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XII PRÉFACE

conclusions qui lui contestent précisément le droit d'intervenir dans la question que l'on traite. Quoiqu'il en soit, le système proposé pour établir le catholicisme , semble avoir des conséquences graves. Car il en résulte , en premier lieu, que le catholicisme est radicalement en dehors de la raison humaine ; qu'ainsi l'on doit y croire, croire à l'Ecriture, croire à l'Eglise , sans aucune raison quelconque d'y croire: que dès lors, en second lieu, ces croyances ne reposent sur rien, ou reposent uniquement sur une impression interne produite par Dieu même, qui forme dans lame , par sa toute-puissance , la foi qu'il exige de l'homme ; impression dont la réalité ne sauroit être prouvée , que chacun sent en soi , qu'il n'a aucun moyen d'examiner, de vérifier, de distinguer, par quelque autre chose que ce sentiment même, de toutes les illusions dont lame humaine peut être le jouet : ce qui est le principe même du fanatisme dans toutes les religions et dans toutes les sectes, principe qui a le même degré de force pour justifier chacun dans la sienne. Il résulte enfin du même système que, dans tout ce qui n'est pas l'objet de l'enseignement de l'Eglise, il n'existe aucune vraie certitude pour l'homme.

Hors des trois svstèmes qu'on vient d'indi-

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quer, il n'en est aucun autre possible. Jamais on nen présentera qui ne se résolve en un de ceux-là. Ainsi , de toute nécessité , il faut nécessairement ou en adopter un, ou tomber logiquement dans le scepticisme absolu. Maintenant, ce que nous ajoutons est purement historique.

Le troisième système qui place le principe de toute certitude dans la révélation et l'autorité divine de l'Église, paraît être repoussé par la presque universalité des catholiques. Dans un écrit public , un évêque l'a même à peu près qualifié d'hérétique , et l'on assure qu'il n'a été guère mieux accueilli à Rome.

Le second système, incompatible avec les bases du catholicisme, et plusieurs fois censuré sous diverses formes , est encore bien moins toléré. Toutes les controverses catholiques contre le protestantisme n'ont, en dernière analyse, d'autre but que de le combattre, en montrant qu'il détruit directement la notion de religion, telle qu'elle est admise par les protestants mêmes qui ne sont que protestants.

lie premier enfin, déclaré faux , absurde , dangereux pour la foi, par la plupart des évêques de France, proscrit des écoles, solennellement dénoncé à Rome, a dû sans doute y devenir l'objet d'un sérieux examen ,

XIV PRliFACK.

et l'on s'accorde assez généralement à penser qu'il est, sinon condamné d'une manière formelle, au moins improuvé comme très suspect dans la dernière encyclique du Pape.

Voilà où en sont les choses et tout ce que nous savons,

A l'époque où se discutoit la question phi losophique de la certitude, des discussions également vives, provoquées à quelques égards par des mesures oppressives du pouvoir, s'étoient élevées sur ce qu'on est convenu d'appeler le gallicanisme. Ici nous avouerons que dans la chaleur du combat où nous nous engageâmes pour défendre soit l'Eglise en général, soit Rome en particulier, nous fûmes, en quelque sorte, un peu trop soldat, nous regardâmes un peu trop les choses d'un seul côté. Préoccupés de la cause que nous avions entrepris de soutenir, parce qu'elle nous sembloit juste et qu'elle l'étoit réellement au fond , nous négligeâmes surtout beaucoup trop d'étendre notre vue au delà des points qui formoient le sujet de la controverse présente. En rappelant ce qu'elle offre de principal, nous tâcherons d'être court et clair en même temps.

On a donné le nom commun de libertés de l'église gallicane à des choses très diverses qu'il faut distinguer. Ce mot désigne, en pre-

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