‹ Troubles locomoteurs consécutifs aux plaies de guerreChapitre 31 sur 95 · MOBILISATION ACTIVE ET PASSIVE · texte numérisé non relu

MOBILISATION ACTIVE ET PASSIVE

en insistant sur lés mouvements les plus utiles et sur les ligaments qui semblent les plus durs.

, Aussi y action manuelle d’un homme habile et intelligent est-elle de beaucoup la meilleure ; surtout si avec cela on utilise, pour refaire les muscles, et le massage et la gymnastique d’opposition volontaire. Celle-ci, évideminent,^ gradue mieux qu’un élastique ou qu’un ressort h boudin le travail musculaire ; et seule elle fait reconnaître si le sujet met de la bonne volonté à ses exercices. A supposer réunies les deux qualités, plutôt rares, nécessaires au bon opérateur, elle a l’inconvénient d’être peu applicable aux centaines de blessés que nous avons à soigner : leur nombre rend impossible ce travail individuel.

C'est pour cela que l’on se sert de machines, dont les premiers modèles datent de loin. On en peut donner comme types les vieilles machines de Louvrier : les deux leviers d’une articulation sont saisis dans deux manchons réunis à charnière, et avec une poulie le sujet lui-même (ou son opérateur) réalisent la mise en tension, avec arrêts et reprises. On a appliqué à cela, avec succès, le principe de la traction élastique continue, avec des tubes de caoutchouc, avec des ressorts à boudin ou autres. Depuis la guerre, P. Robin a fait çonstruire une série d’appareils fort ingénieux, qu’il a tort, je crois, de considérer comme instruments de travail, mais qui peuvent rendre de réels services comme appareils de traitement.

Les appareils qui, de nos jours, font florès dans certains « instituts de mécanothérapie », m’ont toujours paru fort inférieurs aux précédents. Le segment supérieur du membre étant immobilisé, le segment inférieur est pris dans un manchon auquel un moteur électrique imprime un mouvement déterminé, simple ou complexe, sans arrêt ; on voitqu’ainsi n’est pas appliqué le principe de la mise en tension avec arrêt. -D’autre part, toute participation volontaire se trouve supprimée, et le sujet se laisse aller à l’impulsion de ce moulin à café, avec plus de mollesse encore que le mendiant qui moud un air sur son orgue de Barbarie. Insuffisants quand il faut rompre des adhérences, ces appareils sont inutiles lorsque les adhérences sont rompues et très inférieurs à la gymnastique bien réglée.

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