PRÉFACE. XCI
pétuellement il n'usera de sa force que pour votre avantage et non pour le sien? Est-ce parce qu'il pourra tout sans avoir rien à craindre , qu'il ne voudra jamais que ce qui est juste et bien ? Est-ce parce qu'il aura plus de moyens que personne de satisfaire son ambition, qu'il sera dépourvu d'ambition? Voilà ce que vous vous promettez non d'un seul homme, mais de ses descendants, de génération en génération, pendant une durée indéfinie. Vous fondez la paix, la sécurité, la liberté publique sur l'espérance d'un prodige inoui , d'un miracle permanent. Il y a de quoi être tranquille. On peut choisir , mais point d'illusions ; elles n'enfantent que des maux et des regrets stériles. Vous plaît-il de dépendre d'un maître ? à la bonne heure , établissez que le pouvoir parmi vous se transmettra héréditairement. Tenez-vous, au contraire, à la liberté? Gardez-vous d'engager l'avenir ; retenez soigneusement et votre droit et l'usage de votre droit, ayez un mandataire éligible et responsable.
Mais ce que vous proposez , c'est la république. Eh ! certainement, la république : croyezvous donc qu'aucun autre genre de gouvernement soit aujourd'hui possible en France, y puisse être autre chose , pendant sa pénible et courte existence, qu'une guerre civile organisée par la loi? Voyez plutôt. Le dévelop-