Chapitre premier. - Cicatrices. Lésions et troubles musculaires
(-hapitre il — Lésions des Leviers osseux. Cals vicieux. 115
Les fonctions articulaires sont troublées dans leur solidité, leur vigueur et leur amplitude, par des lésions qui peuvent atteindre :
1° U articulation elle-même, os ou ligaments ;
2“ Les parties molles voisines et alors entrent en jeu :
a] La jyeau et le tissu con/owcij/sous-cutané, dont la rétraction cicatricielle niet obstacle au mouvement dans un sens déterminé ;
b) Les musçles, atrophiés, sclérosés et rétractés, paralysés, contracturés, adhérents, détruits ainsi que leurs tendons sur une étendue variable;
S» Les diaphyses osseuses voisines qui, après fracture, se consolident en direction vicieuse, ou ne se consolident point.
De là résultent des conséquences mécaniques très variées, par laxité, perte d’action musculaire, attitude vicieuse, soudure ou raideur de^ la jointure ; et le problème se complique de ce fait que, à la suite des plaies énormes, à suppuration grave, observées pendant la guerre, ces lésions élémentaires et leurs conséquences fonctionnelles ont coutume de s’associer. Donner une description de ces associations est impossible, tant leur variété est grande, commandée qu’elle est par la nature et la complexité du délabrement traumatique d’abord, des complications infectieuses ensuite. Tl y a des types clini-
Broca. — Troubles locom. - ,
2 CLASSIFICA no N GÉNÉRALE
ques, cependant, que l’on peut passer en revue clans l’ordre
que je viens d’énumérer.
Même dans les cas les plus complexes, d’ailleurs, la connaissance exacte des lésions élémentaires est indispensable pour instituer un traitement rationnel et efficace, pour bien délimiter ce qui ressortit à la mécanothérapie et à l’opération chirurgicale. Ce départ n’est pas toujours fait avec la précision désirable, et les blessés ne sont pas rares qui s’éternisent dans des centres de physiothérapie alors qu’en réalité on les soumet à une thérapeutique inutile : tantôt complètement inutile, quand on lutte par exemple contre une ankylosé proprement dite, osseuse ou fibreuse serrée ; tantôt inutile jusqu’au moment où l’on se décide à supprimer chirurgicalement un obstacle mécanique, définitif, au mouvement. ,Je ne parle pas des cas, plus fréquents qu’on ne le pense, où ces actions sont nuisibles. ,
Et, par contre, il n’est pas toujours facile de déterminer a quel moment, de quelle façon, avec quel résultat une opération a des chances de succès, partiel ou total. L’obstacle mécanique existe, nous en sommes sûrs, mais notre acte ne sera-t-il pas frappé de stérilité par les lésions concomi-
tcint6s ?
Qu’on ne cherche donc pas, dans ce livre, des données toujours immuables d’anatomie pathologique, de classification, de médecine opératoire. Mais que le clinicien se serve de certaines données immuables pour rétablir de son mieux la fonction compromise.