‹ Troubles locomoteurs consécutifs aux plaies de guerreChapitre 38 sur 95 · RÉTRACTION UES CICATRICES · texte numérisé non relu

RÉTRACTION UES CICATRICES

En chirurgie de guerre les brûlures, qui ne sont pas rares, seront traitées de même. Je n’ai pas vu, cependant, de ces cicatrices énormes, à exciser, comme chez les vitriolés ou comme chez les enfants qui mettent le feu à leurs vêtements ou prennent à pleine main une barre de fer chaude du four-

L’opération est en principe la même, mais bien plus difficfle et aléatoire, pour les cicatrices profondes, après suppuration de plaies de guerre étendues, surtout dans les régions que je viens d indiquer. Autour du bloc cicatriciel, qui s’est en partie substitué à eux, les corps musculaires sont sclérosés, rétractés; le bloc comprime souvent vaisseaux et nerfs, jusqu’auxquels il faut pousser la dissection libérante. La réunion immédiate manque de sécurité, en raison des germes infectieux qui pendant longtemps sommeillent dans des îlots du tissu 'cicatriciel.

D ailleurs, pas plus que pour les brûlures, il ne faut se hâter d opérer. En effet, au bout d’un temps variable, mais qui toujours se chiffre par mois, tout le monde sait que de lui-même le tissu inodiilaire s’assouplit peu à peu dans nombre de cas. On attendra donc, s’il n’3’ a pas de compression vasculo-nerveuse.

Si c’est surtout le cas au genou, par cicatrice poplitée

la masse rétractible imprime à l’articulation une déviation en attitude défavorable (flexion du genou ; bras accolé au tronc) on n’exécutera qu’avec grande prudence le redressement manuel, en plusieurs étapes, et seulement pour les cas légers.

Il faut en effet se méfier de la déchirure transversale de la cicatrice, avec rupture des vaisseaux englobés par elle.

On a cru que fod gagnerait du temps sur les délais normaux de l’assouplissement spontané îi l’aide de traitements physiques, massages, ionisation, radiothérapie, et surtout radiumthérapie. Il est impossible de porter unjugement précis, car avant la guerre nouspe voyions pour ainsi dire jamais ces blocs cicatriciels profonds. Mais d’après mon expérience, faible sur les cas de ce genre, et grande sur les brûlures, mon impression générale est que par tout cela on n’a pas grande action. Les blessés restent pendant des mois dans un centre de physiothérapie, et il me semble qu’on,attribue un peu trop au traitement ce qui appartient au temps. Beaucoup de ces

VARIÉTÉS DES LÉSIONS Ml'SCULAIRES

hommes seraient mieux chez eux à travailler, plutôt que de subir à intervalles éloignés une application de radium, avec oisiveté intermédiaire. Joignez-y que j’ai vu quelques ulcérations par brûlure et que, inférieur à la'lance d’.\chille, le radium ne guérit pas les maux"(}u’il a laits.

I 2. — Lésions et troubles musculaires

A. — Nomenclature. Conséquences générales

1» Nomenclature. — Les causes qui troublent le fonctionnement des muscles sont de deux ordres :

a. Ü&S, lésions'immédiales (section, destruction des corps charnus ou des tendons) ou consécutives (sclérose, rétraction, adhérences), en relation directe avec le trauma initial ;

h. Des lésions et troubles indirects, où le rôle premier appartient au S3"stème vasculaire ou au système nerveux. .Te signalerai seulement les troubles vasculaires; bien des hommes auxquels on a lié le tronc artériel principal, surtoutau membre inférieur, conservent dans ^les muscles de celui-ci une gêne, une facilité à la fatigue, qui les rend peu aptes à la marche. Quant au système nerveux, nous devons lui attribuer des atrophies et contractures probablement réflexes ; des contractures purement psychopathiques; des paralysies par section ou compression nerveuse.

2° Conséquences générales, — a. La destruction ou la paralysie d’un corps charnu, la section d’un tendon ont pour première conséquence la perte dû ou des mouvements articulaires commandés par le ou les muscles lésés.

b. La deuxième conséquence est la production de déviations, fort importantes pour le chirurgien, et dont le mécanisme est facile à comprendre.

Quand un muscle sclérosé se rétracte, il attire à lui le levier mobile sur lequel il s’insère : le type en est l’équinisme par rétraction du triceps sural. Le résultat est le même pour la contracture d’un muscle ou d’un groupe musculaire qui attire à lui ce levier comme dans la contraction normale, mais de façon permanente.

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Quand tous les muscles moteurs d’une jointure sont paralysés, cette jointure pend inerte en tous sens. Mais si quelquesuns seulement sont paralysés, les antagonistes, devenus prédominants puisqu’ils ont conservé leur force, attirent le levier osseux de leur côté.

c. Toutes ces lésions sont souvent associées aux ankylosés et raideurs articulaires étudiées dans la première partie de ce volume. \

B. — Lésions directes immédiates

{Sections; pertes de substances).

1» Il n"y a pas grand chose à ajouter, à propos des sections tendineuses, aux descriptions des traités classiques les plus élémentaires. Aux doigts et au poignet, lieu d’élection de ces lésions, rien d’aisé comme le diagnostic ; rien de net comme l’indication de la suture immédiate ou secondaire lorsqu’il y a plaie non suppurée et sans perte de substance. Mais en chirurgie de guerre, ces conditions sont rarement réalisées. Non seufement os et articulations ont subi la violence, mais la suppuration plus ommoins prolongée et les pertes de substance entravent notre action.

Les tendons extenseurs peuvent être tous coupés au dos du carpe et adhérents àce squelette, ce qui supprime l’extension active et de plus, par adhérence dorsale, gêne notablement la flexion. C’est une infirmité grave ; aussi convient-il de tenter presque toujours soit la suture directe si l’attitude en hyperextension suffit au rapprochement des deux bouts libérés, soit la ténoplastie ou la suture à distance, dont je ne décrirai pas la technique. Si l’on échoue, on n’a rien perdu, et l’on risque de gagner beaucoup.

La suture secondaire est rarement possible aux doigts, et je renvoie à ce que j’ai dit p. 41 sur les indications de l’amputation.

Je crois utile de dire qu’il n’est pas rare de voir des hommes, opérés d’arthrotomie du genou par inpision en U, guéris par première intention et dont le quadriceps^ n agit plus. On n’en doit pas conclure que le procédé est à proscrire : quelquefois il est indispensable pour l’exploration

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