‹ Troubles locomoteurs consécutifs aux plaies de guerreChapitre 30 sur 95 · ASSOUPLISSEMENT PAR LE TRA VAIL · texte numérisé non relu

ASSOUPLISSEMENT PAR LE TRA VAIL

monte selle basse, le genou et la hanche vers l’extension si l’on monte selle haute. Et l'exercice (fastidieux si la promenade est possible) de la « bicyclette en chambre » sans guidon est facile et peu coûteux à installer.

J’ai indiqué les principes généraux et les moyens élémentaires d’application. A chacun, avec son ingéniosité propre, à modifier ces moyens, pour les nécessités des cas particuliers, et cette mécanothérapie à domicile, dirigée avec intelligence, évitera aux blessés beaucoup d’ennuis.

Dans les centres spécialement outillés, ces mouvements réglés peuvent être à la fois dissociés et gradués à l’aide d'appareils spéciaux, à traction continue élastique ou à poids, qui ' permettent, par des séances prolongées, un travail méthodique, volontaire et actif, mais surveillé. Divers modèles de ces appareils ont été construits et publiés ; et il est facile de concevoir, par exemple, que l’on puisse mettre en tension et faire travailler dans un sens déterminé, plusieurs doigts ou un doigt seul. Mais cela n’est efficace que si, avec bonne volonté, leblesséparticipeau travail ; ce n’estdonc pas une action purement passive, exercée pendant des « séances » forcément brèves, entre lesquelles le blessé ne fa it rien. Heureux encore quand, dans l’intervalle, il ne reprend pas écharpe ou béquilles.

Sitôt l’assouplissement en partie obtenu, le meilleur des traitements est la reprise du travail, partielle d’abord, complète ensuite ; « c’est de la mécanothérapie à dix heures par jour », me disait un de mes blessés. Après avoir reconnu que sur bien des points on avait fait fausse route sous prétexte de « thérapeutique », on est tenu à peu près de tous côtés à admettre cette proposition d’abord considérée comme subversive, sans doute, puisqu’on interdisait de faire travailler lés blessés. Les ateliers de rééducation ont pour cela rendu de ' grands services ; le travail en ville a été facilité ; les centres de rééducation agricole ont permis de joindre aux cultivateurs de profession bien des journaliers sans métier spécialisé.

Pour la majorité des cas, cela est infiniment supérieur aux mouvements purement passifs dont j’ai à parler maintenant.

Les mouvements communiqués par un agent extérieur, main ou machine, doivent être réglés selon le même principe : c’est-à-dire arriver à la limite marquée par la douleur, s’y arrêter de façon à mettre en tension les ligaments rétractés,

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