‹ Troisièmes mélangesChapitre 52 sur 96 · LXXVI PREFACE · texte numérisé non relu

LXXVI PREFACE

comme nous lavons toujours reconnu et solennellement déclaré. La première chose qui frappe dans sa décision, c'est la gravité des motifs qui ont dû la déterminer, à raison de la gravité des conséquences qu'elle entraîne. En maintenant les rapports établis entre l'Eglise et les souverains temporels, on a dû se résigner d'abord à la désaffection des peuples, en guerre dans toute l'Europe avec ces souverainetés , et par conséquent accepter les chances qui peuvent résulter pour le catholicisme de la victoire des peuples aigris contre une institution alliée avec ceux qu'ils regardent comme leurs oppresseurs. Que si au contraire ceux-ci triomphent, toujours est-il que la lutte contre eux est en même temps une lutte contre l'Eglise , et que l'habitude de lutter contre elle est très-peu propre à affermir sa puissance dans les esprits, surtout lorsque cette persuasion restera ferme et en apparence justifiée par les faits , qu'elle est incompatible avec la liberté politique. Ce triomphe d'ailleurs des souverainetés , quelle en seroit la suite ? L'extinction totale de la religion catholique en Pologne; son asservissement absolu en Italie, où le Pape est déjà, comme Pape, moins maître et bien moins maître qu'il ne l'est à Constantinople; un schisme en Allemagne, et peut-être pis, car personne n'ignore quels sont

PJRÉJb'ACE. LXXVII

dans cette contrée les efforts des gouvernements pour détacher de Rome les populations conduites par un clergé, en grande partie, à peine chrétien. Nous ne pousserons pas plus loin rémunération des conséquences qu'auroit plus que probablement la victoire des princes sur les peuples. En voilà, ce nous semble, assez pour faire comprendre quelle a dû être la force des motifs qui ont déterminé le Chef de l'Église. Essayons de nous les représenter nettement.

On peut considérer sous deux points de vue le christianisme catholique : sous le point de vue, pour ainsi parler, de sa nature intrinsèque, et sous le point de vue de son organisation extérieure. Par la première il se lie à Dieu, par la seconde il se lie au monde et participe à son mouvement. Il est aisé de concevoir la nécessité de l'une et de l'autre et de leur union qui constitue le catholicisme même. Toutefois l'on arrive pratiquement à des conclusions très-diverses, selon l'importance respective que l'on attache à chacun de ces deux éléments nécessaires, dans la recherche d'une règle applicable au gouvernement delà société chrétienne.

En effet le christianisme , considéré en soi , dans ses dogmes, son culte, sa morale, étant, sur les points qu'il propose à la croyance des

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