REPRISE DU FONCTIONNEMENT
leur (inévitable au début) qu’elles provoquent. C’est de la durée qu’il faut s'enquérir, et non de l’intensité, toujours grande.
c. Reprise du fonctionnement. — Ce n’est pas tout, en effet, que de mettre une articulation en liberté : encore faut-il que le blessé s’en serve. Or il a une tendance instinctive, pour éviter toute douleur, à ne s’en point servir, souvent môme si la plaie n’intéresse que les parties molles. C’est à étudier pendant la période de décubitus et au début du lever.
Au membre supérieur, cette tendance instinctive, pendant la période de décubilus, est que le membre s’allonge contre le corps, coude presque étendu (ce qui est déplorable), et en pronation (ce qui est non moins déplorable), poignet et doigts soit étendus, soit demi-fléchis ; quelquefois d’appuyer en avant du tronc le coude plus ou moins fléchi, ce qui diminue la pronation, mais ce qui met le poignet en flexion (mauvaise position). La tendance des infirmières et de beaucoup de médecins, est d’assurer encore mieux cette immobilisation parmne gouttièi’e en fil de fer.
Au membre inférieur, qu’il y ait décubitus dorsal, genou en extension, ou décubitus latéral sur le côté malade avec flexion du genou, le pied tombe en équinisme avec plus ou moins de varus et de griffe d.es orteils (position déplorable), à la fois pour obéir à la pesanteur (son poids et celui des couvertures) et pour relâcher les muscles du mollet. Ici la gouttière, genou en extension, est utile, car elle donne un appui vertical à la plante du pied et arrête les couvertures.
Ce qu’il faut, dans un cas comme dans l’autre, c’est tout de suite s'occuper des mouvements des doigts et des orteils, du poignet et du cou-de-pied ; tout de suite les imprimer passivement, peu à peu augmentés, au moment de la toilette du blessé ; très vite les faire exécuter activement, en maniant dans la paume de la main un objet de moins en moins volumineux (un globe de bande par exemple) ; maintenir le pied à angle droit dès qu’il commence à devenir équin, ce qui se fait avec un étrier que l’on fixe aux bords de la gouttière, sur lequel s’il le faut le blessé tire, ou que même on adapte‘à un.tracteur élastique, tel qu’un vulgaire tube de caoutchouc.
Au lieu de cela, que voyons-nous souvent, sous prétexte de mettre vite le blessé hors du lit « où il se débilite » et où il s’ennuie? Nous'voyons des écharpés et des béquillards.