LE COUDE BALLANT APRÈS RÉSECTION
après ankylosé qu’après résection même paraissant solide-
Pour beaucoup des réséqués, je le répète, c’est un résultat remarquable : grâce à resquillectomie très large, trop large pour qu’ensuite l’ankylose soit possible, on a évité l’amputation et, après avoir sauvé la vie, on a conservé un membre infiniment supérieur à un bras-artificiel. Si même, en raison soit de la destruction initiale soit des complications phlegmoneuses, la main est ensuite passable, voire médiocre, cela encore vaut presque toujours mieux que la prothèse : aussi bien, est-on toujours à temps de se résoudre à l’amputation tardive lorsque, la main et le coude étant inertes ou à peu près, il y a des douleurs par névrite, des troubles trophiques.
Est-il juste de comparer ces résections primitives,-souvent très étendues, aux résections secondaires pour arthrite, aux résections tardives pour ankylosé ? Pas tout à fait, c est cer¬
tain.
Mais déjà les faits me paraissent démontrer que I on aurait tort de systématiser la résection primitive, de l’appliquer aux délabrements assez modérément étendus, peu ou pas infectés, à titre de traitement préventif de l’ostéo-arthrite suppurée, pour gagner du temps et éviter la déchéance musculaire qui
domine le pronostic éloigné. , , v, ,
Je connais la doctrine : la résection est la plus-haute expression du drainage articulaire; et le faites! parfaitement exact. La question est de savoir si au coude, ce drainage à sa plus haute expression est nécessaire pour traiter une ostéo-arthrite traumatique suppuréé par plaie de guerre. Or, si je considéré d’abord le pronostic vital, i’affirme que non ; chez aucun de mes blessés du coude je n’ai fait la résection secondaire, et tous ont guéri, avec une main et une épaule aussi bonnes que le comportaient l’étendue etla nature de la blessure'. Tous, il est vrai, avec ankylosé à angle droit ; mais les résultats derésection que j’ai observés me soulagent de tout repentir.
Ce qui précède n’est aucunement pour critiquer les operateurs qui, sur le front ou à l’arrière, traitent par la résection franche soit les fracas importants, soit les arthrites suppurées du coude : on peut différer d’avis, entre chirurgiens d égale valeur sur le moment où surgit l’indication opératoire. Je dis seulement que, pour mon compte particulier, je ne suis guere orienté vers cette indication, parce que pour la poser on tait