‹ Troubles locomoteurs consécutifs aux plaies de guerreChapitre 22 sur 95 · C. — Ankylosé tibio-tarsienne · texte numérisé non relu

C. — Ankylosé tibio-tarsienne

1° Ankylosé à angle droit. — Le pied étant ankylosé à angle droit, la station debout a lieu sur les appuis normaux.

Dans la marche, le déroulement de la plante sur le sol d’arrière en avant devient impossible; de même la flexion tibiotarsienne associée à la flexion de la hanche et à l’extension du genou pendant la propulsion du membre.

Il faut donc, pour détacher le membre du sol et le porter en avant, exagérer l’inclinaison puis la rotation du bassin sur le

4o Ai\hyL()SE rjJi[(J-7ARSIENNE EN ÉQUmiSME

membre sam; ce qui fait marcher genou étendu, comme sur un pilon.

. Avec de l’habitude, c’est une marche peu fatigante et que l’on arrive à rendre peu disgracieuse, surtout si l’on élève de ce côté le talon de la chaussure. Un léger degré de flexion tibio-tarsienne à angle aigu sur la jambe l’améliore.

C’est donc une ankylosé foncliqnnellement favorable.

2“ Ankylosé en équinisme. — L’ankylose en équinisme, au contraire, est nettement défavorable.

Dans la station debout.^ l’appui a lieu sur les articulations métatarsophalangiennes en hyperextension, talon en l’air, genou et hanche fléchis, pour compenssr Vallongement du membre.

Aussi, dans la m.arclie, le pied ne peut être détaché du sol qu'en exagérant l’inclinaison latérale du bassin, la flexion du genou et de la hanche, d’autant plus que l’équinisme est plus prononcé.

Ce temps disgracieux étant exécuté, le pied arrive au sol non par le talon, mais par la pointe." ^

S’il reste sur la pointe, ce qui est le cas de l’équinisme accentué, il faut que la flexion persistante du genou, donc de la hanche, compense l’allongement.

Si, en cas d’équinisme modéré, le sujet retombe sur le talon, plante a plat, comme toute flexion tibio-tarsienne est impossible, il en résulte que, pendant cet appui, la jambe est oblique en haut et en arrière ; ce qui implique l’hyperextension du genou lorsque le poids du corps va porter sur le membredans le temps d appui unilatéral de ce côté. Le ligament postérieur se laisse forcer, le genou se met en recurvmtum, avec mouvements de latéralité, et le membre manque tout à fait de solidité.

Cet inconvénient est évité dans deux conditions ;

1° Lorsque l’équinisme compense à peu près le raccourcissement dû à une fracture concomitante de la jambe ou de la cuisse ;

2» Lorsque l’équinisme ne dépasse pas te degré imposé au pied sain par une chaussure à talon ordinaire.

On revient alors, un peu moins bien, à la démarche de l’ankylose à angle droit.

Encore, en cas de raccourcissement concomitant, y a-t-il (à cela une limite.

eux, en principe, plante l’on y regarde, dans ces ion importante, je-le veux conclure que, pendant le

A.XKYLOSE E.X ÈQUIN-VARUS 4i

io Ouoi qu’en ' ensent souvent les « orthopédistes » qui font « le soulier pour coxalgie », la marche en équinisme conapensateur accentué est défectueuse : elle a heu sur la pointe du pied, orteils en hyperextension ; ou même,à un degrede plus, sm le bout du gros orteil, qui se coince dans la chaussure, devient douloureux, souvent est atteint d ongle incarne. Cfla est pis lorsque toute souplesse tibio-tarsienne est supprimée. Le sujet marche certainement mieu'à plat sur une semelle élevée. Que 1 conditions, à pratiquer une opératio

bien* mais Ton aurait tort d’en ^ -

traitement de la fracture, il faut laisser le pied se mettre en

équinisme. . . ,

2“ Lorsque le membre n'esl pas raccourci, et lorsque 1 cquinisme dépasse celui de la chaussure normale, on demande

souvent d’y parer à l’aide d’une chaussure orthopédique a talon

élevé. D’où obligation de la station debout et de la marche en

flexion exagérée du genou.

Pour un ou deux centimètres d’élévation du talon, la so ution est acceptable : et elle est indispensable, si la correction opératoire n’est pas possible, pour éviter le genu recurvatum. Au delà, la solution est mauvaise et il faut obtenir, âpre

tarsectomie, l’ankylose en bonne position.

G. L'ankylosé en équin-varus est encore plus défavorable que la précédente. Dans la station debout, l’appui a lieu sur la partie antérieure du bord externe et même de la tace dorsale du pied. Dans la marche, cela ôte toute solidité au. temps d’appui unilatéral ; et d’autre part à ce “0™®" ’ ^

médio-tarsienne n’est pas elle aussi ankylosee, le poids du corps force de plus en plus, à chaque pas, l’attitude en varus. ^ Lorsqu’il y a varus concomitant, aucune chaussure n es capable de donner un résultat orthopédique convenable; aucun contrefort, aucun tuteur métallique ne résiste a la torsion en varus pendant l’appui du corps sur la pointe C'est aussi exact que pour le pied bot congénital. ' celui-ci est-il susceptible d’une'solution, peu élégante il est vrai ■ les os de l’enfant se laissent modeler jusqu a ce que l’avant-pied .soit à angle droit sur l’arrière-pied plante regardant verticalement en arrière. L’appui a heu, alois, sui la tête de l’astragale et du calcanéum, franchement sur le clos

.1 NK}'LOSE MÉDIO-TARSIENNE

du pied, et le sujet marche comme sur deux pilons, avec une petite agrafe interne, qu’il évite d’accrocher au passage en exagérant l’inclinaison latérale du hassin. Mais cette solution est impossible chez l’adulte, dont la médio-tarsienne ■ n’arrivera jamais à ce degré de modelage.

Le vrai remède est donc dans la résection partielle ou totale de l’astragale, rendue évidemment atypique par la soudure osseuse; d’où nécessité d’agir avec le ciseau et le maillet. On n’ouhliera pas que, l’astragalectomie étant le remède.à l’équinisme, il faut se méfier du vârus secondaire, le calcanéum dépassant en avant l’alignement de la mortaise et l’avant-pied pouvant ainsi être attiré en dedans. Aussi estil bon de réséquer en même temps la grande apophyse du calcanéum.

Le membre est immobilisé pour six semaines dans le plâtre, en talus-valgus.

D. Or, Vatcüude instinctice de repos, pour les arthrites du pied, est l’équinisme avec varus ou tendance au varus.' Il faut donc, pendant le traitement des blessures du cou de pied, y veiller avec grand soin.

Dès le début, on évitera que le sujet, garni d’un simple pansement, se couche sur le côté malade, pied en équinisme, tout le membre reposant, genou fléchi, sur sa face externe. Il faut tout de suite, avec les bandes du pansement, imprimée au pied sinon l’attitude, au moins la direction en talus-valgus et en fixant celle-ci aussi bien que possible dans une gouttière en fil de fer. Et l’on redressera complètement en appareil plâtré, avec anesthésie au besoin, sitôt que ce sera compatible avec l’état des plaies.

D. — Ank-ylose médio-tarsienne et sous-astragalienne

1® h'ankylose en rectitude, l’axe de l'avant-pied sur lé prolongement de celui de l’arrière-pied, plante à plat, n’entraîne à vrai dire aucune gêne fonctionnelle.

Les muscles adducteurs et abducteurs perdent toute action en ce sens et deviennent directement fléchisseurs ou extenseurs de la tibio-tarsienne, dont le jeu n’est en rien entravé. Or si, pendant la marche, une légère extension médio-tarsienne associée à la flexion tibio-tarsienne ajoute quelque élé-

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