‹ Troisièmes mélangesChapitre 54 sur 96 · PRÉFACE. LXXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. LXXIX

son humaine la liberté dont elle s'est mise depuis trois siècles en possession , de la refouler dans l'ignorance, de l'enchaîner dans l'inactivité ? Et que seroit-ce qu'une religion que menaceroit le progrès de l'intelligence? Nous pensions enfin que les peuples ayant aujourd'hui le sentiment d'un droit social dont ils attendent le soulagement de leurs souffrances intolérables , par la substitution d'une légitime liberté à la servitude que leur impose le pouvoir oppressif des souverainetés absolues , dévoient trouver dans le christianisme un appui et une règle pour atteindre ce but sans désordres ? puisque la loi évangélique qui, en rappelant aux hommes leur égalité native et le lien de fraternité qui doit les unir, a tant contribué à l'abolition de l'esclavage ancien , n'est pas moins favorable à l'abolition de l'esclavage moderne ou de l'esclavage politique. Et combien ne leur fût pas devenue chère et vénérable la religion céleste qui, compatissant à leurs maux, eût ouvert, pour les adoucir, tous les trésors de sa charité inépuisable, et béni, au nom du Dieu qui ne fait point d'acception entre ses enfants , les efforts tentés en faveur du foible , du pauvre , c'est-à-dire del'incomparablementplus grande portion de la famille humaine , pour l'affranchir de la tyrannie que quelques uns exercent

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