pas volontiers de pareils aveux , et celui-ci cependant a été fait, et Ton peut lire dans le Moniteur les naïves paroles qui le contiennent (i). Deux autres
(1) « Aujourd'hui que les limites que cette Charte avoit posées n'existent plus , craignons de nous égarer en deçà et pardelà celles de la civilisation. C'est pour éviter un si grand inconvénient qu'il faut consacrer en principe que le salaire public des ministres d'un culte est accordé dans l'intérêt de l'État plus encore que dans l'intérêt de ce culte même.
« Sans examiner une question résolue par la nouvelle Charte et par l'expérience, et dont la discussion nous mèneroit trop loin , celle de savoir s'il convient ou non que l'Etat entretienne les ministres de la religion et subvienne aux frais des cultes, qu'il nous suffise de remarquer que les traitements de ces ministres ont pour objet, en maintenant les institutions religieuses, en assurant le service public des cultes, en accordant à ceux de la grande majorité des François l'appui et le secours que réclame leur importance , de mettre l'État mieux à portée d'exercer le droit de surveillance qui lui appartient sur les matières religieuses et la conduite des ministres des cultes. Le salaire public qu'ils reçoivent
CONSTITUE UN CONTRAT SYNALLAGMATIQUE ENTRE LA SOCIÉTÉ RELI- GIEUSE ET LA SOCIÉTÉ POLITIQUE, AU MOYEN DUQUEL CETTE DERNIÈRE PROMET SA TUTELLE ET l' AUTRE SA SOUMISSION. »
Chambre des Pairs, séance du 2d janvier 1831. Traitement des ministres du culte israélite. Discours de M. le comte de Portalis , rapporteur.
« Le traitement pour le ministre du culte , comme pour