ANKYLOSE DU COUDE
puissantes, imaginées avant la chirurgie antiseptique. Le procédé ne s’applique plus qu’aux ankylosés fibreuses serrées, que l’on peut rompre à la main. On peut, parla radiographie, se rendre compte jusqu’à un certain point de sa possibilité; mais souvent on n’en jugera qu’au dernier moment, lorsque l’on constate, sur le sujet endormi, la persistance d’une certaine flexibilité. Il arrive ainsi que, tout étant prêt pour la résection, on réussisse le redressement manuel. Lorsqu il y a des indurations péri-articulaires, des cicatrices postérieures étendues et adhérentes, le redressement s’accompagne quelquefois d’une déchirure transversale des parties molles postérieures, avec ouverture de l’articulation partiellement oblitérée. Cela m’est arrivé une fois, pour une ankylosé en rectitude, avec membre par conséquent inutilisable, quoique la main fût bonne; la plaie tamponnée s’est cicatrisée lentement, mais sans encombre, et j’ai obtenu une ankylosé solide à angle droit.
b) La résection, lorsqu’elle a pour but le retour de l’ankylose, mais en position favorable, est à vrai dire une ostéotomie cunéiforme du bloc osseux formé par le cal articulaire. Elle sera aussi économique que possible, et strictement sous périostée, pour conserver au maximum le pouvoir ossifiant. Je discuterai plus loin la question de savoir dans quelles conditions on doit ou on peut profiter de la résection pour rendre au coude des mouvements.
indications au redressement résultent de ce que j ai dit plus haut, et par conséquent ne peuvent être formulées de façon absoluè, lorsque l’extenâion ne dépasse pas 135.11 faut alors obéir à l’indication professionnelle et au désir du blessé : je dirai seulement que je n’ai jamais été sollicité pour une ankylosé à angle droit et que je l’ai été plusieurs fois pour une ankylosé à angle obtus.
Vankylosé incomplète avec mouvements entre 135» et 180“ d’extension est à traiter comme une ankylosé complète en position vicieuse; avec mouvements entre 13 d“ et90“, elle sera toujours respectée, en mettant à part le cas spécial (que je " n’ai pas vu en chirurgie de guerre) d’une pointe humérale faisant butoir en avant et facile à abraser sans toucher à l’articulation.
Résection mobilisante. — Pratiquée de façon déterminée, la résection du coude peut être suivie de la reconstitution
REDRESSEMENT — RÉSECTION MOHIUSANTE 21
d'une néarthrose mobile : ces faits sont de connaissance ancienne, et on en trouve de remarquables dans l’immortel Traité de^ résections A'0\\\&r. Mais on aurait tort, à mon sens, de partir de là pour systématiser la résection mobilisante, soit préventive et précoce, soit tàrdive, une fois l’ankylose constituée,.
J’ai vu (féfiler au Grand Palais, soit au centre de Physiothérapie, soit aux commissions d’appareillage, un nombre considérable Atréseclionsprimitives An coude. Lorsque ledélabrement initial n’était pas énorme et avait respecté les nerfs ; lorsque l’opération a été bien exécutée et les soins consécutifs bien dirigés, le résultatest quelquefois bon, en ce sens que les mouvements des doigts et-du poignet sont conservés et vigoureux, que la flexion active du coude est solide, que l’épaule est excellente.
L’affaire est d'opérer avant que les muscles n’aient périclité et de s’occuper d’eux aussi vite que possible après l’opération. L’affaire aussi est que le chirurgien soit rompu à la pratique de la chirurgie osseuse, strictement sous-périostée, pour enlever les esquilles, pour régulariser à la scie les fragments. Mais tous les opérateurs n’en sont pas là, il faut le reconnaître ; d’autre part, ceux qui opèrent au front ne peuvent pas s’occuper des soins consécutifs, l’évacuation avant cicatrisation étant obligatoire. Aussi est-il fréquent que le résultat soit inférieur à ce que je viens de dire, avec main médiocre, flexion active du coude insuffisante ou même nulle.
Mais en ne prenant même que les bons résultats, ceux qui, par exemple, ont été présentés à la Société de Chirurgie par les chirurgiens qui systématisent la méthode, le fait est q-ue je n’en ai pas vu un seul où ; to la solidité latérale fût complètement assurée ; 2° l’extension active^fiàt conservée. Ce sont presque tous des coudes ballants, qui fonctionnent quelquefois bien en flexion active, mais dont l’extension est purement passive, en sorte que, si on les soulève en extension, l’avant-bras tombe brusquement en flexion sous l’action de la pesanteur lorsque le bras dépasse l’horizontale. Aussi la plupart des ouvriers manuels ont-ils besoin d’un appareil à tuteurs latéraux, avec charnière, et même avec crémaillère. Des études faites au Grand Palais parNepper et Vallée, avec l’ergographe de Marey, prouvent que la force est toujours plus grande