PRÉFACE. LXXV
ractère , en repoussant l'ignominie du salaire que l'État leur alloue chaque année. D'autres , moins confiants en la Providence , craignirent pour eux-mêmes et pour la religion , si , n'ayant plus l'appui du budget , il falloit compter uniquement sur la charité des fidèles. L'exemple de la pauvre et croyante Irlande auroit pu peut-être les rassurer. Cependant il faut dire que le clergé n'y trouve des ressources si étendues , que parce qu'il s'y est identifié complètement avec le peuple. Il étoit possible et même facile au clergé françois , lorsque nous l'exhortions à secouer les chaînes du pouvoir civil , de se rendre également populaire. Les choses ont changé depuis , et loin de lui donner aujourd'hui le conseil de renoncer aux gages qu'il reçoit du gouvernement, nous l'en détournerions , s'il pouvoit en avoir la pensée sérieuse. Il mourroit de faim, sans aucun doute, dans la moitié de la France. Presque partout c'est beaucoup maintenant que le prêtre qui ne coûte rien réussisse à se faire tolérer; que serait-ce, s'il lui falloit exiger qu'on le défrayât?
La question du refus de salaire dépendoit, au reste, de la question plus générale de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. L'autorité hiérarchique a décidé celle-ci , et c'était à elle seule en effet qu'il apparteno.it de la décider,