‹ Troisièmes mélangesChapitre 53 sur 96 · LXXVIII PREFACE · texte numérisé non relu

LXXVIII PREFACE

hommes, dans les préceptes qu'il promulgue, dans les sentiments qu'il inspire, la plus haute expression de la vérité et de l'amour, on pourroit se croire autorisé à déduire de là que tout ce qui tend à satisfaire ces deux grands besoins de l'humanité, à développer, dans tous les ordres de connoissances , la vérité qui est une essentiellement, à élever, à améliorer la condition générale des hommes, ce qui est le but et l'effet de l'amour , tend à dilater le christianisme, et qu'envisagé dans son essence, indépendamment d'une certaine action particulière de Dieu qui doit elle-même être en harmonie avec cette essence immuable, il n'a pas de principe plus puissant , ni même d'autre principe de conservation sur la terre.

Nous confessons franchement que cette pensée nous avoit séduit. Nous pensions , quant au dogme, que la vérité divine étant impérissable et se justifiant par elle-même , pour user d'un mot de l'Ecriture, plus la raison seroit libre dans ses recherches, ses examens , ses discussions , plus s'accompliroit prochainement l'indissoluble union de la science et de la foi , qui ne peuvent correspondre à des termes opposés , puisque , encore une fois , la vérité est une, et qui jamais non plus ne s'embrasseront au sein des ténèbres. Et d'ailleurs quel moyen de ravir désormais à la rai-

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