‹ Troisièmes mélangesChapitre 57 sur 96 · XCI1 PRÉFACE · texte numérisé non relu

XCI1 PRÉFACE

pement de l'intelligence, de la notion du droit, du sentiment du juste, la division des propriétés, la diffusion des connoissances,ont produit un immense besoin d'égalité ; et l'égalité réalisée, qu'est-ce sinon la liberté politique et civile ? Est-ce avec ces deux éléments désormais impérissables que vous construirez une monarchie ? Ecoutez cependant. La république qui monte peu à peu sur l'horizon , la république devenue nécessaire et qui subsistera , ce ne sera point le règne d'une fraction du peuple imposant à la société ses opinions pour règle, ses volontés pour loi. Supposé qu'elle vînt à sortir du désordre présent , celleci ne seroit, n'en doutez pas , qu'une catastrophe passagère. Rien de ce qui ne reposera pas sur les bases éternelles de l'ordre , sur le respect des droits d'autrui, des propriétés, de la conscience , sur l'égalité en un mot et la liberté véritable, n'aura de durée. En de si graves circonstances , on ne doit pas puérilement reporter dans l'avenir la mémoire d'un passé qui ne peut renaître. On vous effraie , pourquoi ? parce qu'on a bon marché des gens effrayés. Rejetez toutes ces indignes craintes. Quand les vieux Romains s'approchoient des autels de la Peur , c'étoit pour la conjurer, ce n'étoit pas pour y chanter des hymnes en l'honneur de la tyrannie* Le mot de républi-

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