‹ Troubles locomoteurs consécutifs aux plaies de guerreChapitre 29 sur 95 · MOBILISATION DES RAIDEURS ARTIGCLAIRES · texte numérisé non relu

MOBILISATION DES RAIDEURS ARTIGCLAIRES

muscles autour d’une articulation immobilisée, est un excellent procédé d’entretien musculaire.

La balnéalion chaude (vers 45»), quotidienne, est certainement assouplissante : on s’en rend compte par les' mouvements exécutés dans le bain, et en outre facilités par le principe d Archimède. Au lieu de bains, ou alternant avec eux, les douches chaudes sont utiles.

Que valent les actions médicamenteuses surajoutées? bains ou douches sulfureux, eaux minérales ? La réponse à cette question est douteuse. Je crois que les boues minérales, a termentation continue, à réactions chimiques et physiques mal précisées mais incontestables, ont une action propre. Mais il semble bien que pour les eaux minérales proprement dites la minéralisation soit un facteur secondaire.

Chaque station, cela va sans dire, prêche pour son saint ; mais, toutes étant» la pliisradioactive», il paraît peu important qu elles soient de telle ou telle composition chimique ; il semblé que la part principale revienne à la balnéation chaude et a un hon outillage de la station pour la physiothérapie.

Je ne suis pas convaincu qpe l’ionisation, la radiumthérapie soient des adjuvants bien efficaces; pas plus que divers médicaments que l’on a tenté de faire avaler.

B. Moyen spécifique. — Le mouvement est le médicament spécifique des raideurs articulaires : vrai médicament à prescrire en temps voulu et cà doser à la fois dans la force et la durée de l’application.'

Le moment où il convient de commencer la mobilisation— cela n’a trait qu’aux cas où il y a eu arthrite préalable — est celui où la douleur, même intense, causée par le mouvement ne persiste pas après que cesse l’action mécanique. Parfois le traitement provoque une poussée inflammatoire, que l’on juge de la même manière, et pendant laquelle on interrompt La répétition du mouvement doit être aussi fréquente que possible, toujours en tenant compte, comme il vient d’être dd, de la souffrance. Ces quelques règles sont applicables aux ' divers procéÆs de mobilisation que nous avons, à notre disposition.

La mobilisation est active, par les mouvements volontaires du sujet, ou passive, c’est-à-dire par mouvements communi-

. MOBILISATION D’UNE PETITE RAIDEUR Sg

qués. Ges mouvements passifs, imprimés par le sujet luimême, par un opérateur ou par une machine, sont lents et progressifs, ou brusques et violents. Les premiers suffisent pour les petites raideurs, où fon sent assez vite s’ils permettent de gagner ; lorsqu’ils échouent, on ne doit pas s’y obstiner et il convient de traiter par la mobilisation brusque ces grandes raideurs. Ce qui ne signifie pas raideur de grandes ou de petites jointures. J’étudierai d’abord le cas simple des raideurs en bonne position ; puis le redressement des raideurs en mauvaise position.

Jo Raideurs en bonne position. — Dans ce cas, l’assouplissement est tout et peut être entrepris directement.

a. Petites raideurs. — L’agent principal de traitement des petites raideurs Qs,i\e, mouvement actif, collaborateur indispensable de toute mobilisation passive, et d’ailleurs forcément associé à des réactions passives plus ou moins marquées.

Un sujet guéri d'arthrite, mais forcément raidi, — ou un sujet raidi sans avoir eu d’arthrite, — étant remis en libei-té, vous avez à faire fond, pour beaucoup, sur le retour spontané et progressif des mouvements, à la fois par contraction musculaire volontaire ou instinctive et par action passive des forces extérieures, pesanteur, chocs et pressions, qui agissent constamment sur nous.

Ces conditions mécaniques sont différentes au membre supérieur, où il y a élongation par la pesanteur, et au membre inférieur, où le poids du corps agit par pression réactionnelle, de bas en haut, après appui du pied sur le sol. Mais dans les deux cas, aux mouvements volontaires, toujours fort légers d’abord et instinctivement limités à cause de la douleur, il est indispensable d'adjoindre de petits mouvements involontaires passifs, un peu brusques, douloureux, pour dépasser de temps en temps la limite actuelle de la mobilité : ils sont, pour un instant, très douloureux, mais ils font gagner du terrain, que l’on conserve ensuite par les mouvements ordinaires.

Cela se produit sans doute accidentellement pendant des mouvements ordinaires, de temps à autre, par un « faux mouvement », au moment où le sujet y pense le moins et le régime du travail est alors le seul traitement. Mais'.dans les cas un peu accentués on ne peut s’en fier ainsi au hasard. L’on n’arrive

à un résultat que si on dresse le sujet à des exercices méthodiques, en lui apprenant à se servir de éertains points d’appui passifs qu’il a sous la main... ou sous les pieds.

Voici, en commençant par le membre supérieur, quelques détails sur cette mécanolhérapie à domicile.

A l'épaule, l’assouplissement de l’abduction et de la rotation interne (les deux mouvements importants) est très facile : et il y a vingt-cinq ans, je me suis taillé en huit jours une petite réputation dans le drap d’un rhabilleur, qui avait réduit une luxation de l’épaule (manquée par un médecin), mais avait commis la faute d’immobiliser pendant un mois en échai pe , après quoi il n’avait pas su comment s’y prendre pour décoller le coude du corps.

Assis parallèlement au bord d’une table, appuyez la pointe de votre coude, côté interne, contre ce bord, puis écartez le torse ; passivement, vous ouvrez l’angle. Cela vous fait un peu de mal : n’appuyez plus ; mais, sans augmenter 1 angle, restez quelques secondes en tension ; puis quelques secondes encore, angle un peu moins ouvert. Redressez le tronc, reposez-vous

quelques minutes et recommencez.

Debout contre une cheminée, contre une bibliothèque, dont les rayons vous fournissent des hauteurs à votre choix, accoudez-vous comme un beau ténébreux de 1830 et vous exécuterez à tout instant, et sans que personne'n’y voie rien, le même mouvement. , . ■

Est-il besoin d’insister pour vous faire comprendre qu ainsi, en choisissant l’appui de plus en plus haut, en écartant de plus en plus du meuble votre chaise ou vos pieds, en arquant de plus en plus votre tronc, vous augmentez vite et avec puissance votre traction passive sur 1 aisselle ?

Ppur vous faire comprendre aussi que vous cultivez la propulsion par tension des parties postérieures, si vous placez votre coude de plus en plus en avant de vous sur la tablette et èi vous tirez le tronc en dehors et en arrière ?

Quand vous .aurez ainsi gagné 45» environ, il est sur que ce sera en grande partie par bascule de l’omoplate, impossible a ' fixer (pas plus d'ailleurs que par les spécialistes avec leurs appareils). Mais cela vous suffit pour continuer. Assis contre votre table, coude ainsi appuyé et écarté, pliez le coude à angle aigu et, dans la paume de votre main en demi-pronation.

MÉCANOTHÉRAPIE A DOM IC [LE 6i

cappuyez votre tempe inclinée en avant et en dehors, à la mode d’un penseur; passant alors votre main saine par-dessus la tête, entrelacez les doigts avec, ceux de la main malade, et tirez un peu, beaucoup, passionnément ; viendra le jour où, pour accroître encore l’abduction puis l’élévatipn du bras, vous pourrez incliner la tête sur le côté sain, après avoir attiré jusque sur cette tempe la main malade. Et toujours la même chose : tendre jusqu'à la douleur, l’endre, recommencer ; et terminer ta séance par un petit coup brusque.

Vous avez laissé l’omoplate basculer au maximum et, à partir de ce moment, vous avez tiré sur l’épaule proprement dite.

La rotation interne est complète lorsque vous pouvez prendre la position « napoléonienne », avant-bras transversal derrière la région lombaire. Même si elle est nulle, elle vous permet, le membre pendant le long du corps en pronation, d’en aller chercher avec votre main saine le pouce, puis les autres doigts dans l’ordre, puis.le bord cubital de la main et de tirer. Quand l’assouplissement aura un degré suffisant pour que le dos'de la main appuie sur la fesse, saisissez au poignet et fléchissez le coude, toujours en tirant. Vous avez, pour agir, un bras de levier admirable.

Ces derniers mouvements vous donnent prise pour augmenter, selon les besoins, soit la flexion du coude, soit la prouation, mais il est bien plus facile, sans qu’il soit utile de décrire les procédés, d'augmenter la flexion du coude avec le poids du corps, en fermant la charnière, avant-bras appuyé, par exemple, sür le bras d’un fauteuil ; quant à l’extension, le poids du membre pendant (facile à accroître en portant un objet) la sollicite constamment. ' ^

PourassoupTirl’extension A.\x])oignel, vousappuyez la paume des doigts à plat sur le bord d’une table et, laissant se fléchir les métacarpo-phalangiennes, vous poussez avec l’avant-bras; ou bien, la paume à plat sur une table, vous portez le coude en avant comme si vous vouliez vous faire la classique fracture avec arrachement de l’extrémité inférieure du radius ; de même qiie vous assouplissez la flexion en appuyant le dos du métacarpe, à la façon des patineurs qui tombent jambes rebindaines.

Cela dit sur la manière d'utiliser les appuis passifs que nous avons autour de nous, dans notre chambre, je crois inutile de

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décrire tous les mouvements qu’avec le membre sain on peut imprimer au coude, au poignet, aux doigts manipulés à tout instant. Le principe est toujours le même ; arriver au point où le mouvement désiré devient douloureux et y rester quelques instants, pendant lesquels la douleur passe.

L’assouplissemeûtdu membre inférieur utilise l’appui passif sur le sol en dirigeant l’action de la pesanteur dans le sens que nous apprend l’étude élémentaire des mouvements de la marche normale (voy. p. 37).

La marche elle-même est ce qu’il y a de mieux pour achever d’assouplir tous les mouvements des trois grosses jointures dans les sens voulus et avec l’amplitude nécessaire. Mais encore faut-il qu’ils soient un peu amorcés en ce sens, permettant la position du soldat au port d’ârmes, au rnoins avec un peu de mollesse dans l’attitude.

J’ai dit, en parlant des héquillards, la manière de mettre le sujet debout de façon que dès le premier moment il pose la plante du pied à plat sur le sol. Mais cela n’est pas suffisant pour la marche correcte et sans fatigue; il faut que le pied, dans la marche normale, dépasse la flexion à angle droit.

Pour assouplfr la jointure en ce sens, il suffit la plupart du temps d’expliquer au sujet qu’il doit faire attention à marcher en détachant le talon-du sol et en fléchissant le genou, .puis en retombant sur te talon.

Si cela ne suffit pas, un excellent exercice pour augmenter la flexion du pied, à partir du moment où elle peut atteindre l’angle droit, consiste, étant debout, à faire porter le poids du corps sur le membre malade et à exécuter alternativement des mouvements de flexion et d’extension du genou : dans cette attitude, la flexion du genou oblige à celle de la tibio-tarsienne que le poids-du corps, tendant à fermer, le compas du cou-de-pied, met en tension sur ses ligaments et muscles postérieurs. Cela peut se répéter à l’infini, au cours de la journée, de même qu’on peut à tout instant appuyer le bout de la plante contre le bas d’un mur et pousser en flexion du pied ; de même' qu’on peut partout pédaler sur une machine à coudre, et que ce mouvement, où l’ascension de la péda:le nous force en flexion, peut être commencé avec un certain degré d’équinisme.

On peut pédaler aussi à bicyclette, pieds fixés dans des « rattrapes », ce qui assouplit le pied vers la flexion si l’on

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